La part des véhicules fabriqués aux États-Unis et vendus au Canada a diminué au deuxième trimestre de 2025, alors que les tarifs douaniers imposés par Ottawa commencent à modifier le paysage des importations automobiles.
Selon DesRosiers Automotive Consultants, les véhicules assemblés aux États-Unis ont représenté 39 % des ventes de véhicules au Canada entre avril et juin, contre 41 % au premier trimestre. Cette baisse est attribuable aux tarifs de représailles qui ont perturbé la circulation transfrontalière des véhicules.
Le 9 avril, le gouvernement fédéral a instauré une surtaxe de 25 % sur les véhicules assemblés aux États-Unis, en réponse aux tarifs annoncés le 3 avril par le président américain Donald Trump visant les importations en provenance du Canada et d’autres pays.
Les constructeurs ont commencé à revoir leurs stratégies de production et d’approvisionnement. Mazda a interrompu l’expédition du CX-50 assemblé aux États-Unis vers le Canada, et Nissan a temporairement cessé les exportations des modèles Pathfinder, Murano et Frontier. Les négociations entre Ottawa et Washington se poursuivent, avec un objectif d’entente d’ici le 1er août. Sans résolution, d’autres marques pourraient suivre Mazda et Nissan en retirant des modèles assemblés aux États-Unis de leurs vitrines canadiennes.
« L’autre option serait d’augmenter les prix, mais évidemment, une hausse de 25 % n’est pas réaliste pour la majorité des segments et des modèles », affirme Andrew King, associé directeur chez DesRosiers.
Même si l’impact sur les ventes au deuxième trimestre a été atténué par les stocks déjà disponibles, King prévoit des baisses plus importantes dans les mois à venir, au fur et à mesure que les concessionnaires écouleront leurs inventaires pré-tarif.
Les constructeurs sans présence manufacturière au Canada, comme Hyundai, Kia, Mazda et Nissan, sont pleinement exposés aux tarifs. Leur part combinée des ventes canadiennes a chuté à 7 % au deuxième trimestre, comparativement à 9 % au premier.
À l’inverse, les constructeurs ayant une production locale bénéficient d’un programme de remise confidentiel mis en place par le gouvernement canadien. Celui-ci offrirait une forme de compensation tarifaire à Ford, General Motors, Honda, Stellantis et Toyota en échange de leur engagement envers la fabrication et l’investissement au pays.
Au-delà de cette volatilité à court terme, les données illustrent une tendance à long terme de désengagement envers les véhicules assemblés aux États-Unis. Selon Innovation, Sciences et Développement économique Canada, la part des véhicules américains dans la valeur totale des importations canadiennes de véhicules légers est passée de 66 % en 2004 à 60,8 % en 2014, puis à 48,9 % en 2024.
D’autres pays exportateurs ont comblé le vide. La part du Mexique a plus que doublé en deux décennies pour atteindre 16,7 % en 2024. La Corée du Sud est passée de 5,8 % en 2004 à 10,2 % en 2024. Les importations en provenance de Chine représentaient 2,9 % en 2024, alors qu’elles étaient presque nulles auparavant.
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