L’intérêt des acheteurs canadiens de véhicules électriques envers Tesla a chuté de 55 %, selon de nouvelles données publiées par J.D. Power. La marque se retrouve maintenant au huitième rang des préférences, après avoir occupé la deuxième position l’an dernier.
L’étude Canada Electric Vehicle Consideration en 2025, publiée le 29 mai, révèle que seulement 13 % des acheteurs potentiels de VÉ envisageraient l’achat d’un modèle Tesla, contre 29 % un an plus tôt. Il s’agit de la plus forte baisse annuelle enregistrée pour une seule marque depuis le lancement de l’étude, il y a quatre ans.
Le sondage, mené auprès de 3 979 Canadiens magasinant un véhicule neuf en mars et avril, ne demandait pas aux répondants d’expliquer leurs préférences. Toutefois, la chute d’intérêt survient dans un contexte de controverses entourant le PDG de Tesla, Elon Musk. Son appui public à l’ancien président américain Donald Trump et ses propos sur les réseaux sociaux — notamment un message supprimé affirmant que « le Canada n’est pas un vrai pays » — ont suscité des critiques et des manifestations dans plusieurs salles d’exposition Tesla au pays.
Tesla a également été exclue de plusieurs programmes gouvernementaux. Certaines provinces ainsi que le gouvernement fédéral ont suspendu ou retiré l’accès aux Incitatifs pour les véhicules zéro émission (iVZE). Parallèlement, Tesla a augmenté les prix des Model 3 et Model Y, ses deux modèles les plus vendus au Canada.
Au Québec, les immatriculations de véhicules Tesla ont chuté de 87 % au premier trimestre de 2025 par rapport à la même période en 2024. Les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) indiquent que seulement 524 Tesla ont été enregistrées entre janvier et mars, comparativement à près de 5 000 au trimestre précédent.
Alors que les ventes canadiennes globales de VÉ ont diminué de 45 % en mars 2025 sur une base annuelle, le déclin de Tesla a été encore plus prononcé. À l’opposé, les ventes totales de véhicules neufs au pays ont augmenté de 9,4 % pendant la même période.
L’étude de J.D. Power met aussi en lumière des enjeux plus vastes pour le secteur des VÉ au Canada. À l’échelle nationale, 28 % des répondants ont affirmé qu’ils envisageraient un véhicule électrique, soit une baisse d’un point par rapport à l’année précédente. Parmi ceux ouverts à l’idée, 42 % estiment que la suspension du programme fédéral iVZE nuit à leur décision d’achat.
Enfin, le scepticisme demeure élevé quant à la cible fédérale de ventes de véhicules 100 % zéro émission d’ici 2035 : trois répondants sur quatre ne croient pas que le Canada atteindra cet objectif.
En matière de préférence de marque, Hyundai arrive en tête avec 36 % des acheteurs de VÉ exprimant de l’intérêt. Kia, Toyota, Ford et Chevrolet complètent le top cinq.
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