Technology

Sièges « zéro gravité » de Nissan : du sérieux ou de la frime ?

Les constructeurs ne font pas que nous proposer de nouveaux véhicules de façon périodique. Ces derniers cachent aussi de nouvelles technologies, et depuis quelques années, elles sont plus nombreuses que jamais, alors que nous traversons une ère plus… technologique que jamais.

  • Les sièges à zéro gravité sont aujourd’hui très répandus à travers la gamme

  • Ils sont conçus pour reproduire la posture neutre du corps humain, sans contraintes.

  • Des études réalisées par la NASA ont inspiré le travail de Nissan.

Évidemment, lorsqu’un fabricant nous présente une innovation, il nous la fait voir comme la huitième merveille du monde. C’est un peu normal, comme un parent nous fait toujours voir son enfant comme le nouveau Einstein.

Chez Nissan, une des avancées introduites au cours des dernières années a été les sièges dits « zéro gravité », des baquets révolutionnaires, pratiquement capables de vous revigorer après une longue balade. On exagère à peine.

En vérité, on nous a présenté la technologie comme révolutionnaire. Mais qu’en est-il vraiment ? Est-ce que les sièges « zéro gravité » de Nissan sont vraiment efficaces ? Font-ils la différence ? Est-ce un simple outil de marketing utilisé par la compagnie, ou est-ce que vraiment, on se trouve en présence de sièges vraiment extraordinaires ?

Tentons d’y voir plus clair.

Une idée simple

Les sièges « zéro gravité » de Nissan sont nés à partir d’une idée bien simple, soit de reproduire, en position assise, la posture neutre et sans contrainte du corps humain, celle que l’on peut observer en état d’apesanteur, ou du moins dans un environnement de microgravité.

À la NASA, oui, l’agence aérospatiale américaine, c’est ce qu’on appelle la Neutral Body Posture (NBP). Il est souvent mentionné que les sièges à zéro gravité sont inspirés des travaux de la NASA. En fait, c’est que Nissan a étudié ce qui a été fait à l’agence pour développer, en collaboration avec des laboratoires universitaires et ses propres équipes de conception, une assise de siège qui répartit les pressions sur le corps, améliore la circulation et réduit la fatigue lors de longs trajets.

Il y a donc une inspiration scientifique et bien réelle derrière la conception de ces sièges.

Sur le plan technique

Technologiquement parlant, les sièges à zéro gravité combinent plusieurs éléments. D’abord, un dossier dont le design a été calculé et pensé pour soutenir la colonne vertébrale dans une posture qui s’approche de la neutralité. Ensuite, les sièges ont droit à des rembourrages à densités multiples qui absorbent les points de pression. Enfin, l’architecture d’appui des sièges vient soutenir les cuisses et les lombaires sans exercer de pression sur les muscles.

Pour en arriver à des résultats concluants, Nissan a mis au point des simulateurs de positionnement et des modèles humains numérisés pour ajuster précisément la géométrie du siège et tester son efficacité, avant sa production.

Le résultat est concret : une assise qui procure moins de tension musculaire et qui favorise une meilleure circulation sanguine pendant la conduite.

Du concept à la réalité

Une fois son modèle bien établi et testé, on a fait passer la chose du concept à la réalité. La compagnie a soigneusement choisi les matériaux et éléments qu’elle souhaitait pour ces sièges, avec des mousses à double densité, des supports lombaires ajustables, des tissus appropriés, le tout pour rendre la solution viable en fonction d’une réalité économique incontournable : le volume de production. Pour rentabiliser le tout, il fallait étendre la technologie à plusieurs modèles, en adaptant la forme et le rembourrage aux différents gabarits humains et aux vocations des différents véhicules de la gamme (sportive, berline, VUS, etc.).

Les débuts des sièges

L’idée des sièges est née au début des années 2010. Il a fallu attendre quelques années avant de les voir apparaître dans un véhicule, d’abord l’Altima en 2013, puis à l’intérieur de plusieurs autres modèles par la suite, tant chez Nissan que chez Infiniti.

Aujourd’hui, ils sont très répandus à travers la gamme.

Concrètement

Maintenant, qu’en est-il de la promesse, soit d’offrir un confort optimal, mais surtout, de réduire la fatigue et le stress lors des plus longs voyages ?

Il est évident qu’il est difficile de tester un siège lorsqu’on prend le volant pour des laps de temps qui sont souvent inférieurs à 30 ou à 45 minutes. On peut bien ressentir un certain confort en raison d’un bon design, mais pour de vraies longues distances, ou de longs moments passés à bord, coincés dans la circulation, par exemple, est-ce que ces sièges offrent vraiment un avantage ?

Eh bien, je ne peux ici que parler en mon nom, car chaque corps est différent, avec ses petits bobos, son gabarit, ses particularités, etc. Cependant, en 2019, alors que nous prenions la route 66 avec Nissan, pour un périple de sept jours qui nous a fait passer de Chicago à Los Angeles, j’ai eu l’occasion de vérifier si ce qu’on promettait était crédible.

En ce qui me concerne, la réponse est oui, sans équivoque. Nous avons conduit trois modèles lors de ce voyage, soit la berline Altima, ainsi que les VUS Murano et Kicks. Avec les deux premiers véhicules, qui proposent des niveaux de confort plus probants que le Kicks, je n’étais pas inquiet. Avec le Kicks, qui nous a servi lors de trois journées complètes de route, soit quelque 2000 kilomètres, je craignais des maux de dos et une manifestation de mon nerf sciatique.

Or, à ma grande surprise, rien. Aucune douleur. Idem avec certains collègues questionnés, qui mentionnaient à quel point, après sept ou huit heures passées dans un véhicule, leur niveau de fatigue était moindre qu’anticipé. Ce n’est pas une chose à laquelle on pense en roulant. On ne roucoule pas dans les sièges en les vantant toutes les dix minutes. On réalise seulement, après de longs trajets, que la fatigue est moindre.

Conséquemment, c’est ce qui nous porte à croire et qui nous permet d’affirmer que les sièges à zéro gravité de Nissan, c’est du sérieux, et non de la frime.

 

 

Daniel Rufiange

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