Usine Stellantis de Windsor | Photo: Stellantis
Environ 12 000 travailleurs canadiens du secteur des pièces d’automobile sont sans emploi à la suite de la décision de Stellantis d’interrompre la production dans ses usines d’assemblage de Windsor (Ontario), de Warren (Michigan) et du Mexique. Le constructeur a invoqué l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs américains sur les véhicules importés comme principale raison de ces arrêts.
L’Association des fabricants de pièces d’automobile (APMA) a confirmé que les fournisseurs canadiens des usines touchées ont temporairement mis à pied des milliers d’employés. « Personne ne travaille en ce moment s’il fournit Windsor ou Warren », a déclaré le PDG de l’APMA, Flavio Volpe. Il estime que de 10 000 à 12 000 travailleurs du secteur des pièces sont actuellement mis à pied.
Ce chiffre ne comprend pas les 4 500 employés de Stellantis à l’usine de Windsor qui ont entamé une mise à pied de deux semaines lundi.
Cette pause dans la production fait suite à l’entrée en vigueur jeudi dernier d’un tarif américain de 25 % sur les voitures et camionnettes importées. En réponse, des dirigeants politiques canadiens ont annoncé des mesures de représailles. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a promis 11 milliards de $ en soutien aux entreprises et travailleurs touchés par ces mesures commerciales. Le chef du Parti libéral, Mark Carney, a confirmé que le Canada imposera un tarif de 25 % sur les véhicules américains ne respectant pas les exigences de contenu nord-américain de 75 %.
Les actions des grands constructeurs et fournisseurs automobiles ont chuté après l’annonce. L’action de Stellantis a baissé de 5,6 % lundi. Ford, GM et Tesla ont également enregistré des pertes à la bourse de New York. Les entreprises canadiennes de pièces d’auto ont aussi été touchées : Magna a reculé de 2,8 %, Linamar de 2,6 % et Martinrea de près de 3 %.
Les analystes avertissent que la chaîne d’approvisionnement automobile nord-américaine, fortement intégrée, est en péril. Flavio Volpe et d’autres experts préviennent qu’un conflit commercial prolongé pourrait mener à des arrêts plus généralisés dans l’industrie. Un rapport récent de S&P Global Mobility indique que les tarifs risquent de rester en place et de faire grimper les prix des véhicules.
« Il n’y a pas de solution rapide », écrit l’analyste Stephanie Brinley de S&P. « Augmenter la production aux États-Unis, surtout en réponse à une situation économique artificielle, sera coûteux et risque de rendre le secteur manufacturier encore plus cher. » Brinley note également que les représailles commerciales ne feront que complexifier davantage le climat commercial.
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