Brampton, ON Assembly Plant | Photo: Stellantis
Alors que l’avenir de l’usine de montage de Stellantis à Brampton demeure incertain, le maire de la ville, Patrick Brown, a affirmé à Bloomberg que le constructeur chinois BYD l’avait approché il y a environ six mois pour discuter d’une reprise du site.
Bien que plusieurs aient suggéré que BYD acquière l’usine pour y assembler une partie de ses véhicules électriques destinés au marché canadien, l’entreprise semble plutôt intéressée par la fabrication d’autobus à Brampton.
En effet, l’engouement suscité par les véhicules de tourisme de BYD et les spéculations autour de l’arrivée imminente des VE chinois au Canada ont éclipsé les activités de sa division commerciale, qui produit pourtant d’importants volumes de camions et d’autobus.
D’ailleurs, BYD a déjà fabriqué des autobus au Canada, ayant mené un projet pilote d’assemblage de 10 autobus électriques dans des installations de Newmarket en 2019.
Même si ce projet n’a pas abouti, l’intérêt de BYD pour la production d’autobus au Canada semble persister, comme en témoignent les déclarations du maire de Brampton.
Produire en Ontario des autobus électriques destinés au marché canadien s’avère sans doute plus rentable que de fabriquer des véhicules de tourisme. Les véhicules commerciaux générant des marges bénéficiaires nettement plus élevées, le seuil de rentabilité nécessite des volumes de production beaucoup plus modestes.
C’est pourquoi la plupart des projets canadiens de fabrication de VE manquent de réalisme sans un accès garanti au marché américain — ce qui est loin d’être acquis aujourd’hui en raison des tarifs douaniers et des barrières commerciales imposés par l’administration Trump. Cela s’applique encore plus aux constructeurs chinois, formellement interdits de vente aux États-Unis, même lorsque leurs véhicules sont produits en Amérique du Nord.
BYD n’est manifestement pas la seule entreprise à manifester son intérêt pour l’usine fermée de Brampton : le maire affirme avoir également reçu des marques d’intérêt de la part de Leapmotor, partenaire chinois de Stellantis, ainsi que d’un constructeur italien dont l’identité n’a pas été divulguée.
Des entreprises du secteur de la défense, Roshel Inc. et Dominion Dynamics, se sont aussi montrées intéressées : la première envisageant l’usine de Brampton pour la production de blindés utilitaires légers, et la seconde visant la fabrication de drones.
Pour l’instant, Stellantis continue d’affirmer qu’elle examine des moyens de relancer la production à Brampton. Les activités y ont été suspendues en 2023 pour réoutiller le site en vue de l’assemblage de la prochaine génération du Jeep Compass — une production qui a finalement été transférée en Illinois après que l’administration américaine a commencé à imposer des droits de douane sur les véhicules fabriqués au Canada.
Tant que le libre-échange nord-américain ne sera pas rétabli, il est peu probable que Stellantis rouvre l’usine de Brampton, le marché canadien étant trop restreint pour absorber les volumes nécessaires à la rentabilité.
Malgré cela, la présidente d’Unifor, Lana Payne, a récemment indiqué que Stellantis envisageait de vendre les installations de Brampton si aucune affectation adéquate n’était trouvée. Un tel scénario entraînerait le licenciement de près de 2 200 employés, qui perçoivent 70 % de leur salaire depuis la mise à l’arrêt de l’usine il y a près de trois ans.
Source : Bloomberg
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