Unifor President Lana Payne | Photo: Unifor
Unifor entreprend les négociations de 2026 avec les constructeurs de Detroit avec un message clair à l’intention de Ford Motor Co., General Motors et Stellantis : les concessions ne sont pas une option.
Le syndicat ouvrira les discussions avec Ford le 22 juin, avec pour objectif d’établir éventuellement une convention collective modèle qui servira de référence pour GM et Stellantis. Unifor représente environ 18 000 travailleurs des groupes automobiles de Detroit au Canada, dont près de 5 000 dans les installations de Ford.
La présidente nationale d’Unifor, Lana Payne, a indiqué aux membres que le syndicat vise à obtenir des gains, notamment du soutien pour les membres des manufacturiers de Detroit actuellement en mise à pied. Le programme de négociation comprend les salaires, la sécurité à la retraite et la protection du revenu.
Ford a été choisie comme entreprise de référence après avoir maintenu son empreinte manufacturière canadienne malgré les récentes perturbations commerciales. Le constructeur poursuit la production de moteurs à Windsor et dans le comté d’Essex, en Ontario, tout en achevant les travaux de réoutillage de l’usine d’assemblage d’Oakville.
Les négociations s’amorcent alors que le secteur automobile canadien fait face à d’importantes pressions. L’usine d’assemblage de Stellantis à Brampton demeure inactive malgré certaines attentes de relance, après que le constructeur a suspendu les travaux de réoutillage et transféré aux États-Unis un produit qui devait y être assemblé. GM a également réduit sa production à Oshawa et mis à l’arrêt l’usine CAMI d’Ingersoll après la fin de la production du BrightDrop en octobre 2025.
La convention collective modèle conclue par Unifor en 2023 a permis d’importants gains en matière de rémunération, notamment des augmentations salariales, des primes à la signature et un calendrier de progression salariale raccourci. La ronde de négociations de 2026 devrait être plus difficile puisque les tarifs douaniers et l’incertitude commerciale influencent les décisions d’investissement.
La situation rappelle la crise financière de 2008-2009, lorsque les ventes de véhicules en Amérique du Nord se sont effondrées, que des usines d’assemblage ont été mises à l’arrêt et que les gouvernements sont intervenus pour soutenir General Motors et FCA/Chrysler dans le cadre de leurs restructurations. La différence aujourd’hui est que les difficultés sont alimentées par les tarifs douaniers et les politiques commerciales plutôt que par un effondrement de la demande.
Les dirigeants locaux ont également rejeté les réductions de salaires, de pensions ou d’avantages sociaux comme solution au problème de compétitivité du Canada. Leur priorité est d’obtenir des engagements en matière de produits tout en protégeant les acquis contractuels des membres.
Unifor souhaite conclure les négociations avec Ford d’ici le 10 juillet avant de passer à GM et Stellantis. Les conventions collectives actuelles des constructeurs américains arrivent à échéance le 20 septembre 2026.
Source: Automotive News
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