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Unifor menace Stellantis d’une grève si elle vend son usine de Brampton

Production de la Dodge Challenger 2023 à Brampton | Photo: Stellantis

Le dossier de l’usine Stellantis de Brampton, en Ontario, continue de faire jaser. Cette fois, c’est le syndicat Unifor qui s’en mêle, lui qui représente plus de 9000 employés de Stellantis au pays. En gros, il brandit la menace d’un débrayage alors que l’entente de travail actuelle arrive à échéance et que l’avenir du site demeure nébuleux.

  • La convention collective entre Unifor et Stellantis a pris fin le 20 septembre

  • Stellantis a signé une entente préliminaire pour vendre le site à une firme de défense

  • L’entreprise acheteuse promet la priorité d’embauche aux anciens employés de Stellantis

Une vente qui fait jaser

L’usine a cessé toute production de véhicules à la fin de 2023, après avoir assemblé les derniers exemplaires des Dodge Charger (ancienne génération) et Challenger, ainsi que de la Chrysler 300. Depuis, Stellantis cherchait une façon de justifier la relance du site, surtout depuis la décision de construire le nouveau Jeep Compass à Belvidere, en Illinois, plutôt qu’à Brampton, comme prévu initialement, en raison des tarifs douaniers imposés par Donald Trump.

Le grand patron de Stellantis Canada, Trevor Longley, a indiqué aux employés que toutes les options avaient été étudiées, sans qu’aucune ne permette d’assurer la viabilité de l’usine à long terme.

C’est dans ce contexte que Stellantis a discrètement conclu un protocole d’entente avec Roshel, un fabricant d’équipements militaires, en vue d’une possible vente du site.

Unifor hausse le ton

Ça ne passe pas auprès du Syndicat canadien Unifor. Lana Payne, la présidente, n’a pas tardé à réagir. Selon elle, les négociations sont dans une impasse et un arrêt de travail demeure une possibilité bien réelle. Elle a d’ailleurs interpellé la ministre fédérale de l’Industrie, Mélanie Joly, afin qu’elle intervienne pour bloquer la transaction.

De son côté, Stellantis affirme être disposée à reprendre les discussions avec le syndicat et souhaite que ce dernier rencontre les représentants de Roshel afin de comprendre leurs intentions.

Ce sont ces intentions qui inquiètent. Roshel promet la création de 2000 emplois, mais ne prévoit d’assembler que deux ou trois véhicules par jour sur le site, une fraction comparativement aux 500 à 1000 unités produites quotidiennement à l’époque où Stellantis y menait la barque.

Un tel scénario pourrait sérieusement fragiliser la chaîne d’approvisionnement locale.

Bref, un dossier qui implique beaucoup d’emplois, bien plus que ceux directement liés à l’usine.

Nous suivons ce dossier de près et vous tiendrons informés des développements.

Daniel Rufiange

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