Ford Canada a profité de la livraison du deuxième exemplaire de la Ford GT 2017 en sol canadien pour rassembler quelques scribes automobiles au circuit de Calabogie en Ontario, question d’admirer la supervoiture et de serrer la pince à l’heureux propriétaire qui venait d’en faire l’acquisition.

De plus, quelques tours de piste sur le siège passager de la voiture étaient au menu pour les participants. À mon arrivée au circuit, la GT 2017 de couleur bleu liquide n’avait que 20 kilomètres au compteur… quel honneur de pouvoir partager ces premiers (et précieux) kilomètres sur un circuit aussi technique que Calabogie!

Contexte

Il y a une douzaine d’années, j’ai eu l’opportunité de participer au processus d’achat d’une Ford GT 2006 gris tungstène sans bandes blanches, en plus d’avoir eu le privilège de conduire cette même voiture tout au long de la dernière décennie, sur la route comme sur la piste. Sans me proclamer expert dans le modèle (loin de là), mes nombreuses heures passées au volant du rarissime modèle ont rendu cet événement d’autant plus pertinent pour moi.

L’évolution

Non seulement la nouvelle mouture de la Ford GT est plus évoluée que sa prédécesseure sur les plans esthétiques comme techniques, le processus d’achat de la voiture l’est aussi. Richard l’Abbé, le sympathique personnage qui a fait l’acquisition de l’exemplaire-cobaye de la soirée, a étalé les étapes qu’il a dû franchir tout au long du processus.

Remplir un questionnaire, produire une vidéo personnelle, justifier pourquoi il méritait d’être propriétaire d’une GT 2017, le tout sujet à approbation du constructeur. S’en est suivi des démarches avec le « Concierge Ford » qui l’a accompagné pour choisir ses couleurs, options, équipements, etc. des voyages au siège social à Dearborn et dans les puits Ford au circuit de la Sartre pendant les 24 Heures du Mans faisaient partie des inclusions tout au long du processus.

En 2005, j’étais assis dans la salle d’attente d’un concessionnaire Ford qui avait des allocations parmi les quelques 200 allocations de GT canadiennes produites entre 2005 et 2006. J’ai enfoncé quelques pièces de monnaie dans une machine afin qu’elle me régurgite un café horrible dans une tasse de papier, pour ensuite m’asseoir avec le propriétaire de la concession (et le propriétaire en devenir de la voiture) dans le but de négocier l’achat de cette GT, un peu comme on négocie une minifourgonnette.

Couleur de la carrosserie, Jantes BBS, avec ou sans bandes… ça résumait pas mal les options. Quelques mois et environs 200 000$ plus tard, la voiture débarquait d’une remorque et le chauffeur nous remettait les clés, avant de quitter promptement pour sa prochaine livraison.

Les temps changent, n’est-ce pas?

Quelques tours de piste en tant que passager

Douze ans plus tard, cette GT 2006 en question se retrouve à l’événement Ford à Calabogie, aux côtés d’une sublime réplique de la GT40 1967 victorieuse des 24 Heures du Mans, et bien sûr, de l’invitée d’honneur de la soirée, la Ford GT 2017.

Le casque enfilé, j’écoute quelques observations du propriétaire concernant sa nouvelle acquisition. Modes de conduite, fonctionnalités de l’écran ACL (qui sert entre autres, de compte-tours), palettes de changement de vitesses, bref, tous des éléments absents dans « l’ancienne » qui m’a servi de monture pour me rendre jusqu’à la piste.

Le pilote lance la voiture sur le circuit, faisant du même coup rugir le moteur EcoBoost de 3,5 litres turbocompressé et relâchant ses 647 chevaux à travers le labyrinthe de courbes de Calabogie. Entrée de virage, point de corde, sortie et dénivellation prononcée, la voiture semble être littéralement attirée vers le sol dans toutes les conditions, grâce à sa suspension DSSV novatrice ajustable électroniquement et sa structure monocoque en fibre de carbone et aluminium. La rigidité règne.

Maniant agilement la boîte de vitesses à double embrayage et sept rapports, le pilote me laisse déduire, au second tour de piste, que plus il pousse la voiture, plus elle s’adapte et travaille de pair avec lui.

En résumé, même si son design s’écarte quelque peu de la GT40 des années 60 et de la GT des années 2000, cette nouvelle cuvée a été construite autour du pilote, ce qui a permis aux ingénieurs de pousser les limites techniques sur les plans de la structure et de l’aérodynamique.

Conclusion

Peu importe le modèle, toutes les voitures ont fortement évolué depuis l’année 2005. Mais lorsque ce n’est pas graduel, le choc est drastique. Comme dans le cas de la Ford GT 2006 que j’ai la permission de conduire occasionnellement, qui tente perpétuellement de me tuer avec ses 600 chevaux (acquis grâce à quelques modifications…) et l’absence de gadgets pour moduler toute cette cavalerie.

Mais avec un pilote expérimenté et précis à son volant, son caractère rustre peut fournir des sensations fortes que nulle autre voiture ne peut fournir…

Au final, la Ford GT a gagné en maturité, et elle est la preuve que les prouesses d’ingénierie complexes peuvent également provenir de constructeurs traditionnels.

 

Louis-Philippe Dubé

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