Canadian Prime Minister Mark Carney | Photo: Liberal Party
L’annonce est le résultat et la conséquence d’une série de facteurs qui surviennent et touchent l’industrie automobile depuis 12 à 18 mois, y compris la question des tarifs douaniers de 25 % imposés par les États-Unis sur les véhicules fabriqués au Canada. Et c’est sans compter sur la plus récente menace du président américain concernant l’imposition de tarifs supplémentaires sur tous les biens canadiens en réponse au nouveau partenariat commercial signé entre le Canada et la Chine.
Examinons en détail l’essentiel de ce qui a été annoncé.
La mesure la plus attendue était certes celle concernant le retour des incitatifs à l’achat d’un véhicule électrique. Le nouveau programme va s’échelonner sur cinq ans et va proposer un rabais pouvant aller jusqu’à 5000 $ à l’achat d’un véhicule électrique en 2026. Pour les modèles hybrides rechargeables, le rabais sera de 2500 $.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le montant va diminuer chaque année jusqu’en 2030. Cette année-là, par exemple, le rabais sera de 2000 $ pour un modèle tout électrique, 1000 $ pour un véhicule hybride rechargeable.
Pour profiter de ces rabais, il y a cependant de nouvelles conditions. D’abord, la plus importante, c’est que les véhicules admissibles ne devront pas voir la valeur finale de leur transaction dépasser la barre des 50 000 $. Terminé, donc, la stratégie des constructeurs qui offraient par exemple un modèle à 49 999 $ avec un groupe d’options à 10 000 $. C’est la valeur finale de la transaction qui compte désormais, pas le prix affiché.
En revanche, une note intéressante pour les constructeurs qui assemblent leurs modèles électrifiés au Canada : le plafond de 50 000 $ ne s’appliquera pas. La mesure vise bien sûr à encourager les compagnies à investir au pays pour y assembler leurs produits.
Mark Carney a mentionné à plusieurs reprises lors de son allocution que l’avenir de l’automobile était électrique et que le Canada voulait se positionner pour être un chef de file, capable de construire ses propres modèles avec sa propre chaîne d’approvisionnement, pour les consommateurs d’ici.
Autres trucs. Seuls les véhicules fabriqués au Canada ou importés de pays avec lesquels le Canada a conclu un accord de libre-échange seront admissibles au programme. Pour les véhicules fabriqués aux États-Unis, ça complique la chose, car en raison des tarifs de rétorsion de 25 % du gouvernement canadien (en réponse aux tarifs de 25 % de Donald Trump), ça fait augmenter le prix des modèles.
La date d’entrée en vigueur du nouveau programme est le 16 février prochain.
L’autre grosse nouvelle concernant les annonces du gouvernement Carney concerne la fin de la norme qui exigeait que 60 % des nouveaux véhicules vendus au pays soient électriques d’ici 2030, puis 100 % d’ici 2035. Jugée trop contraignante par l’industrie et plusieurs provinces qui ont exercé de la pression sur les autorités, elle est remplacée par des normes d’émissions de GES (gaz à effet de serre) qui seront plus que doublées d’ici 2035.
De nouvelles normes sont en place. Pour 2035, le gouvernement vise un taux d’adoption de 75 % en ce qui concerne les véhicules électriques, un pourcentage qui va passer à 90 % d’ici 2040. Les constructeurs pourront utiliser diverses technologies pour réduire les émissions. On veut leur offrir plus de flexibilité. Au passage, on souhaite aussi laisser plus de choix aux consommateurs.
Le réseau de recharge de véhicules électriques n’a pas été oublié lors de ces annonces. Un montant de 1,5 milliard de dollars est alloué à la Banque de l’infrastructure du Canada. Mark Carney a déclaré que l’objectif était que, partout au Canada, il soit aussi facile de trouver un endroit pour recharger un véhicule électrique que de faire un plein d’essence.
Mais ce n’est pas tout. Quantité d’autres mesures ont été adoptées dans le cadre de cette nouvelle stratégie automobile nationale.
Par exemple, le gouvernement Carney annonce des investissements de trois milliards venant du Fonds de réponse stratégique. Cette somme sera consacrée à la fabrication automobile, incluant l’assemblage et la production de pièces. Un montant de 100 millions provenant de l’Initiative régionale de réponse tarifaire vient s’y ajouter. L’objectif est d’aider l’industrie à relever les défis liés à l’électrification et aux technologies connexes.
Des mesures fiscales ont également été annoncées pour attirer des investissements, notamment sous la forme d’une plus grande capacité de déduction des dépenses reliées aux coûts d’investissement.
Vous le constatez, les changements sont nombreux. Ils visent essentiellement à réaligner les objectifs du gouvernement pour les adapter aux réalités du marché et au contexte sociopolitique en vigueur.
Nous aurons l’occasion de revenir là-dessus au cours des prochaines semaines et des prochains mois, alors que de nouvelles règles du jeu entrent en vigueur concernant l’univers des véhicules électriques et l’industrie automobile canadienne.
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