Nous vous avons déjà présenté un dossier techno concernant les phares à DEL. Voici maintenant l’évolution de ces derniers.
Un phare Matrix DEL n’est pas simplement composé d’une rangée de diodes. C’est un système regroupant plusieurs dizaines de DEL indépendantes, organisées en segments ou en pixels, chacune pouvant être allumée, éteinte ou atténuée individuellement. Le résultat, c’est que le faisceau lumineux devient modulable en temps réel, sans pièces mobiles.
Une caméra frontale analyse en permanence la route devant le véhicule. Des algorithmes traitent l’image à une vitesse vertigineuse pour détecter les autres usagers de la route (automobiles, piétons, cyclistes) ainsi que les panneaux de signalisation et les courbes. Le module de commande ajuste alors chaque segment du phare en conséquence, en quelques millisecondes.
Par exemple, si un véhicule en sens inverse est détecté, le système désactive uniquement les DEL dirigées vers lui, évitant l’éblouissement, tandis que le reste du faisceau maintient une puissance maximale. Audi a popularisé cette technologie avec son système Matrix DEL introduit en 2013 sur l’A8, suivi de près par d’autres constructeurs, dont BMW, qui ont proposé leurs propres systèmes d’éclairage adaptatif à DEL. Porsche a adopté le tout sur les plus récentes versions de ses Cayenne et Macan, avec des phares HD comprenant jusqu’à 32 000 micro-DEL par unité avec certaines variantes.
Ces systèmes peuvent également projeter des faisceaux directionnels dans les virages, illuminer les accotements à la détection de piétons, ou même afficher des symboles au sol.
Les avantages sont nombreux. Sur le plan de la sécurité, l’élimination de l’éblouissement permet de rouler avec un éclairage maximal en quasi-permanence, ce qui a pour effet de grandement améliorer la visibilité de nuit. La gestion automatique des zones d’ombre réduit les angles morts lumineux. Sur le plan énergétique, les DEL consomment beaucoup moins qu’un phare au xénon ou un halogène traditionnel. Et leur durée de vie, souvent évaluée à plusieurs dizaines de milliers d’heures, élimine, en théorie, les remplacements pendant toute la durée de vie du véhicule.
Rien n’est jamais parfait. Si la technologie présente des avantages évidents, elle s’accompagne également d’inconvénients.
Par exemple, dans bien des cas, les modules électroniques et optiques forment un ensemble intégré, ce qui rend les réparations complexes et coûteuses. En cas de bris ou de défaillance, il est difficile de remplacer une simple ampoule : il faut souvent remplacer le phare entier. La facture peut facilement varier entre 2000 $ à 5000 $ l’unité.
Pour les véhicules de luxe comme ceux d’Audi ou de Porsche, la facture peut être encore plus élevée.
Le problème demeure. Au fur et à mesure que ces technologies se démocratisent et aboutissent sur des véhicules de milieu de gamme, est-ce que les coûts de remplacement iront aussi vers le bas ? Les consommateurs devront-ils s’habituer à des frais de réparation astronomiques pour ce qui était autrefois un simple bris de phare ?
Et c’est sans compter les coûts d’assurance, qui ne font qu’augmenter lorsqu’un véhicule est plus cher à réparer.
Le potentiel de la technologie Matrix DEL est fort, c’est certain.
La question, c’est de savoir si le portefeuille des propriétaires est capable de tenir le coup.
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