L'essence ordinaire affichée à 204,9 ¢/litre, et le diesel à 239,9 ¢, à une station-service canadienne au printemps 2026 | Mark Van Dam/Dreamstime
La hausse de 10 ¢ le litre attendue le 8 septembre n’aura pas lieu. Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, a annoncé mercredi que la suspension de la taxe d’accise fédérale sur l’essence et le diesel est prolongée jusqu’au 31 janvier 2027, puis réduite de moitié jusqu’au 31 mars 2027.
Ottawa justifie la décision par les droits de douane américains et les conflits en Europe et au Moyen-Orient, qui font grimper les prix. L’annonce survient trois jours après que le litre d’essence a repassé le cap des 2 $ dans le Grand Montréal.
Le retour de la taxe se fera en trois temps :
Le communiqué emploie le conditionnel pour les taux de 2027, puisque les propositions législatives doivent encore être adoptées. La suspension initiale, en vigueur depuis le 20 avril, devait prendre fin le 7 septembre, fête du Travail.
La prolongation coûtera environ 2,9 milliards $ de plus au trésor fédéral, selon le ministère des Finances. Avec les 2,4 milliards $ de la mesure initiale, l’allègement total est estimé à 5,3 milliards $ pour l’exercice 2026-2027.
Ottawa affirme que le prix de l’essence a baissé de 11 ¢ le litre le jour même de l’entrée en vigueur de la suspension, le 20 avril. Ce chiffre provient du gouvernement, pas d’un organisme indépendant.
Voici ce qui a changé en un mois. Au début d’août, M. Champagne laissait entendre en entrevue à la radio saguenéenne CKAJ que la taxe reviendrait comme prévu en septembre, invoquant la responsabilité fiscale. Le Parti conservateur, la Fédération canadienne des contribuables et le gouvernement de Doug Ford réclamaient depuis une prolongation, et un sondage Léger publié en août indiquait que 63 % des Canadiens s’opposaient à la fin du congé de taxe.
Ottawa n’a toutefois pas accordé tout ce que demandaient les conservateurs. Ceux-ci voulaient une suspension permanente et le retrait de la TPS sur l’essence et le diesel. La mesure annoncée mercredi reste temporaire et prévoit un retour graduel de la taxe au printemps.
Le gouvernement rappelle aussi l’annulation de la tarification fédérale du carbone pour les consommateurs, le 1er avril 2025, qui aurait réduit le prix de l’essence de près de 18 ¢ le litre dans la plupart des provinces par rapport à 2024-2025. Le Québec, avec son propre marché du carbone, n’était pas visé par cette tarification fédérale.
Concrètement, le litre affiché à 200,9 ¢ dimanche dans plusieurs stations du Grand Montréal ne grimpera pas de 10 ¢ mardi prochain à cause de la taxe. Le prix demeure toutefois tributaire du marché du brut, qui reste sous tension depuis la fermeture du détroit d’Ormuz.
« Cette mesure apportera un allègement concret aux familles et aux entreprises et contribuera à rendre la vie au quotidien plus abordable », a déclaré M. Champagne.
Le ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, Tim Hodgson, a pour sa part affirmé que « les Canadiens ne devraient pas avoir à payer pour ce qu’ils n’ont pas causé, qu’il s’agisse des perturbations au Moyen-Orient ou d’une guerre commerciale injustifiée ».
Pour les automobilistes québécois, le prochain rendez-vous fiscal à surveiller est donc le 1er février 2027, quand 5 ¢ le litre s’ajouteront à la facture, puis le 1er avril 2027 pour les 5 ¢ restants.
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