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Le Canada se prépare à une éventualité tarifaire dans le secteur automobile alors que les négociations commerciales avec les États-Unis approchent

2026 Toyota RAV4 Production at TMMC | Photo: Toyota

Ottawa propose un allègement tarifaire fondé sur la production alors que l’incertitude plane sur les discussions commerciales avec les États-Unis.

  • Le Canada se prépare à des tarifs automobiles américains à long terme si les négociations commerciales échouent.

  • Ottawa prévoit lier directement l’allègement tarifaire aux véhicules assemblés au Canada.

  • La stratégie marque un virage plus large par rapport à une politique automobile alignée sur celle des États-Unis.


Le Canada revoit sa politique automobile afin de protéger la fabrication nationale si les négociations commerciales avec les États-Unis échouent à préserver le libre-échange tarifaire des véhicules, a déclaré le premier ministre Mark Carney le 5 février.

S’exprimant dans une usine de pièces automobiles au nord de Toronto, M. Carney a indiqué qu’Ottawa se prépare à la possibilité que l’examen à venir de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique aboutisse à des tarifs automobiles à long terme, malgré la préférence du Canada pour un régime sans tarifs.

Le gouvernement fédéral prévoit ajuster son programme de remise de droits de douane, en place depuis près d’un an, dans le cadre de sa stratégie automobile visant à stabiliser la production et l’investissement.

Pour rappel, les États-Unis ont imposé des tarifs de 25 % sur les véhicules construits au Canada en avril 2025, incitant le Canada à mettre en œuvre des mesures réciproques peu après. Les deux pays exemptent les pièces produites localement et appliquent les tarifs uniquement aux véhicules finis.

Le programme de remise du Canada permet aux cinq constructeurs automobiles qui assemblent des véhicules au pays d’éviter les tarifs sur les véhicules construits aux États-Unis qu’ils importent, à condition qu’ils maintiennent leurs niveaux de production et d’investissement au Canada.

Honda et Toyota, qui représentaient ensemble environ 75 % de la production automobile canadienne en 2025, ont maintenu leur production locale. Ford a poursuivi la modernisation de son usine d’assemblage d’Oakville, en Ontario. Entre-temps, GM et Stellantis ont réduit la production canadienne ou déplacé vers des usines américaines des modèles initialement prévus pour être assemblés au Canada, ce qui a amené Ottawa à réduire leurs allocations de remise et à chercher à récupérer des fonds fédéraux alloués à leurs projets.

Carney a indiqué qu’Ottawa consultera en vue de remplacer le système actuel par un modèle de crédits fondé sur la production. Selon la proposition, les constructeurs automobiles obtiendraient des crédits négociables pour chaque véhicule assemblé au Canada. Les entreprises qui ne disposeraient pas de suffisamment de crédits devraient les acheter à des concurrents ou payer des tarifs sur les véhicules construits aux États-Unis importés au Canada.

Cette approche permettrait aux constructeurs de réintroduire des modèles fabriqués aux États-Unis tout en liant directement l’allègement tarifaire à la production nationale. Des experts ont critiqué le programme actuel pour son incapacité à récompenser une production supérieure aux seuils minimaux.

« Si vous êtes Toyota et que vous fabriquez 500 000 voitures ici et que vous n’en importez que 300 000… Vous devriez obtenir ce crédit et pouvoir l’échanger », a déclaré Flavio Volpe, chef de la direction de l’Association des fabricants de pièces automobiles.

Le changement pourrait désavantager les constructeurs affichant de forts volumes de ventes, mais une production limitée au Canada. General Motors a vendu près de 300 000 véhicules au Canada en 2025, mais en a produit environ 125 000 au pays, selon l’Automotive News Research and Data Center de Detroit.

Carney a indiqué que le cadre révisé de remise constitue un élément d’une stratégie automobile plus vaste, qui comprend également l’abrogation du mandat fédéral sur les ventes de véhicules électriques exigeant que toutes les ventes de véhicules neufs soient électriques d’ici 2035.

Le gouvernement fédéral n’a pas précisé quand les consultations sur les changements au programme de remise prendront fin ni quand le programme révisé entrerait en vigueur.

Source: Automotive News

Mathieu St-Pierre

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