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La techno en 500 mots : les systèmes de surveillance de l’attention du conducteur

Parmi tous les systèmes de sécurité que l’on trouve à bord de nos véhicules, il y en a un qui reste très discret, mais qui intervient par moments pour nous indiquer que notre niveau d’attention n’est pas optimal. Souvent, on se demande bien pourquoi le système intervient, alors qu’on se trouve en pleine possession de ses capacités. Parfois, il détecte vraiment une fatigue ou une inattention. Toujours est-il qu’en 2021, le Congrès américain a demandé aux autorités réglementaires de mettre en place (Infrastructure Investment and Jobs Act), d’ici quelques années, des normes visant à intégrer des technologies capables de détecter l’inattention ou l’intoxication du conducteur.

  • La technologie est présente depuis environ 20 ans.

  • Les systèmes n’ont pas tous la même efficacité.

  • On souhaite qu’ils puissent un jour détecter facilement une personne intoxiquée.

Est-ce que les constructeurs sont prêts ? Ils semblent divisés là-dessus. Plusieurs experts estiment que la technologie n’est pas encore pleinement mature, notamment pour détecter des personnes en état d’intoxication. Nous verrons bien pour la suite, mais tout cela nous a donné envie de faire un retour en arrière pour comprendre comment ces systèmes, qui déterminent si nous sommes aptes à conduire, sont apparus et fonctionnent.

Des débuts très discrets

L’un des premiers systèmes modernes apparaît en 2006 chez Toyota, qui intègre pour la première fois un dispositif de surveillance du conducteur à l’intérieur de modèles Lexus vendus au Japon, dont la berline GS. L’idée était alors simple : détecter les signes de somnolence du conducteur afin d’éviter un accident.

La technologie a évolué rapidement. Aujourd’hui, des dizaines de véhicules en sont équipés, sans compter qu’avec certains, ça vient surveiller l’attention alors qu’un système de conduite semi-autonome est en fonction, comme chez Cadillac avec Super Cruise ou encore chez Ford avec BlueCruise, de même que sur plusieurs véhicules Mercedes-Benz, Subaru et Tesla.

L’Union européenne, de son côté, impose des systèmes de détection de somnolence et d’inattention sur les nouveaux véhicules.

Fonctionnement

Un système de surveillance de l’attention du conducteur, souvent désigné par l’acronyme DMS (Driver Monitoring System), repose essentiellement sur une caméra infrarouge orientée vers le visage du conducteur. Cette caméra peut souvent « voir », même la nuit, ou lorsque le conducteur porte des lunettes de soleil. Elle analyse en continu les mouvements des yeux, la position de la tête, le rythme des clignements et l’orientation du regard. Un logiciel analyse en continu certains paramètres comportementaux afin de détecter des signes d’inattention ou de fatigue : yeux qui se ferment, tête qui bascule, regard qui se déplace vers l’écran du cellulaire, etc.

Si le système perçoit un danger, il émet d’abord une alerte sonore ou haptique. Dans les versions les plus avancées, il peut aller jusqu’à déclencher des alertes répétées, à réduire certaines fonctions d’assistance ou même à amorcer un arrêt sécuritaire.

Forces et limites

L’utilité du DMS pour les conducteurs fatigués est indéniable. Un coup de somnolence sur l’autoroute peut être fatal, et un avertissement au bon moment peut sauver des vies. Les systèmes modernes sont également capables, dans certains cas, de détecter l’utilisation du téléphone au volant, ce qui constitue un atout pour la sécurité routière.

Là où ça se complique, c’est avec les fausses détections. Certains systèmes peuvent se tromper et pénaliser un conducteur simplement parce qu’il a regardé son rétroviseur un peu trop longtemps. Si ça se traduit par un simple avertissement sonore, il n’y a pas de conséquence autre que l’irritation pour la personne qui se trouve derrière le volant. En revanche, si ça limite la vitesse ou que ça intervient sur la conduite, alors là, ça peut poser problème.

Et c’est sans oublier les questions de confidentialité. Plusieurs se demandent qui stocke ces données biométriques. Qui y a accès ? Les assureurs, éventuellement ? Quels sont les impacts négatifs qui nous attendent en bout de piste ?

La surveillance, partout

Certains admettent qu’il y a quelque chose d’inconfortable à l’idée d’être surveillé par son propre véhicule. C’est une question de perception. Pour le conducteur épuisé qui rentre après un long quart de travail, le DMS est un filet de sécurité bienvenu. Pour celui ou celle qui effectue un long voyage et qui ressent de la fatigue après quelques heures passées au volant, cette surveillance peut lui sauver la vie ou celle d’autres automobilistes.

Il y a du bon, c’est évident, comme avec toute technologie.

Cependant, il faut admettre que si l’on a besoin d’une technologie pour empêcher les gens de regarder leur téléphone au volant, c’est qu’on a un problème tout autre, qui dépasse la simple distraction au volant. Pour le conducteur qui ne peut pas résister à son écran en conduisant, il est préoccupant de devoir compter sur ce genre de système.

Et est-ce que ce type de technologie n’encourage pas une forme de désengagement chez certains conducteurs ? La question mérite d’être posée.

Le mot de la fin

En somme, la technologie de surveillance de notre attention est là pour demeurer. On ne peut que souhaiter qu’elle devienne efficace au point de sauver de plus en plus de vies. Quant à nous, l’objectif devrait être simple ; conduire de façon à ce que la technologie n’intervienne jamais dans notre quotidien, sauf en cas d’extrême urgence.

Daniel Rufiange

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