The introduction of the new Ford F-150, F-Series Super Duty and Expedition King Ranch® models celebrates an association with the iconic Texas ranch that spans 15 years. To mark the 15th anniversary of the relationship, a special photo shoot at the King Ranch was undertaken by Texas State Photographer Wyman Meinzer.
Voici l’histoire qui se cache derrière le nom « King Ranch ».
Pour tout comprendre, il faut remonter au milieu du XIXe siècle. C’est en 1852 que Richard King et son associé, Gideon Lewis, établissent un camp de bétail dans le sud du Texas. Ils acquièrent leurs premières terres en 1853, jetant les bases de ce qui deviendra un immense empire d’élevage. Aujourd’hui, le domaine s’étend sur quelque 825 000 acres. Sa marque de bétail, le fameux logo W stylisé, est enregistrée depuis 1869.
Le hic, c’est que l’histoire du ranch ne se résume pas à une simple réussite entrepreneuriale.
Richard King a bâti son domaine dans une région où des familles d’origine mexicaine possédaient déjà des terres. Des épisodes documentés témoignent de tensions entre les grands ranchs, les propriétaires mexicano-américains et les autorités locales. En 1902, par exemple, Ramón de la Cerda, un éleveur mexicano-américain dont la famille possédait un domaine voisin du King Ranch, a été tué par un Texas Ranger qui l’accusait de voler du bétail du ranch.
La période de la guerre de Sécession (1861-1865) est encore plus délicate. Richard King et ses associés ont obtenu des contrats auprès des États confédérés pour acheminer du coton du Sud vers le Mexique, afin de contourner le blocus imposé par l’Union (les États du Nord) et de le vendre à des acheteurs européens. En retour, le réseau permettait d’importer des munitions, des médicaments, des vêtements et d’autres fournitures pour les forces confédérées, tandis que le ranch leur fournissait lui-même du bétail et des chevaux. Ce commerce a contribué de façon importante à la fortune de King et de ses associés.
Soyons justes, le nom King Ranch n’est pas universellement perçu comme controversé. C’est le lien avec des États où l’esclavage était pratiqué et encouragé qui fait jaser aujourd’hui.
Le ranch demeure une institution au Texas et met d’ailleurs de l’avant l’héritage des Kineños, ces familles de travailleurs recrutées au Mexique par Richard King qui ont contribué au développement du domaine pendant des générations.
Et soyons clairs : rien n’indique que Ford ait choisi ce nom pour autre chose que ce qu’il évoquait : tradition, authenticité, robustesse et prestige. L’entreprise cherchait une association avec une image forte et bien établie, et le King Ranch correspondait parfaitement au positionnement recherché.
Est-ce qu’on aurait pu choisir une autre signature ?
C’est en 2000 que Ford et le King Ranch unissent leurs forces. L’idée est d’offrir une camionnette plus cossue, sans renier son caractère robuste ni son âme texane. Le F-150 King Ranch 2001, basé sur la nouvelle version à cabine d’équipe (SuperCrew), profite d’une sellerie en cuir haut de gamme et du fameux logo W stylisé du Ranch.
Ford présente alors l’association comme un mariage de valeurs et d’images liées à la robustesse, à la qualité et à l’authenticité.
Le nom rejoint ensuite les modèles Super Duty, puis, en 2005, le VUS Expedition. Aujourd’hui, King Ranch représente l’une des signatures les plus luxueuses de la gamme Ford.
Sur le plan commercial, le choix se défend aisément. Ford écoule une quantité phénoménale de camionnettes au Texas, où le King Ranch jouit d’une notoriété enviable. L’association est naturelle et permet également au ranch de faire connaître son nom à l’échelle nationale.
Ford aurait pu faire preuve d’un peu plus de prudence, d’autant plus que son passé comprend également une controverse liée à une association douteuse. Rappelons que le fondateur Henry Ford s’était servi de son journal, The Dearborn Independent, pour propager des théories antisémites, notamment à travers la série The International Jew, publiée à partir de 1920.
Il a finalement présenté des excuses publiques en 1927 et ordonné le retrait de la publication, même si celle-ci a continué de circuler.
Voilà qui rappelle que certaines appellations peuvent nous cacher des histoires insoupçonnées.
Avec le genre de passé que possèdent les États-Unis, disons que c’est facile de trouver des éléments controversés.
On le répète, nous n’accusons pas Ford dans cette histoire.
Il est seulement intéressant et important de connaître son histoire.
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