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Voyage dans le temps : les 60 ans de la Dodge Charger et de ses cousines

L’année 2026 revêt une importance particulière chez Dodge, alors que la marque célèbre les 60 ans de l’arrivée sur le marché d’un modèle mythique : la Charger. C’est en effet pour le millésime 1966 que Dodge a lancé un véhicule qui allait ébranler l’industrie. Dire qu’il s’en est passé des choses dans l’histoire de ce modèle est un euphémisme : son passé est plein de rebondissements, et son avenir nous en promet tout autant.

D’ailleurs, une tournée estivale est en cours pour célébrer l’événement. Elle traverse les États-Unis, du rassemblement Carlisle Chrysler Nationals en Pennsylvanie jusqu’au défilé du centenaire de la Route 66, organisé avec le musée Petersen de Los Angeles, en passant par les incontournables Roadkill Nights et Woodward Cruise dans la grande région de Detroit. Le grand patron de la marque, Matt McAlear, en a profité pour rappeler que le Charger demeure, depuis 1966, un symbole de design audacieux et de performances sans compromis.

C’est vrai, mais l’histoire du produit n’a pas toujours été aussi glorieuse. Voyons, à travers 12 modèles, les hauts et les bas de ce « classique ».

1 — Dodge Charger 1966

C’est avec une carrosserie de type fastback que la Charger fait ses débuts en 1966. Le coupé est rapide et racé. Sa mission : attirer une clientèle jeune vers les concessions de la marque. La gamme de moteurs allait du V8 de 318 pouces cubes (de série) jusqu’au légendaire moteur V8 Hemi 426, un bloc offrant 425 chevaux et 490 livres-pieds de couple. Ce dernier a immédiatement défini la Charger comme une voiture de performance pure.

Les bases étaient posées, mais on se rend vite compte chez Dodge que les ventes ne sont pas celles escomptées. Ainsi, cette première génération ne sera proposée que deux ans. Conséquemment, l’on en retrouve moins sur le marché des voitures de collection.

2 — Dodge Charger R/T 1968

En redessinant le modèle, on frappe dans le mille. Calandre agressive, phares escamotables, ligne de toit en aileron de mouette, feux ronds à l’arrière (1968 seulement), l’allure est spectaculaire et fait sensation. C’est cette Charger que les gens imaginent lorsqu’on fait référence au modèle.

Cependant, il faut reconnaître l’importance du grand et du petit écran pour comprendre la popularité de cette version au fil du temps. D’abord, en 1968, dans le film Bullitt, mettant en vedette Steve McQueen, c’est une Dodge Charger 1968 qui pourchasse la fameuse Ford Mustang verte conduite par l’acteur/cascadeur.

La scène est mythique.

Puis, la série télé The Dukes of Hazzard va canoniser le modèle auprès des amateurs, mais aussi en faire grimper la valeur. Le design de cette Charger continue d’influencer celui de la version moderne.

Le modèle 1969 est reconnaissable à sa grille avant divisée.

3 — Dodge Charger Daytona 1969

À l’époque, Dodge était très impliquée dans la série de courses NASCAR (National Association for Stock Car Auto Racing). En 1969, elle conçoit une version destinée à dominer les pistes ultra-rapides de Daytona et de Talladega. C’est là qu’apparaît la Charger Daytona, avec son nez plongeant, plus aérodynamique, et son immense aileron arrière, qui offrait davantage de stabilité à plus de 250 km/h. Au total, 503 exemplaires seront commercialisés afin de respecter les règles d’homologation de la série.

Cette voiture avait alors franchi la barre des 200 miles à l’heure sur piste, ce qui était considéré comme un exploit extraordinaire à l’époque pour ce type de véhicule. Plymouth produira la cousine Superbird pour 1970, et quelque 2000 exemplaires seront vendus au public. La NASCAR finira toutefois par neutraliser cet avantage en imposant de nouvelles restrictions aux voitures aérodynamiques, si bien que les Daytona et Superbird deviendront pratiquement inutilisables en compétition. Voilà pourquoi 1969 et 1970 sont les seules années de production de ces bolides… qui n’ont fait qu’alimenter le mythe.

4 — Dodge Charger R/T 1970

L’année 1970 sera la dernière de la deuxième génération du modèle. La recette demeure essentiellement la même, avec la version R/T, la disponibilité du moteur Hemi et ce style intemporel. Ce qui va rendre cette version de 1970 si iconique, c’est sa présence dans le premier film de la série The Fast and the Furious, sorti en 2001. C’est une Charger R/T 1970 fortement modifiée qui repose dans le garage du personnage principal, Dominic Toretto, et qui est détruite à la fin du film.

Ceux qui n’avaient pas connu la Charger des années 1960 ont découvert cette dernière grâce au film de 2001.

5 — Dodge Charger 1971-1974)

Pour son troisième tour de piste, la Dodge Charger change de style. Elle conserve une allure très musclée et empreinte de testostérone. Seulement, les restrictions imposées aux constructeurs en matière d’émissions polluantes vont affecter la puissance des bolides. La crise du pétrole de 1973 va ensuite faire mal à tous les modèles du genre, si bien qu’on va changer la formule lors du « renouvellement » de 1975.

6 — Dodge Charger SE 1975

Voici où l’histoire de la Dodge Charger devient moins glorieuse. Faute de budget pour redessiner son modèle, Chrysler a tout simplement repris la carrosserie de la Cordoba, sa nouvelle voiture de luxe, et y a collé un logo « Charger ». Il en a résulté un coupé pataud, endimanché, bardé de chrome, mais surtout, sans âme mécanique comparable à ce que les amateurs avaient connu.

Dodge Charger 1976, en version Sport.

Les ventes ont chuté de plus de 50 % par rapport aux bonnes années du modèle, un signal clair que la décision prise n’était pas la bonne.

7 — Dodge Charger 1981

Ce que Dodge ramène sur le marché avec le nom Charger en 1981 n’aide en rien à séduire les amateurs. En fait, la Charger change complètement de personnalité, alors qu’elle devient une petite familiale à hayon et à traction. Sacrilège. Sous le capot, un modeste moteur 4-cylindres : on est loin du V8 Hemi de 426 pouces cubes.

Pour comprendre le geste, il faut se rappeler qu’en 1979, le monde avait subi un second choc pétrolier. La mode était à la réduction des modèles et de leurs cylindrées.

Il y a quand même eu un sursis avec cette génération, soit lorsque Carroll Shelby a travaillé sur certaines versions pour leur ajouter une suspension plus sportive, ainsi qu’un turbocompresseur. Les versions Shelby Charger et Shelby Charger Turbo sont les plus recherchées de cette génération.

À la fin de la production du modèle, en 1987, on croyait bien que c’en était fait du nom « Charger » chez Dodge. L’esprit de la Charger originale semblait mort et enterré.

8 — Dodge Charger R/T 2006

En 2006, grand coup d’éclat, alors que Dodge introduit un modèle nommé Charger. On fait bien attention de ne pas parler d’une suite du modèle, car dans les faits, on vient proposer une berline, alors que la Charger d’origine ne l’a jamais été. Mais il y avait des raisons derrière tout cela.

En fait, la Charger n’est pas devenue une berline par hasard. Dès 1999, Dodge avait présenté un concept Charger R/T à quatre portes, preuve qu’on envisageait la renaissance du nom autrement que sous la forme d’un coupé. Le choix répondait à une réalité du marché : les coupés sportifs perdaient de leur popularité, alors qu’une berline pouvait offrir les performances recherchées tout en étant beaucoup plus pratique. De plus, Chrysler avait déjà la Challenger à deux portes dans ses plans (elle allait apparaître en 2008), ce qui rendait le choix d’une Charger à quatre portes d’autant plus logique.

9 — Dodge Charger SRT Hellcat 2015

Pour sa dixième année sur le marché après sa renaissance, Dodge offre une deuxième refonte de mi-parcours à son modèle, mais surtout, une nouvelle mécanique complètement déjantée est invitée sous le capot, soit le fameux moteur Hellcat de la compagnie. On parle d’un V8 Hemi de 6,2 litres suralimenté par compresseur, capable de délivrer une puissance incroyable de 707 chevaux et un couple de 650 livres-pieds. Votre humble serviteur a eu l’occasion de conduire cette voiture sur piste, le seul endroit où l’on peut vraiment exploiter la puissance.

Cette expérience avait été tout simplement phénoménale. Ce moteur semble inépuisable et sa poussée paraît interminable. Un classique instantané et une version qui a vraiment repris l’esprit des années 1960.

10 — Dodge Charger Daytona Scat Pack 2024

À la fin de 2023, Dodge met fin à la production des Charger et des Challenger. Ça semble vraiment être la fin de la domination des motorisations à essence chez Dodge, alors que l’électrification doit faire partie de la solution pour l’avenir. On revient à la charge avec la Charger Daytona, une voiture qui profite d’un nouveau design fortement inspiré de celui de la deuxième génération. Elle est même offerte en configuration de coupé au départ, mais des variantes à quatre portes sont prévues.

Les performances sont au rendez-vous, c’est indéniable, mais pas les amateurs.

11 — Dodge Charger Scat Pack SixPack 2026

Il était déjà prévu, lors du lancement de la version électrique, qu’il y aurait des variantes à essence. C’est cette année que l’on voit apparaître le modèle, qui est équipé d’un moteur 6-cylindres biturbo de 3,0 litres qui produit jusqu’à 550 chevaux avec la version Scat Pack, 420 avec la variante R/T. Des modèles à deux et à quatre portes sont au menu. Et dans le cadre des célébrations entourant les 60 ans du modèle, quantité de variantes sont annoncées, comme cette Super Bee que l’on vous décrit plus en détail en conclusion.

12 — Dodge Charger Super Bee 2027

La puissance brute est à l’honneur avec cette variante Super Bee qui hérite d’une version exclusive du moteur 6-cylindres en ligne biturbo de 3,0 litres, dont la puissance grimpe à 600 chevaux et le couple à 531 livres-pieds. Elle abat le 0 à 97 km/h en 3,6 secondes et le quart de mille en 11,8 secondes. Des freins Brembo à six pistons, des amortisseurs adaptatifs, des roues de 20 pouces et des pneus de 305 mm complètent la préparation.

Le mot de la fin

Vous l’avez vu, l’histoire de la Dodge Charger n’est pas un long fleuve tranquille. Cependant, entre son passé le plus lointain et son histoire la plus récente, une constante : la performance. Il y a bien sûr ces épisodes de 1975 et de 1981, mais avec le retour en force du modèle depuis 2006, il est plus facile de les oublier.

Daniel Rufiange

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