Nouvelles sur les voitures Économiques et Écologiques

Raid d’immigration aux États-Unis dans une usine Hyundai-LG : coup dur pour les projets d’investissement sud-coréens

LG Energy Solution Michigan (USA) | Photo: LG

L’intervention des autorités américaines dans une usine de batteries en Géorgie suscite des tensions diplomatiques.

  • Près de 500 travailleurs détenus lors d’un raid dans l’usine Hyundai-LG en raison de violations de visa

  • LG Energy retarde l’ouverture de son usine; Hyundai suspend un projet de construction de 5,5 G$

  • La Corée du Sud presse les États-Unis de réévaluer leurs investissements face aux inquiétudes liées à l’immigration


Une opération de contrôle de l’immigration, la plus importante jamais menée dans l’histoire des États-Unis, a perturbé plusieurs chantiers de construction dans le domaine de l’énergie propre et déclenché une crise politique et diplomatique entre Washington et Séoul.

Le 4 septembre, une descente menée par les services de l’immigration américains (ICE) a mené à la détention et à l’entrave de près de 500 travailleurs, pour la plupart des ressortissants sud-coréens. Ces derniers travaillaient sous visa B-1 pour affaires ou via le programme d’exemption de visa ESTA, qui ne permettent pourtant pas de travailler légalement aux États-Unis. L’ICE affirme que l’intervention faisait suite à une enquête de plusieurs mois sur « l’usage frauduleux de visas de visiteur ».

L’établissement visé est exploité par HL-GA Battery Company, une coentreprise entre Hyundai Motor Group et LG Energy Solution. Il s’agit d’un pilier du projet de méga-usine de 5,5 milliards de $ de Hyundai à Ellabell, en Géorgie. Les travaux de construction y sont désormais suspendus, et LG Energy a annoncé que l’ouverture serait repoussée à la première moitié de 2026.

Face à cette situation, plusieurs élus sud-coréens demandent que les investissements en cours aux États-Unis soient mis sur pause tant que la sécurité des travailleurs étrangers n’est pas assurée. Le président Lee Jae Myung, lors d’une réunion du cabinet, a déclaré : « J’espère qu’il n’y aura plus jamais d’atteintes injustes aux droits de nos citoyens et entreprises œuvrant au développement conjoint de la Corée du Sud et des États-Unis. »

En réaction au raid, LG Energy a ordonné à tous ses employés voyageant sous le programme ESTA de retourner en Corée du Sud et conseillé aux titulaires de visa B-1 de demeurer dans leurs logements. Des directives internes, obtenues par des sources proches du dossier, révèlent une vive inquiétude quant aux risques juridiques pour les techniciens étrangers.

Les effets de cette intervention s’étendent à d’autres sites LG Energy et Hyundai en construction en Arizona, au Michigan et ailleurs en Géorgie. Toutefois, SK On, un autre fabricant sud-coréen de batteries, a nié les rumeurs voulant que ses chantiers en Géorgie aient été interrompus.

Honda, qui construit une usine en Ohio avec LG Energy, a de son côté affirmé que ses activités n’avaient subi aucun retard et qu’elle respecte toutes les lois américaines en matière d’autorisation de travail.

Le fond du problème : les entreprises étrangères comme LG Energy dépendent d’ingénieurs sud-coréens hautement qualifiés pour mettre sur pied des installations complexes de fabrication de batteries aux États-Unis, une tâche difficilement réalisable par la main-d’œuvre locale. Une source bien au fait des opérations explique qu’il est irréaliste de remplacer ces spécialistes par des travailleurs américains, car leur expertise spécifique est cruciale à la mise en service et à l’intégration des systèmes. Une fois ces systèmes en place, les employés américains peuvent en prendre la relève, après avoir reçu la formation adéquate. Mais au départ, tout repose sur de la main-d’œuvre étrangère hautement spécialisée.

Cette répression de l’immigration a pour effet de décourager les travailleurs coréens qualifiés à voyager, même sous la pression de leur employeur, de peur de se retrouver en infraction à cause des visas de courte durée. Or, avec 22 projets liés aux batteries en cours par des entreprises coréennes, des dirigeants du secteur craignent que les restrictions de visa et les actions coercitives ne viennent sérieusement compromettre les échéanciers.

Ce durcissement coïncide par ailleurs avec un blocage dans les négociations commerciales entre Washington et Séoul. En juillet, les deux gouvernements ont pourtant annoncé un engagement d’investissement sud-coréen de 350 milliards de $ pour soutenir les énergies propres et la construction navale aux États-Unis, dont 150 milliards en investissements privés directs.

Selon les analystes, même si ce raid ne devrait pas remettre en cause les investissements coréens à long terme, il met en lumière les tensions entre les politiques visant à attirer les fabricants étrangers et les lois strictes sur l’immigration.

En résumé : le marché américain reste d’une importance stratégique pour les entreprises sud-coréennes et japonaises. Mais des incidents comme celui-ci compliquent sérieusement les opérations, tout en incitant les entreprises à renforcer leur conformité aux lois du travail américaines.

 

Mathieu St-Pierre

Articles récents

L’INEOS Grenadier débarque au Québec

Le VUS INEOS Grenadier est arrivé au pays il y a un peu plus de…

12 heures

L’essence pourrait-elle atteindre 2,50 $ le litre au Québec? Exxon sonne l’alarme

Selon un dirigeant d'Exxon, les stocks de brut devraient atteindre leur niveau le plus bas…

1 jour

GM Utilise Son Nouveau Campus de Design pour présenter des concepts HUMMER

Le studio californien se concentrera sur le travail conceptuel avancé, incluant le design de véhicules…

2 jours

Essai à long terme Kia EV9 2025 – mise à jour : Big Bluey à 25 000 km

Dix-huit mois plus tard, l’autobus familial électrique Kia EV9 Ocean Blue a gagné du respect,…

2 jours

Hyundai Palisade XRT Pro 2026 : 5 questions et réponses

Le Hyundai Palisade a eu droit à une refonte complète pour l’année modèle 2026 qui…

2 jours