Le Québec a réduit son objectif à long terme en matière de ventes de véhicules électriques, remplaçant sa cible précédente d’atteindre 100 % de ventes de véhicules zéro émission d’ici 2035 par un nouvel objectif de 80 % de ventes de véhicules électriques et hybrides à cette même échéance.
Ce changement réglementaire a été annoncé par la ministre de l’Environnement, Pascale Déry, et constitue le plus récent ajustement à la stratégie d’électrification des transports de la province. Le Québec avait déjà laissé entrevoir un recul par rapport à son objectif initial lorsqu’il avait abaissé sa cible à 90 % l’an dernier, bien que cette révision n’ait jamais été officiellement adoptée.
Cet ajustement de la politique sur les véhicules électriques fait suite à une autre révision liée au climat par le gouvernement provincial. Le Québec a prolongé l’échéancier visant à atteindre son engagement de réduire ses émissions de 37,5 % sous les niveaux de 1990, repoussant l’année cible de 2030 à 2035.
Dans le cadre révisé, la vente de nouveaux véhicules à essence (ICE) se poursuivra au-delà de 2035. La politique initiale aurait effectivement interdit la vente de la plupart des nouveaux véhicules à moteur à combustion interne à compter de cette année-là.
Selon le gouvernement provincial, plusieurs facteurs ont contribué à cette décision. Pascale Déry a évoqué les perturbations persistantes des chaînes d’approvisionnement, les difficultés à obtenir les matériaux nécessaires à la production de véhicules ainsi que les pressions commerciales internationales qui touchent le secteur automobile. Le gouvernement affirme que la cible révisée tient également compte des conditions du marché et vise à soutenir les constructeurs qui exercent leurs activités au Québec et ailleurs au Canada.
Dans une déclaration accompagnant l’annonce, Mme Déry a décrit cette approche comme une reconnaissance des réalités régionales et des contraintes auxquelles fait face l’industrie. La province a expliqué que l’objectif révisé représente un équilibre entre les ambitions environnementales et les défis pratiques de mise en œuvre auxquels est confronté le secteur des transports. En bref, le gouvernement ne peut pas contraindre l’industrie et ses citoyens à faire ce qu’il exige.
Ce changement de politique survient également dans un contexte de débat sur les obligations de ventes de véhicules électriques au Canada. Plus tôt cette année, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a exhorté le Québec et la Colombie-Britannique à abandonner leurs exigences respectives en matière de ventes de véhicules électriques, soutenant que de telles mesures réduisent la compétitivité du marché automobile canadien.
À l’échelle fédérale, Ottawa a également modifié son approche en matière d’électrification des véhicules. Le gouvernement fédéral a récemment abandonné son obligation de ventes de véhicules électriques et l’a remplacée par des exigences plus strictes en matière d’émissions pour l’industrie automobile.
Source: CBC
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