L'ex-PDG de Nissan, Carlos Ghosn
Peu de PDG du secteur automobile ont défrayé les manchettes plus souvent que Carlos Ghosn depuis 2019.
L’homme à la tête de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi est devenu un fugitif international recherché à la fin de 2019, lorsqu’il s’est caché dans une boîte pour s’envoler vers le Liban afin d’éviter son arrestation imminente au Japon pour des accusations de malversations financières.
Depuis, il a donné de multiples entrevues aux médias du monde entier dans lesquelles il clame son innocence, tout en accusant Nissan et le gouvernement japonais d’avoir orchestré sa déchéance.
Ghosn était cadre chez Renault depuis quelques années lorsque le constructeur français a racheté une part de 36,8 % de Nissan en 1999, et il est alors devenu directeur de l’exploitation du constructeur japonais.
Il a ensuite gravi les échelons des deux entreprises jusqu’à devenir le PDG de l’alliance Renault-Nissan en 2005.
Sa politique a contribué à sortir Nissan des difficultés financières dans lesquelles elle se trouvait au tournant du millénaire, mais la dynamique de pouvoir inversée, dans laquelle Renault a le contrôle de Nissan, alors que l’entreprise japonaise vaut environ deux fois plus que la française, ainsi que les tentatives de prise de pouvoir sur l’alliance menées par le gouvernement français ont conduit à une relation difficile entre Ghosn et les dirigeants japonais de Nissan.
Puis, fin 2018, des allégations de malversations financières, notamment d’avoir sous-déclaré son salaire et utilisé des actifs de l’entreprise pour son intérêt personnel, ont conduit à son arrestation au Japon.
Ghosn a alors profité de sa libération sous caution pour fuir le pays afin d’éviter son procès.
Dans une récente entrevue sur Fox, il a parlé de son nouveau livre, dans lequel il donne sa version des faits concernant les événements des dernières années.
Il en a profité pour dire que Nissan était revenue vingt ans en arrière et était redevenue une entreprise «ennuyante» et «médiocre», comme elle l’était avant qu’il n’en prenne la tête. Il est même allé jusqu’à dire que l’entreprise fera faillite dans quelques années, selon lui.
Ces remarques semblent assez hypocrites, puisque pratiquement tous les nouveaux produits lancés par Nissan au cours des deux dernières années ont été développés sous sa propre direction.
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