Porsche 911 Turbo S and Porsche 911 Turbo S Cabriolet | Photo: Porsche
Plus tôt cette semaine, le vote final sur l’interdiction du moteur à combustion interne à partir de 2035 devait avoir lieu, le 7 mars plus précisément. Cette annulation de dernière minute va forcer des négociations entre la Commission européenne, l’Allemagne et l’Italie, les deux nations qui sont derrière ce volte-face.
L’enjeu ici est de tenter d’inclure les carburants synthétiques dans l’accord prévu pour le continent européen. D’ailleurs, derrière les gouvernements allemands et italiens, on retrouve les prestigieuses divisions automobiles Porsche et Ferrari, toutes deux investies dans le projet des « e-carburants ».
Il faut mentionner que les deux nations fortement associées à l’automobile avaient déjà approuvé le projet d’interdiction des motorisations à combustion interne, mais il semble que le lobby des deux constructeurs de voitures sport a été suffisant pour ralentir l’adoption de la législation… et ultimement de relancer le débat.
Le veto des deux marques automobiles vient aussi secouer les investissements massifs d’une majorité de constructeurs qui a déjà versé beaucoup d’argent dans le développement et l’assemblage de véhicules purement électriques. En fait, même Porsche et Ferrari ont déjà investi des sommes importantes dans leurs flottes respectives de véhicules électrifiés. En revanche, Porsche travaille aussi sur le dossier des carburants synthétiques, le constructeur allemand qui est actionnaire minoritaire dans une usine de production de ces fameux carburants produit à partir de CO2 et de H2, l’établissement étant basé au Chili.
Selon un représentant de Porsche en entrevue avec le site Automotive News, le parc automobile devrait aussi faire partie des efforts de décarbonisation de l’industrie. En investissant dans la technologie des biocarburants, l’industrie pourrait accélérer les objectifs environnementaux du secteur des transports.
De son côté, la division Ferrari a indiqué que les carburants synthétiques lui permettraient de poursuivre le développement des motorisations thermiques à bord de ses voitures sport, qui font partie de l’héritage de la marque au cheval cabré.
Les probiocarburants affirment que leur solution est essentiellement de l’électricité renouvelable convertie en carburant liquide. Le processus combine le dioxyde de carbone avec de l’hydrogène qui a été séparé de l’eau dans un processus alimenté par de l’énergie renouvelable, de l’hydroélectricité par exemple. Cependant, même si le mécanisme enlève du dioxyde de carbone, il n’en demeure pas moins qu’à l’autre bout du spectre, lorsque le carburant synthétique brûle dans le moteur thermique, il y a une fois de plus un rejet de CO2 dans l’atmosphère.
Et ce n’est pas tout, car il y a aussi le coût relié à la production de carburants synthétiques. En effet, selon l’ICCT (pour International Council on Clean Transportation ou Conseil International pour les Transports Propres), le coût d’un litre de carburant synthétique tournerait aux alentours de 7 $ le litre d’essence, et ce, à une échelle commerciale. Toujours selon l’ICCT, une voiture alimentée avec un carburant synthétique serait plus énergivore qu’un véhicule électrique, tout simplement parce qu’elle nécessiterait plus d’électricité pour avancer.
Mais, il y a de l’espoir pour un autre moyen de transport selon Roland Dittmeyer, directeur de l’Institut d’ingénierie des microprocessus à l’Institut des Technologies de Karlsruhe en Allemagne. Le principal intéressé a déclaré en entrevue avec le site web theverge.com que les carburants synthétiques pourraient être une alternative pour un automobiliste qui n’aurait pas accès à un réseau de recharge relié à un réseau électrique fiable et propre.
Toujours selon lui, le secteur de l’aviation aurait intérêt à s’intéresser aux carburants synthétiques, car la technologie des batteries à bord des avions est trop lourde en ce moment pour songer à un virage possible vers l’énergie électrique.
À ce sujet, le championnat de Formule Un a déjà indiqué qu’il allait faire appel aux « e-carburants » à partir de la saison 2026, mais ce changement n’aura aucun impact majeur sur l’empreinte écologique de la série de sport motorisé la plus en vue du globe. En effet, 99 % des émissions rejetées par la F1 proviennent des transports de la série entre chaque course de la série, notamment de l’aviation et du transport routier.
Bref, le débat entourant les carburants synthétiques est loin d’être terminé en Europe, et même à l’échelle planétaire. La conclusion de cette saga pourrait bien influencer la direction que prendra l’industrie d’ici 2035.
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