Dodge Charger : quinze versions à essence contre une électrique, mais attention aux chiffres
Dodge Charger Daytona 2026
En janvier dernier, nous vous parlions de l’année catastrophique vécue par Dodge et sa Charger Daytona électrique. Neuf mois plus tard, le portrait n’est pas plus reluisant pour le modèle, mais la donne a changé pour la famille Charger. La raison ? L’arrivée de la version à essence. Selon le bilan du troisième trimestre publié par Stellantis aux États-Unis, la Charger à essence a trouvé 3446 acheteurs aux États-Unis entre juillet et septembre, contre seulement 233 pour la variante électrique. Un ratio de près de 15 pour 1.
Les ventes de la Charger à essence ont été 15 fois supérieures à celles de la tout électrique
Celles de la Charger Daytona électrique ont chuté de 92 % pour la même période
Les versions à essence coûtent de 5000 $ US à 10 000 $ US de moins que l’électrique
Un choix évident des consommateurs, mais…
Constater que les versions à essence sont plus populaires que les versions électriques n’est pas une surprise pour ce modèle. Cependant, est-ce que le ratio de 15 pour 1 est réaliste et reflète la réalité ? C’est là qu’il faut nuancer.
Dodge mentionne une hausse de 1348 % des ventes de la Charger à essence d’une année sur l’autre. Là, elle joue avec les chiffres, car les 238 Charger à essence écoulées au troisième trimestre de 2025 étaient des exemplaires de l’ancienne génération, des modèles qui traînaient encore chez les concessionnaires. La nouvelle version à essence, en configuration Scat Pack d’abord, animée par un 6-cylindres en ligne biturbo de 3,0 litres, est entrée en production en décembre 2025, suivie de la variante R/T et des déclinaisons à quatre portes au début de 2026.
Cependant, les chiffres de vente de 2025 de la version électrique sont peut-être aussi gonflés, car avant la fin de septembre 2025, les gens s’étaient rués chez les concessionnaires pour profiter du rabais de 7500 $ US offert à l’époque. Il a été aboli après cette date. Dodge avait vendu 2776 versions du modèle au troisième trimestre de 2025. Elle en a écoulé 233 lors des trois mêmes mois en 2026.
Clairement, l’intérêt est moindre et la nouvelle version à essence a pris une place importante. Jusqu’à quel point ? Il faudra voir ce que le quatrième trimestre de l’année va nous réserver. Une tendance s’installe clairement, mais il faudra être patients avant de tirer des conclusions plus précises.
Malgré tout, c’est comme si les chiffres tentaient de nous dire quelque chose.
Depuis le début de l’année, la Charger à essence a été réclamée 8029 fois, contre 767 pour la Daytona électrique. Sur neuf mois, l’écart est d’environ 10 pour 1.
Deux facteurs majeurs
D’abord, la facture. Aux États-Unis, les moutures R/T et Scat Pack à essence s’affichent à partir de 49 995 $ US et 54 995 $ US, tandis que la Daytona Scat Pack électrique démarre à 59 995 $ US. L’écart fait réfléchir, même si les économies suivent avec l’élimination des arrêts à la pompe avec la version électrique.
Mais surtout, il y a la clientèle typique de ce modèle. Convaincre un amateur de muscle car de passer à l’électrique, c’est comme demander à un amateur de viande de devenir végétarien.
La Daytona électrique a beau être excellente, elle a tout un défi devant elle.
Au Canada, la fourchette de prix explique en partie pourquoi on ne voit pas de modèles sur les routes. L’offre commence autour de 60 000 $, et en ajoutant un peu d’équipement, il est facile de se concocter un modèle à plus de 70 000 $. Dodge offre déjà des rabais du constructeur sur son modèle.
Le défi est aussi entier de ce côté de la frontière.