Sans trop faire de vagues, l’Expedition s’est implanté. Incroyablement, il a grossi et est devenu plus puissant, tout en se dotant de technologies à la fine pointe. Tout cela sans jamais renier ses origines. Le parcours a été un succès et cette année, Ford fête le lancement de son modèle en introduisant une version 2027 célébrant son trentième anniversaire.
Profitons de l’occasion pour faire un retour en arrière et jeter un regard sur les cinq générations de ce gros VUS américain qui continue de servir une clientèle aussi unique que précise.
Le premier Expedition arrive pour l’année 1997 et vient changer les paradigmes chez Ford. Contrairement au Bronco à deux portes, conçu essentiellement comme un véhicule tout-terrain, l’Expedition propose quatre portes et vise davantage les familles. Il repose sur une architecture dérivée de la camionnette F-150 et reçoit de série un moteur V8 de 4,6 litres, tandis qu’un V8 de 5,4 litres est proposé en option.
À bord, on peut obtenir une troisième rangée et une deuxième rangée dotée de fauteuils de type capitaine. La version Eddie Bauer, avec son traitement bicolore, devient rapidement l’une des signatures du modèle et résume bien l’esprit des gros VUS américains de l’époque.
Une nouvelle ère vient d’être lancée chez Ford.
Pour 1999, l’Expedition gagne en puissance. Son V8 de 5,4 litres développe 260 chevaux. Mais c’est surtout l’équipement qui prend du galon. Son intérieur offre plus de confort, avec notamment la disponibilité de sièges en cuir, une flopée d’équipements électriques et son fameux traitement Eddie Bauer. L’Expedition devient un véhicule familial de prestige.
Et ce qui plaît aux acheteurs, c’est que, derrière ses apparences haut de gamme, ils trouvent un véhicule capable de remorquer de lourdes charges et de s’aventurer hors des sentiers battus. L’image du modèle se définissait et demeure la même aujourd’hui, soit celle du gros VUS familial capable d’offrir un grand confort et de grandes capacités.
Il faut bien sûr se rappeler que le litre d’essence se vendait autour de 75 sous le litre à cette époque, ce qui ne constituait pas un frein à l’achat de ce modèle. Les choses allaient changer avant la fin de la nouvelle décennie.
La deuxième génération, lancée pour 2003, a grandement fait progresser le modèle sur le plan du confort. Pour l’occasion, Ford abandonnait l’essieu arrière rigide au profit d’une suspension indépendante aux quatre roues. Le résultat : un comportement routier plus douillet et plus raffiné, sans sacrifier les capacités du gros VUS.
L’Expedition pouvait toujours accueillir jusqu’à neuf occupants, selon la configuration. Autre innovation, la version Eddie Bauer proposait une banquette de troisième rangée à rabattement électrique, une première pour le segment à travers l’industrie, selon Ford.
Le modèle proposait toujours ses V8 Triton. La mission de l’Expedition devenait de plus en plus claire, soit celle de répondre aux besoins des familles, plutôt que ceux des amateurs de conduite hors route.
En 2007, une nouvelle génération voit le jour et Ford profite de l’occasion pour grossir son VUS avec l’Expedition EL, une version qui jouit d’un empattement allongé de 12 pouces. Elle répond à une demande croissante pour plus d’espace, incroyablement.
Cette version, qui prendra plus tard le nom de Max, remplace en quelque sorte l’espace laissé vacant par l’énorme Excursion qui a figuré au menu de Ford au début des années 2000. Avec elle, la troisième rangée devient beaucoup plus conviviale et l’espace de chargement augmente considérablement. Le nouveau modèle offre une capacité de remorquage maximale de 9200 livres.
Le modèle va séduire les familles nombreuses, c’est clair, mais aussi les entreprises de limousines et de navettes.
L’année 2015 marque un tournant important pour les VUS pleine grandeur de la famille Ford. Après avoir utilisé exclusivement des V8 depuis ses débuts, l’Expedition abandonne cette approche au profit du V6 EcoBoost de 3,5 litres. Avec deux turbocompresseurs, ce moteur offre davantage de puissance et de couple tout en promettant une consommation plus faible.
Ford modernise également le style et bonifie l’équipement de son modèle. Le choix d’un V6 biturbo pour un véhicule aussi imposant est audacieux, d’autant que le principal rival, General Motors, utilise toujours des V8. Ford aurait pu voir sa clientèle disparaître, mais ça n’a pas été le cas. Après un léger recul en 2015, les ventes du modèle ont ensuite connu une belle croissance.
Pour 2018, une quatrième génération est présentée et Ford est pratiquement reparti à partir d’une feuille blanche. Le modèle adopte une carrosserie en aluminium inspirée de la stratégie utilisée avec le F-150. Cela permet de réduire le poids, malgré l’augmentation des dimensions.
Le V6 EcoBoost de 3,5 litres demeure au programme et une nouvelle boîte automatique à 10 rapports fait son apparition. Le modèle gagne aussi en technologie et en raffinement, notamment avec la version Platinum, encore plus luxueuse. Le modèle conserve sa structure sur cadre, ce qui lui permet toujours d’offrir de réelles capacités de remorquage. Avec la version Platinum, le moteur EcoBoost offre jusqu’à 400 chevaux et 480 livres-pieds de couple (375 et 470 pour les autres versions).
Avec cette nouvelle cuvée, pour certains acheteurs, il n’est plus nécessaire de regarder du côté du Lincoln Navigator pour trouver un produit de grand luxe. L’Expedition Platinum offre tout ce que l’on peut souhaiter.
Après avoir fait son apparition sur l’Expedition en 2005, le niveau de finition King Ranch revient dans la gamme pour 2020, deux ans après la refonte complète du modèle. Inspirée du célèbre ranch texan (voir notre article à ce sujet), cette version mise sur le cuir Del Rio, des boiseries singulières et une présentation beaucoup plus luxueuse.
Elle illustre bien l’évolution de l’Expedition, dont la famille est plus riche que jamais et surtout, dotée de modèles aux allures distinctives.
En 2022, Ford en remet avec une autre variante à vocation particulière, soit la Timberline. Cette version propose un style plus robuste et des capacités hors route accrues, histoire de rappeler que ce gros VUS n’est pas seulement à l’aise sur l’autoroute. La garde au sol, les pneus tout-terrain et les équipements spécifiques dont il dispose, dont un système de gestion du terrain, lui permettent de s’aventurer plus loin dans la nature.
La déclinaison Timberline témoigne surtout de l’évolution du marché, alors que les versions luxueuses sont presque devenues banales. On offre alors aux consommateurs quelque chose de différent, capable de jouer la carte de l’aventure. Ça devient et ça demeure la mode à travers l’industrie et Ford suit la parade.
En 2025, la cinquième génération de l’Expedition fait ses débuts. Le modèle conserve son châssis en échelle, son V6 EcoBoost et ses deux formats de carrosserie, mais son habitacle et ses technologies sont un autre grand pas en avant. Une nouvelle version, nommée Tremor, pousse encore plus loin la vocation hors route, avec des pneus tout-terrain et une garde au sol de 10,6 pouces. La capacité de remorquage maximale atteint 9600 livres. Ford ajoute également une vaste interface numérique et étend la disponibilité du système de conduite semi-autonome BlueCruise.
Malgré toutes ces nouveautés, le principe demeure celui du modèle de 1997 : être en mesure de transporter beaucoup de personnes, du matériel à la tonne, et de tracter à peu près n’importe quoi.
On le mentionnait en introduction, Ford célèbre l’arrivée de son gros VUS en lançant pour 2027 une édition anniversaire. Le groupe 30th Anniversary Appearance Package est offert sur la version Platinum et ajoute des accents visuels précis, notamment des logos commémoratifs, des roues de 22 pouces et une couleur exclusive, le Blue Ember Metallic. On note également la présence du logo d’anniversaire sur les roues.
Ford rappelle pour l’occasion qu’environ trois millions d’Expedition ont été vendus depuis le lancement du modèle.
Ce qui est peut-être le plus intéressant dans l’histoire du VUS, c’est qu’il ait survécu à la crise financière de 2008-2009, alors que les gros VUS n’avaient vraiment plus la cote.
Un modèle de résilience, mais aussi une preuve que ce type de véhicule répond à une demande réelle.
Il reste à trouver un moyen de l’électrifier afin de le rendre plus efficace.
Ça, c’est une autre histoire.
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