2025 Renault 5 E-Tech Electric Techno Comfort Range (Photo par Alain Kuhn Von Kuhnenfeld)
La relation entre Renault, le Québec et le Canada a jeté les bases d’un attachement profond envers la première Renault 5. Lorsque le constructeur français inaugure l’usine de la Société de Montage Automobile (S.O.M.A.) à Saint-Bruno-de-Montarville en 1965, la province devient un pôle inattendu mais essentiel de la culture automobile française en Amérique du Nord. On y assemble notamment les R8, R12 et R16, profitant d’une main-d’œuvre locale et d’une clientèle québécoise sensible au charme des voitures européennes.
Au début des années 1970, la situation économique s’effrite : coûts en hausse, ventes timides et relations de travail tendues entraînent la fermeture de l’usine vers 1974. C’est alors que débarque la Renault 5, rebaptisée Le Car pour le marché nord-américain. Petite, frugale et résolument européenne, elle s’inscrit parfaitement dans l’identité automobile du Québec. Mais les nouvelles normes américaines plus sévères en matière d’émissions et de sécurité, ainsi que le rapprochement de Renault avec AMC en auront raison. Les ventes canadiennes prennent fin vers 1985, signant aussi le départ du constructeur.
Aujourd’hui, plusieurs décennies plus tard, Renault ravive cette icône pour l’ère électrique. Nous avons pris le volant, en Autriche, de la version qui séduirait les conducteurs d’ici : la Renault 5 E-Tech Electric Techno Comfort Range, vêtue de l’audacieuse teinte Pop Green avec toit Diamond Black, un duo de couleurs qui fait tourner les têtes et incarne parfaitement l’esprit ludique de cette renaissance.
Avec sa peinture Pop Green et son toit contrastant Diamond Black, notre voiture d’essai révèle exactement ce que Renault voulait accomplir : un véhicule électrique pratique, mais surtout joyeux. Les feux de jour carrés rappellent la frimousse de la R5 originale, et la silhouette droite évoque son style géométrique des années 1970.
Le plus beau clin d’œil est sans doute le chiffre “5” illuminé sur le capot, qui s’anime pendant la recharge. L’habitacle n’est pas en reste : coutures inspirées de la R5, formes empruntées à la R5 Turbo, et accessoires imprimés en 3D, dont le célèbre porte-baguette, ajoutent à l’humour français habituel.
La Fiat 500e joue aussi sur la nostalgie, mais la Renault 5 va plus loin, avec une profondeur historique plus authentique.
Plateforme, autonomie et recharge
Basée sur la plateforme AmpR Small (anciennement CMF-B EV), la version Techno Comfort Range que nous avons essayée utilise la batterie de 52 kWh jumelée au moteur de 150 ch (110 kW) — la configuration la plus complète.
Autonomie
Le modèle d’entrée est livré avec une batterie de 40 kWh, mais pas cette version.
Recharge
Performances
Ce n’est pas une sportive, le rôle revient à la future Alpine A290, mais elle a largement assez de vivacité pour s’attaquer aux routes sinueuses et aux trajets urbains.
À bord de cette Renault 5 Pop Green, l’habitacle est aussi expressif que la carrosserie. La finition Techno propose un mélange chaleureux de textures modernes et de couleurs vives. Les sièges avant offrent l’équilibre entre maintien et souplesse, parfaitement adaptés au quotidien.
La batterie logée sous le plancher crée une position légèrement plus élevée, mais cela améliore la visibilité et facilite l’accès. Le tableau de bord épuré et les piliers minces donnent une impression d’espace surprenante pour un véhicule aussi compact.
À l’arrière, toutefois, les limites physiques du format se font sentir. L’espace pour les jambes est convenable pour de courts trajets, mais l’espace pour les pieds sous les sièges avant est particulièrement restreint. Les enfants s’y installent sans problème, mais les adultes y verront un siège d’appoint.
Le coffre offre 326 litres, ce qui est plus utile qu’on ne l’attend d’une petite voiture électrique. Le seuil élevé demande un peu plus d’efforts pour soulever les objets lourds, mais une fois en place, le volume est pratique et bien exploité.
Le système OpenR Link, développé avec Google, constitue l’un des points forts de cette version. L’écran de 10,1 pouces est réactif, clair et intuitif, très proche d’un appareil mobile moderne. Google Maps avec planification intégrée des recharges se montre particulièrement efficace.
Renault a également eu la sagesse de conserver des boutons physiques pour la climatisation, un choix qui facilite grandement l’utilisation en conduite.
Mais malgré son sérieux, la Renault 5 n’échappe pas à quelques petits caprices. Notre voiture d’essai a parfois mis un moment avant de « se réveiller », exigeant la réinsertion de la carte. Dans une situation particulièrement gênante: stationné en double, feux de détresse allumés, la voiture a carrément refusé de se rallumer avant que je sorte, verrouille et déverrouille le véhicule. Dramatique ? Un peu. Déstabilisant ? Pas vraiment. Après tout, les anciennes Renault étaient adorées autant pour leur caractère que pour leur mécanique et maintenant, ces humeurs sont logicielles plutôt que mécaniques.
Le sélecteur de marche rétro « e-pop » peut parfois prendre un instant avant de passer de marche arrière à avant, et les commandes au volant demandent un temps d’adaptation. Rien d’insurmontable, cela fait partie du charme.
L’autonomie WLTP de 407 km impressionne, mais comme tous les petits VÉ, la réalité hivernale sera différente. Sur autoroute par temps froid, l’autonomie réelle descendra probablement dans les 200-250 km.
En ville, par contre, le rendement est beaucoup plus stable grâce à la récupération d’énergie et aux vitesses réduites. Pour les déplacements urbains à Montréal, Toronto ou surtout Vancouver, la Renault 5 conviendrait parfaitement.
La Renault 5 E-Tech ne se contente pas de ressusciter un nom mythique ; elle nous rappelle quelque chose que le marché nord-américain semble avoir oublié : l’importance des petites voitures abordables. L’Europe le sait depuis longtemps. Et après quelques jours sur les routes autrichiennes, il est clair qu’un VÉ compact, efficace et plein de personnalité comme celui-ci aurait sa place dans nos villes.
À l’heure où le prix moyen des véhicules électriques grimpe dangereusement, l’Amérique du Nord n’a pas besoin d’un autre VUS à 70 000 $. Elle a besoin de solutions accessibles, légères, et adaptées à la réalité urbaine. La Renault 5 offre exactement cela en Europe sans compromis majeurs et sans prix exorbitant. Le prix de base de la 5 avec la petite batterie est de 20 220€ (32 640$) alors que la version à l’essai avait une facture d’un peu plus de 35 000€ soit 56 500$ en fonction du taux de change au moment de la rédaction. Évidemment cela est à titre indicatif.
Ce qui rend la situation encore plus frustrante est que la plateforme de cette R5 servait aussi de base à ce qui aurait dû être la prochaine Nissan Micra électrique. Mais quelque part dans les failles stratégiques entre Nissan et Renault, l’Amérique du Nord a perdu l’un des rares petits véhicules réellement accessibles. Le marché prouve pourtant que la demande existe : du Le Car à la Micra, en passant par d’autres petites voitures disparues, le Québec et même le Canada ont toujours répondu à l’appel.
La Renault 5 n’est donc pas qu’un exercice nostalgique. Elle défend une philosophie : celle d’une mobilité simple, attachante, qui ne nécessite pas toujours plus de taille ou plus de puissance. Une vision où la ville, l’efficacité et le plaisir de conduire comptent davantage que les chiffres d’autonomie ou les dimensions.
Si Renault revenait au pays, la R5 trouverait immédiatement ses marques chez nous. En attendant, elle nous rappelle que l’Amérique du Nord mérite mieux qu’un marché saturé de gros VÉ dispendieux.
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