La confusion est compréhensible. Sur papier, les deux technologies permettent de rouler en mode électrique une bonne partie du temps, et un moteur à essence prend le relais pour les plus longs trajets.
Ce qui est différent, c’est la mécanique derrière, plus précisément la relation entre le moteur à essence et les moteurs électriques.
Avec un véhicule hybride rechargeable typique, le moteur à essence peut, à tout moment, entraîner directement les roues. Il travaille en collaboration avec le ou les moteurs électriques, selon les conditions de conduite et la configuration du modèle (deux ou quatre roues motrices).
Dans un véhicule de type EREV, le moteur thermique n’a pas de lien avec les roues. Son seul travail consiste principalement à faire tourner un générateur qui recharge la batterie. La propulsion, elle, reste toujours 100 % électrique, peu importe la distance parcourue.
Voilà pourquoi, dans l’appellation, on parle d’un véhicule électrique d’abord, et non d’un véhicule hybride.
Outre le fonctionnement différent, ce qui change concrètement, c’est l’autonomie.
Puisque le moteur à essence n’a qu’une seule tâche, soit produire de l’électricité, les ingénieurs peuvent installer une batterie beaucoup plus grosse que sur un modèle hybride rechargeable traditionnel, car le moteur à essence peut être beaucoup plus petit. Ainsi, on peut souvent retrouver une liberté 100 % électrique nettement plus généreuse, souvent entre 150 et 250 kilomètres, avant même que le générateur entre en fonction.
Et une fois combinée à l’essence, l’autonomie totale grimpe parfois au-delà de 800, voire de 1000 kilomètres.
Et puisque le moteur à essence a pour objectif de recharger la batterie, on peut retrouver des kilomètres électriques sur de longues distances, ce qui fait qu’on fait plus de kilomètres en mode électrique lors de très longs trajets.
Si le concept semble nouveau, il ne l’est pas. La Chevrolet Volt, lancée en 2010, a été l’une des pionnières de cette approche en Amérique du Nord. Son architecture Voltec faisait principalement appel à la propulsion électrique, tandis que son moteur à essence servait de prolongateur d’autonomie. Toutefois, contrairement aux EREV modernes, la Volt pouvait aussi transmettre une partie de la puissance du moteur thermique aux roues dans certaines conditions, notamment à haute vitesse.
En effet, la technologie revient en force. Ram a toujours l’intention de lancer son 1500 REV, une camionnette électrique à autonomie prolongée qui promet environ 240 bornes en mode purement électrique et près de 1100 kilomètres au total grâce à un moteur V6 qui servira de générateur.
Scout Motors, la marque relancée sous l’aile de Volkswagen, mise aussi sur cette approche pour ses futurs modèles Terra et Traveler. Jeep prépare une version EREV de son Grand Wagoneer. Hyundai, tout comme sa division Genesis, a confirmé l’arrivée de ses propres modèles à autonomie prolongée d’ici 2027.
Ceux qui ont possédé une Chevrolet Volt vous diront qu’un modèle EREV offre le meilleur des deux mondes : la conduite silencieuse et le couple instantané d’un véhicule électrique au quotidien, sans l’anxiété liée à l’autonomie sur un long trajet.
Comme avec un modèle hybride rechargeable, mais avec l’avantage d’une autonomie électrique plus importante.
Pour les gros véhicules, comme les camionnettes et les VUS pleine grandeur, qui ont besoin de place pour une grosse batterie, la formule a clairement de l’avenir.
Reste à savoir si c’est elle qui finira par s’imposer.
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