Dans un créneau aussi concurrentiel que celui des utilitaires compacts, dans lequel le choix ne manque certainement pas, il faut évidemment trouver des façons de se démarquer du groupe. C’est ce que le Mitsubishi Outlander 2026 tente de faire à plusieurs égards.
Cette quatrième génération du modèle a été lancée pour le millésime 2022 et, au fil des ans, le constructeur japonais lui a apporté des changements et des améliorations afin que son produit demeure dans le coup. Cette année, la motorisation de l’Outlander « régulier » a été changée, et la motorisation hybride rechargeable a reçu des améliorations.
Pas le choix, car un modèle prenant de l’âge peut rapidement tomber dans l’oubli dans un segment aussi congestionné. Outre l’Outlander, on y retrouve le Buick Envision, le Chevrolet Equinox, le Ford Bronco Sport, le GMC Terrain, le Honda CR-V, le Hyundai Tucson, le Jeep Cherokee, le Jeep Compass, le Kia Sportage, le Mazda CX-5, le Mitsubishi Eclipse Cross, le Nissan Rogue, le Subaru Forester, le Toyota RAV4 et le Volkswagen Tiguan. Sans oublier quelques modèles 100 % électriques, comme le Chevrolet Equinox EV, le Ford Mustang Mach-E, le Kia EV5 et le Tesla Model Y. Pas facile d’augmenter ou même de maintenir ses parts de marché dans un tel contexte.
Comme tous ceux-ci, le Mitsubishi Outlander cible des petites familles cherchant un véhicule polyvalent, sécuritaire et bien équipé, mais pas trop cher ni trop énergivore. Plusieurs déclinaisons sont offertes, dont ES, SE, LE, SEL, GT, GT Premium et Noir.
Le Mitsubishi Outlander 2026 est-il puissant?
Deux motorisations sont disponibles dans l’Outlander. La première est un nouveau quatre cylindres turbocompressé de 1,5 litre à hybridation légère, produisant 174 chevaux et un couple de 206 livres-pied. Il est muni d’un démarreur/générateur s’occupant de renflouer une petite batterie de 48 volts et d’apporter quelques étalons supplémentaires lors des accélérations (jusqu’à un régime moteur de 4 300 tr/min), de même qu’agir en tant que système arrêt/redémarrage automatique. Ce démarreur/générateur remplace carrément l’alternateur sous le capot. Le tout est géré par une boîte automatique à variation continue, pouvant simuler la sensation d’une boîte conventionnelle à huit rapports.
Le deuxième, c’est le système hybride rechargeable qui a permis à l’Outlander de se distinguer dans sa catégorie, du moins, jusqu’à ce que quelques concurrents en proposent eux aussi. Retravaillé cette année, il comprend un quatre cylindres de 2,4 litres, deux moteurs électriques, une nouvelle batterie passant de 20 à 22,7 kWh, et une boîte automatique directe (sans rapports). La puissance totale s’élève désormais à 297 chevaux, par rapport à 248 l’an dernier. Le couple maximal n’a pas encore été divulgué par le constructeur, mais, pour se donner une idée, il se chiffrait l’an dernier à 332 livres-pied.
En conduite 100 % électrique, l’autonomie estimée du Mitsubishi Outlander PHEV est de 72 km sur une pleine charge de la batterie, par rapport à 61 km sur le modèle 2025. Et comme avant, il est possible de brancher le véhicule sur une borne rapide DC à une vitesse maximale de 50 kW, bien que ce soit un connecteur de type CHAdeMO, qui sera un peu plus difficile à trouver sur le réseau public. Le chargeur intégré de niveau 2 permet une vitesse maximale de 3,7 kW.
Avec tout ça, le Mitsubishi Outlander 2026 est-il écoénergétique?
Voici les cotes de consommation de l’Outlander. Notons que l’essence régulière, à indice d’octane de 87, peut être utilisée pour les deux motorisations.
| Motorisation | Ville/route/mixte (L/100 km) | Mixte (Le/100 km) | Autonomie en conduite 100 % électrique (km) | Émissions de CO2 (g/km) |
| L4 turbo 1,5 L hybride léger | 9,4 / 7,8 / 8,7 | – | – | 204 |
| L4 2,4 L hybride rechargeable | 8,6 / 8,6 / 8,6 | 3,2 | 72 | 58 |
De 2022 à 2025, l’Outlander équipé d’un quatre cylindres atmosphérique de 2,5 litres fourni par Nissan, avec 181 chevaux et un couple de 189 livres-pied, affichait une cote mixte de 8,9 L/100 km. Le nouveau moteur à hybridation légère de Mitsubishi, ou plutôt une évolution du bloc de 1,5 L équipant l’Eclipse Cross, améliore marginalement l’économie de carburant. Dans le cas de l’hybride rechargeable, la cote mixte a chuté de 9,0 à 8,6 L/100 km, alors que sa cote en circulation urbaine est passée de 9,2 à 8,6 L/100 km.
Lors de notre essai estival de l’Outlander GT Premium hybride léger, avec un mélange de ville et d’autoroute, nous avons obtenu une moyenne de 8,5 L/100 km.
Quant à l’Outlander PHEV, il faut maximiser la conduite 100 % électrique, et se brancher chaque fois que l’on retourne à la maison, puisque les recharges sont moins rapides que celles de la concurrence, et la consommation est plus élevée que celles de ses rivaux rechargeables.
Comment le Mitsubishi Outlander 2026 se compare-t-il à la concurrence?
Regardons quelques chiffres entre l’Outlander, le CR-V, le Sportage et le RAV4.
| Caractéristiques | ![]() | ![]() | ![]() | ![]() |
|---|---|---|---|---|
| Mitsubishi Outlander 2026 | Honda CR-V 2026 | Kia Sportage 2026 | Toyota RAV4 2026 | |
| Prix tout frais inclus | 39 422 $ à 66 972 $ | 40 374 $ à 55 149 $ | 35 279 $ à 56 229 $ | 40 429 $ à 63 184 $ |
| Moteurs | L4 turbo 1,5 L hybride léger L4 2,4 L hybride rechargeable | L4 turbo 1,5 L L4 2,0 L hybride | L4 2,5 L L4 turbo 1,6 L hybride L4 turbo 1,6 L hybride rechargeable | L4 2,5 L hybride L4 2,5 L hybride rechargeable |
| Rouages | Intégral | Avant, intégral | Avant, intégral | Intégral |
| Puissance (ch) | 174 à 297 | 190 à 204 | 187 à 268 | 236 à 324 |
| Couple (lb-pi) | 206 à 332 (est.) | 179 à 247 | 178 à 271 | 163 (moteur à essence seulement) à 201 (moteur électrique seulement) |
| Consommation mixte (L/100 km) | 8,6 à 8,7 | 6,4 à 8,4 | 6,6 à 8,9 | 5,5 à 6,4 |
| Empattement (mm) | 2 706 | 2 700 à 2 701 | 2 755 | 2 690 |
| Longueur (mm) | 4 710 | 4 695 | 4 685 | 4 601 à 4 655 |
| Largeur (mm) | 1 897 | 1 865 | 1 865 | 1 853 |
| Hauteur (mm) | 1 740 à 1 748 | 1 680 à 1 690 | 1 678 | 1 688 |
| Dégagement pour la tête 1re / 2e / 3e rangée (mm) | 985 à 1 031 / 950 à 993 / 841 à 876 | 970 à 1 016 / 970 / - | 959 à 1 006 / 959 à 1 000 / - | 963 / 1 003 / - |
| Dégagement pour les jambes 1re / 2e / 3e rangée (mm) | 1 058 / 968 à 1 014 / 475 à 486 | 1 049 / 1 042 / - | 1 052 / 1 050 / - | 1 041 / 960 / - |
| Volume de chargement derrière 3e / 2e / 1re rangée (L) | 308 à 362 / 866 à 872 / 1 822 à 1 832 | - / 1 028 à 1 113 / 2 030 à 2 166 | - / 977 à 1 121 / 1 852 à 2 098 | - / 1 070 / 1 993 |
| Capacité de remorquage (kg) | 680 à 907 | 454 à 680 | 907 à 1 134 | 794 à 1 588 |
D’abord, le Mitsubishi Outlander est le seul multisegment compact offrant une troisième rangée de sièges à l’heure actuelle, du moins, au Canada. C’est un avantage à considérer, bien que les places dans ladite dernière rangée sont minuscules, y accéder est compliqué, et en sortir l’est encore plus. Disons qu’avoir un corps flexible, ça aide grandement. Au moins, ça dépanne quand on a un trajet à faire avec les enfants et qu’ils ont décidé d’inviter des amis sans prévenir.
L’Outlander est un gros compact, et l’espace de chargement figurerait parmi les plus généreux du segment si ce n’était pas de la présence de la troisième rangée. On se retrouve tout de même avec un volume maximal de 1 832 litres, au-dessus de la moyenne du groupe.
Chez les hybrides rechargeables, l’autonomie en conduite 100 % électrique du Mitsubishi n’est surpassée que par celle du Toyota RAV4 (79 à 89 km), alors que celles des Nissan Rogue PHEV (61 km), Kia Sportage PHEV (53 km) et Hyundai Tucson PHEV (51 km) sont moindres. En revanche, les Hyundai, Kia et Toyota consomment pas mal moins d’essence. Notons que le Rogue PHEV est un clone du Mitsubishi, mais équipé de l’ancienne motorisation de 248 chevaux, avec la batterie de 20 kWh. À 3,7 kW, le chargeur intégré de l’Outlander est moins performant que ceux des Hyundai et Kia (7,2 kW) et ceux du RAV4 (7 à 11 kW), alors les recharges sur une borne de niveau 2 seront plus longues.
Pour affronter l’hiver, le Mitsubishi propose un bon rouage intégral. Le système S-AWC favorise les roues avant en conduite normale, et achemine la puissance aux roues arrière en l’espace de millisecondes afin de maximiser l’adhérence. Le système peut aussi varier cette puissance entre les roues arrière. Ce rouage est plus élaboré que plusieurs autres dans le segment, mais s’avère un tantinet moins performant que le rouage à prise constante du Subaru Forester. À peine.
Comment se comporte le Mitsubishi Outlander 2026?
L’Outlander se range parmi les plus lourds du segment, et sur la route, ça paraît un peu. La suspension est réglée pour le confort au détriment de la conduite sportive, mais, de toute façon, avec la famille à bord, on ne cherchera pas à se défouler sur les routes sinueuses. Cette suspension est légèrement sautillante sur les chemins bosselés et craquelés, mais s’avère plus feutrée sur la grand-route.
Le moteur de base est suffisant pour les trajets quotidiens. Par contre, c’est le deuxième moins puissant de la catégorie, tout juste devant le Mitsubishi Eclipse Cross à 152 chevaux. Ce dernier est toutefois plus petit et plus léger. Disons que pour la conduite normale, c’est tout à fait convenable, mais on ne ressentira aucune montée d’adrénaline lors du pilotage de ce véhicule familial. On peut aussi remorquer une charge allant jusqu’à 907 kilogrammes ou 2 000 livres.
L’Outlander PHEV est beaucoup plus musclé et les accélérations sont évidemment plus intéressantes, mais encore une fois, le poids élevé gomme les performances, et cette motorisation n’est pas vraiment exhilarante de toute façon. Bref, pour l’agrément de conduite, on préfère le Mazda CX-5, le Volkswagen Tiguan, et le Toyota RAV4 PHEV. Ou un modèle 100 % électrique.
On aimerait aussi un système arrêt/redémarrage plus rapide d’exécution lors des redémarrages. Ce n’est qu’une seconde, mais des fois, cette attente peut sembler plus longue, surtout dans des intersections où d’autres automobilistes attendent qu’on avance. Le système peut être désactivé.
Pour l’expérience utilisateur, l’ensemble des commandes sur la planche de bord sont ergonomiques, la visibilité vers l’extérieur est appréciable et, outre la garniture noire reluisante sur la console centrale qui s’égratignera facilement, la finition est soignée. Le système multimédia est tout aussi convivial, et la chaîne audio Yamaha propose une belle sonorité, du moins la version Ultimate à 12 haut-parleurs réservée aux déclinaisons supérieures.
L’Outlander 2026 se détaille entre 39 422 $ à 66 972 $, comprenant les frais de transport et de préparation de 2 125 $, la taxe du climatiseur de 100 $ et les frais de concessionnaire de 799 $. Selon la version choisie, l’Outlander PHEV coûte entre 12 600 $ et 13 600 $ de plus que l’Outlander hybride léger. C’est un écart assez important.
L’équipement de série du Mitsubishi Outlander 2026, en déclinaison ES, comprend les jantes en alliage 18 pouces, le dégivrage des essuie-glaces de pare-brise, le garnissage des sièges en tissu, le volant gainé de cuir, les sièges avant chauffants, le climatiseur automatique à deux zones, l’affichage numérique de sept pour le conducteur, le système multimédia à écran tactile de 12,3 pouces, Apple CarPlay/Android Auto sans fil, la compatibilité de radio satellite SiriusXM (avec période d’essai de trois mois) et la chaîne audio Yamaha à huit haut-parleurs. L’aspect sécurité est assuré par le freinage autonome d’urgence, l’avertissement de sortie de voie, la surveillance des angles morts, le freinage autonome en marche arrière, le sonar de recul et les feux de route automatiques.
La version SE ajoute les antibrouillards, les rétroviseurs extérieurs à rabattage électrique, les longerons de toit, le hayon à commande électrique, la clé intelligente, le climatiseur à trois zones et le volant chauffant. La version LE propose aussi le régulateur de vitesse adaptatif, le siège du conducteur à huit réglages électriques, le garnissage des sièges en microsuède et en similicuir, le système de navigation, le système de caméras à vue périphérique, SiriusXM avec 360L et les services connectés par appli mobile.
L’Outlander SEL comprend tout l’équipement mentionné ci-haut, en plus de jantes en alliage de 20 pouces, des essuie-glaces à capteur de pluie, une instrumentation numérique de 12,3 pouces pour le conducteur, un garnissage des sièges en cuir, des sièges ventilés à l’avant, des sièges chauffants à la deuxième rangée, une fonction-mémoire de position pour le conducteur et un siège du passager avant à quatre réglages électriques.
Le GT ajoute le régulateur de vitesse adaptatif avec arrêt et décollage automatique, la prévention de sortie de voie, le sonar de stationnement avant et arrière, les pare-soleil aux portes arrière, la chaîne Yamaha Ultimate à douze haut-parleurs et l’affichage à tête haute. Au sommet de la gamme étoffée, la version GT Premium comprend les sièges en cuir semi-aniline et le rétroviseur intérieur à caméra arrière, alors que l’édition Noir, comme son nom l’indique, propose une apparence assombrie.
Est-ce que le Mitsubishi Outlander 2026 en vaut la peine?
L’Outlander marque de gros points. C’est un utilitaire solide, spacieux et confortable. De plus, c’est un véhicule généralement fiable, appuyé par la meilleure garantie au Canada, c’est-à-dire cinq ans ou 100 000 km pare-chocs à pare-chocs, et dix ans ou 160 000 km sur le groupe motopropulseur. Cela procure une certaine paix d’esprit.
Les versions munies du moteur hybride léger sont offertes à prix concurrentiel, et ne sont pas les plus écoénergétiques, mais il y a pire dans le segment. Selon nos trajets quotidiens, les variantes hybrides rechargeables proposent une autonomie si élevée que l’on pourrait passer des semaines sans devoir ajouter de l’essence.
En revanche, l’Outlander PHEV consomme plus que ses rivaux hybrides rechargeables, et autant que la version à hybridation légère, alors que les déclinaisons mieux équipées dépassent les 60 000 $. À ce prix, on peut aussi considérer les Mazda CX-70 et CX-90 hybrides rechargeables, de format intermédiaire.
Au final, l’Outlander hybride léger en vaut la peine pour ses qualités rationnelles, et l’Outlander PHEV en vaut la peine si l’on ne prévoit pas parcourir régulièrement de longues distances, sinon le coût supplémentaire de sa motorisation sera difficile à rentabiliser.




















