Le litre d’essence ordinaire a de nouveau franchi la barre des 2 $ dans le Grand Montréal dimanche matin. Et sauf revirement d’Ottawa, la facture grimpera encore le 8 septembre, quand la taxe d’accise fédérale de 10 ¢ le litre, suspendue depuis le 20 avril, reviendra à son plein taux.
Plusieurs stations-service de la région métropolitaine affichaient 200,9 ¢ le litre dimanche dernier. Certaines stations de Laval, de Terrebonne et de Saint-Léonard demandaient jusqu’à 201,9 ¢, selon Le Devoir et La Presse.
Les écarts restent marqués d’un coin de rue à l’autre. La moyenne des 72 dernières heures à Montréal se situait à 197,7 ¢, et quelques stations de l’île offraient encore l’essence entre 182,9 et 185,9 ¢. Sur la Rive-Sud, il était possible de faire le plein sous les 190 ¢ à Brossard et à Longueuil.
Ce n’est pas une première en 2026. Le 2 avril, le litre avait dépassé 2 $ dans la métropole pour la première fois depuis 2022, dans la foulée du conflit au Moyen-Orient et de la fermeture du détroit d’Ormuz. Le seuil a été franchi de nouveau en mai dans plusieurs régions du Québec.
Depuis le 20 avril, Ottawa a ramené à 0 ¢ le litre sa taxe d’accise sur l’essence (normalement 10 ¢) et sur le diesel (normalement 4 ¢). Cette taxe est payée par le fabricant ou le grossiste à la livraison, puis intégrée au prix à la pompe.
La suspension prend fin le 7 septembre, jour de la fête du Travail, inclusivement. Selon le ministère des Finances, le plein taux s’applique dès le 8 septembre. Ottawa évalue l’allégement total à plus de 2,4 milliards $ pour 2026.
Voici ce qui frappe : même sans ces 10 ¢, le litre a franchi les 2 $ en mai, puis de nouveau cette fin de semaine. Le congé de taxe n’a pas suffi à contenir la hausse.
Si le calendrier est maintenu, le retour de la taxe ajoute 10 ¢ le litre pour l’essence et 4 ¢ pour le diesel, à prix du brut égal. Carol Montreuil, vice-président de l’Association canadienne des carburants, a indiqué à Radio-Canada que cette hausse de 10 ¢ se refléterait à la pompe dès le lendemain.
À titre indicatif, un litre affiché à 200,9 ¢ dimanche passerait à environ 210,9 ¢, et un plein de 50 litres coûterait 5 $ de plus. Ces montants sont un simple calcul à partir des chiffres publiés; le prix réel dépendra aussi du marché du brut la semaine prochaine.
La pression monte. Le Parti conservateur, la Fédération canadienne des contribuables et le gouvernement de Doug Ford réclament que la baisse devienne permanente, rapportait La Presse le 11 août. Un sondage Léger mené pour la FCC du 24 au 27 juillet indique que 63 % des Canadiens s’opposent à la fin du congé de taxe.
Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a laissé entendre au début d’août que la taxe reviendrait comme prévu, évoquant l’équilibre entre l’abordabilité et la responsabilité fiscale. Radio-Canada rapportait lundi que des experts, dont M. Montreuil et Sylvain Audette de HEC Montréal, s’attendent plutôt à une prolongation, compte tenu de la reprise des hostilités en Iran.
Au moment de publier, aucune prolongation n’a été annoncée. D’ici mardi prochain, comparer les prix d’une station à l’autre demeure le moyen le plus concret d’économiser quelques dollars sur le plein.
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