• Plusieurs modèles Nissan et Infiniti sont assemblés au Mexique.

  • L’application des tarifs est désastreuse pour Nissan.


 

Le constructeur Nissan navigue vraiment à contre-courant dans un océan de mauvaises nouvelles. Le géant nippon, après plusieurs campagnes difficiles au chapitre des ses ventes mondiales et un redressement qui tarde à se matérialiser, doit désormais composer avec les tarifs douaniers de l’administration Trump.

Bien entendu, Nissan se retrouve dans le même bateau que les Toyota, Honda et Mazda de ce monde, mais la situation précaire de Nissan ne fait qu’empirer les choses pour le joueur qui, ironiquement, possède quelques sites de production aux États-Unis.

Nissan Kicks 2025 | Photo: Matt St-Pierre

D’ailleurs, l’importance du marché américain demeure capitale pour tous les joueurs nippons qui ont été responsables de 5,9 millions de véhicules exportés vers les États-Unis l’an dernier. De ce nombre, environ la moitié ont été exportés directement, les véhicules qui seraient les plus touchés par les tarifs douaniers.

Le Japon arrive au deuxième rang des nations les plus touchées en valeur financière, pour les véhicules importés en sol américain. En 2024, le pays au soleil levant a exporté l’équivalent de 39,7 milliards de dollars de véhicules aux États-Unis.

Selon un article paru sur Bloomberg, le coût des droits de douane équivaut à 336 % du bénéfice d’exploitation prévu. Avec des marges de profit réduites à néant, des capacités surdimensionnées et une dépendance à l’égard d’incitations agressives, Nissan est le constructeur automobile japonais le plus vulnérable au moment d’écrire ces lignes.

Toutefois, il n’y a pas que les véhicules assemblés au Japon qui sont la cible de ces tarifs douaniers. En effet, Nissan a une présence importante au Mexique, qui est le pays producteur de véhicules le plus durement touché par les mesures du président Trump. Au sud de la frontière partagée avec le Mexique, le constructeur assemble les berlines Sentra et Versa, ainsi que les deux versions du Kicks, tandis que le tandem QX50/QX55 est également un produit construit au Mexique. Tristement, les modèles Nissan assemblés au Mexique sont tous conçus pour les automobilistes qui n’ont pas le luxe d’acquérir un véhicule dispendieux comme l’Infiniti QX80 pour ne nommer que celui-là, et l’application de ces tarifs va pousser cette clientèle vers d’autres options plus abordables.

En réaction à ces décisions administratives des États-Unis, Nissan a décidé la semaine dernière de stopper temporairement l’assemblage des QX50/QX55 et de repartir la production du Rogue (assurée par l’usine américaine) qui avait lui aussi au préalable été contraint de voir sa production ralentir.

Comme pour tous les constructeurs inscrits en Amérique du Nord, Nissan devra surveiller de très près la géopolitique nord-américaine pour naviguer dans ces temps incertains.

Vincent Aubé

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