2026 Cadillac Vistiq | Photo: Daniel Rufiange
Le gouvernement canadien maintient son mandat sur les ventes de véhicules zéro émission (VZE), malgré le recul de la demande pour les véhicules électriques et les avertissements du secteur automobile qui affirme que les cibles fixées ne sont pas atteignables dans les conditions actuelles.
La ministre de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique, Mélanie Joly, a confirmé la position d’Ottawa le 10 juin. Elle a déclaré que le mandat est essentiel pour atteindre les objectifs climatiques à long terme. « Il est important de continuer à collaborer avec le secteur et, soyons francs, de le pousser à adopter cette transition », a-t-elle déclaré lors du Sommet canadien de l’automobile, à Vaughan, en Ontario.
Selon la Norme sur la disponibilité des véhicules électriques, les constructeurs doivent s’assurer que 20 % de leurs ventes soient des VZE d’ici l’année-modèle 2026. Ce pourcentage doit augmenter à 60 % d’ici 2030 et atteindre 100 % en 2035. Des crédits de conformité peuvent aussi être obtenus en investissant dans l’infrastructure de recharge ou en vendant des hybrides.
Les critiques ne se sont pas fait attendre. Brian Kingston, président de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, a qualifié le mandat de « mathématiquement et factuellement incorrect », soulignant la baisse de la demande et le risque de restrictions d’approvisionnement. « Les ventes se sont effondrées », a-t-il affirmé, ajoutant que certains constructeurs limitent déjà l’offre de véhicules à essence au Canada en vue de respecter la réglementation.
Bev Goodman, PDG de Ford Canada, a exprimé des inquiétudes similaires, précisant que la politique entraînera une diminution de l’offre et une hausse des prix. David Adams, PDG des Constructeurs mondiaux d’automobiles du Canada, a déclaré que les cibles fédérales seront difficiles à atteindre pour la majorité des constructeurs étrangers d’ici 2026.
Selon Statistique Canada, la part des VZE au pays a reculé à 8,6 % durant les quatre premiers mois de 2025, en baisse par rapport aux 12,9 % enregistrés à la même période en 2024. Le sommet mensuel avait dépassé 20 % en décembre.
Les données provinciales révèlent une tendance semblable. Au Québec, la part des VZE est passée de 23,3 % à 13,1 %, et en Colombie-Britannique (incluant les territoires), de 19,7 % à 15,4 %.
Joly a reconnu cette baisse, mais a annoncé que le gouvernement relancera le programme d’Incitatifs pour l’achat de véhicules zéro émission (iVZE), expiré en janvier. Aucun calendrier n’a été communiqué pour son retour. Elle n’a pas évoqué de modification des cibles de vente, mais a réaffirmé sa volonté de discuter avec les parties prenantes.
Environnement et Changement climatique Canada n’a annoncé aucun changement aux politiques actuelles. La porte-parole Hermine Landry a rappelé que la réglementation prévoit des mécanismes de flexibilité, notamment la possibilité d’inclure les véhicules hybrides dans les objectifs. Elle a précisé que les tarifs douaniers américains représentent une menace plus immédiate pour l’industrie automobile.
Entre-temps, les gouvernements du Québec et de la Colombie-Britannique envisagent d’assouplir leurs propres mandats. Le Québec exige 32,5 % de VZE d’ici 2026, et la Colombie-Britannique vise 26 %, mais les taux réels demeurent bien en deçà de ces objectifs pour l’instant.
Kingston a indiqué que des discussions sont en cours et que certaines provinces semblent ouvertes à revoir leurs cibles. Adams a ajouté qu’une approche nationale harmonisée pourrait réduire la complexité réglementaire, surtout pour les constructeurs présents dans plusieurs provinces.
Il a conclu que la majorité des constructeurs soutiennent les objectifs climatiques du Canada, mais souhaitent des cibles plus réalistes compte tenu de la demande actuelle et des capacités de production.
Le Canada devrait s’aligner sur les objectifs de l’État de la Californie. Ensemble, ils pourraient exercer une pression suffisante sur les constructeurs et les législateurs pour convenir d’un plan plus viable. En résumé, les objectifs climatiques sont nécessaires, mais les constructeurs doivent rester rentables et les consommateurs doivent avoir accès à des options intéressantes.
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