Essais routiers de voitures Économiques et Écologiques

Essai routier Lincoln Nautilus Ultra 2026 : luxe, confort et crise d’identité

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Lincoln sait encore construire un confortable croiseur feutré, mais le Nautilus me laisse à me demander à qui il s’adresse vraiment.

  • Le confort remarquable de l’habitacle et la douceur du roulement impressionnent, mais l’expérience de conduite se désunit rapidement dès qu’on hausse le rythme.

  • À ce prix, les rivaux allemands et japonais rendent la proposition de valeur de Lincoln de plus en plus difficile à défendre.

  • Le Nautilus est élégant et cossu, mais il ne parvient toujours pas à rétablir la réputation de luxe autrefois redoutable de Lincoln.


Que représente Lincoln depuis la dernière décennie, voire les deux dernières, sinon à peine l’ombre de son ancienne gloire ? Presque toutes les tentatives récentes, les MKS, MKT, MKX, MKZ et MKC, n’ont soit pas réussi à rallumer la flamme, soit seulement créé une étincelle pour la marque qui tenait autrefois tête à Cadillac jusqu’au milieu des années 2000.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Ça peut paraître dur, mais ça vient d’une réelle déception. Lincoln a déjà défini le luxe américain. Je me souviens encore de mon oncle arrivant dans une toute nouvelle Lincoln Town Car Signature Series 2000 entièrement noire. Pour moi, c’était l’image de la réussite. C’était la classe. C’était le luxe. Même plus tard, des voitures comme la Lincoln LS, malgré ses défauts (merci Jaguar…), avaient du caractère. La dernière Continental avait de la prestance. Malheureusement, elle a été abandonnée.

Nous voilà maintenant en 2026, et Lincoln est sur le point de devenir une marque à trois VUS. Le Corsair est en voie de disparition, laissant le Navigator, l’Aviator et le véhicule d’essai de la semaine : le Lincoln Nautilus 2026. Autrement dit, le Lincoln le plus accessible est désormais un VUS de luxe à 60 000 $. Sur papier, ce n’est pas scandaleux. Les marques haut de gamme demandent des prix haut de gamme. Le problème commence lorsqu’on compare le Nautilus aux véhicules avec lesquels il est censé rivaliser.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Assez majestueux

Sur le plan du style, le Nautilus ne révèle pas immédiatement, selon moi, qui est son acheteur cible. Il est élégant, même cossu. La version Ultra débute à environ 70 000 $, et mon véhicule d’essai, équipé d’options comprenant l’ensemble décor Jet (jantes de 22 pouces, garnitures noires), l’ensemble Reserve 203A (sièges à 24 réglages, chaîne audio Revel Ultima) et d’autres extras, atteint environ 84 000 $.

À son crédit, le Nautilus a belle allure. L’avant a de la présence, le traitement de l’arrière est épuré, et l’éclairage sur toute la largeur est bien exécuté. J’aime aussi beaucoup les poignées de porte intégrées à la garniture inférieure de la surface vitrée, un détail apparu d’abord sur la dernière Continental. Cela demeure l’une des touches de design les plus intelligentes et les plus distinctives de Lincoln.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Intérieur luxueux

Ouvrez le hayon intelligent et vous obtenez 1 030 litres d’espace de chargement, un volume généreux, aidé par des ouvertures pratiques sur les côtés. Oui, quelques sacs de golf devraient s’y loger assez facilement, ce qui vous dit peut-être déjà quelque chose sur l’acheteur que Lincoln a en tête. L’empattement de 2,9 mètres profite aussi à l’accès à la banquette arrière grâce aux grandes ouvertures de portières.

À bord, le Nautilus fait une excellente première impression. L’ajustement et la finition sont fort soignés, et on sent un réel souci du détail. Les sièges à 24 réglages sont superbement confortables, et le système audio renforce l’ambiance haut de gamme. Le grand sujet de conversation, naturellement, est l’écran de 48 pouces d’un pilier à l’autre qui s’étire sur toute la planche de bord. C’est spectaculaire, c’est tape-à-l’œil, et cela donne assurément à l’habitacle un effet wow très moderne en salle d’exposition.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Cela dit, l’écran tactile principal de 11 pouces est placé trop bas. C’est là qu’on gère plusieurs fonctions essentielles, y compris la climatisation, et même s’il existe quelques raccourcis utiles pour l’audio, les caméras et les modes de conduite, l’aménagement n’est pas aussi intuitif qu’il devrait l’être pour un véhicule à ce prix.

Bien… lentement

Jusqu’ici, le Nautilus joue de façon convaincante son rôle de véhicule de luxe. Il est silencieux. Il est confortable. Il est raffiné à basse vitesse. En ville, dans un environnement résidentiel, la suspension semble parfaitement adaptée à sa mission. Il s’en dégage une charmante sérénité. Il est docile dans le meilleur sens du terme.

Et puis on lui en demande un peu plus.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Dès que vous tentez d’exploiter le quatre-cylindres turbocompressé de 2,0 L et ses 280 lb-pi de couple, toute l’expérience commence à se désunir. Les transferts de masse sont mal contrôlés. Les mouvements de caisse latéraux deviennent évidents et désagréables. Le train avant perd de son aplomb et la direction, qui offre déjà peu de rétroaction à basse vitesse, devient encore plus floue lorsqu’on hausse le rythme. Les freins sont acceptables, mais la pédale elle-même peut se montrer étrangement irrégulière, presque comme un interrupteur marche-arrêt. Par moments, la course semble plus longue que prévu, puis soudainement, ça mord.

Cette déconnexion définit le Nautilus à mes yeux. Il est excellent lorsqu’on le conduit en douceur, mais dès que la route devient intéressante, ou simplement dès qu’on lui demande de réagir avec un peu de rigueur, il vous rappelle que le confort était la priorité, et que presque tout le reste arrivait au deuxième rang, sinon au troisième.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Ensuite, il y a la consommation de carburant. Ressources naturelles Canada annonce environ 10,0 L/100 km en combiné. J’ai remarqué plus près de 12,0. Donc oui, si vous roulez surtout en ville, attendez-vous à une consommation plus élevée que ne le laisse croire le chiffre officiel. Le compromis, c’est un croiseur urbain très confortable. Mais encore une fois, cela restreint son attrait.

Ce qu’il faut surveiller

Ici, les préoccupations à long terme concernent moins une quelconque mécanique problématique que la valeur de possession. L’imposante configuration d’écrans et la forte dépendance aux commandes tactiles pourraient mal vieillir si des bogues logiciels apparaissent, ce à quoi il faut s’attendre. La consommation réelle en conduite urbaine peut aussi grimper davantage que prévu. À ce prix, la valeur de revente et la perception de la marque comptent, et Lincoln a encore du travail à faire pour convaincre les acheteurs qu’il s’agit d’un investissement judicieux.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Conclusion

Si vous êtes un acheteur plus jeune, prospère, à la recherche de quelque chose de luxueux avec du mordant, de la précision et de l’engagement, le Nautilus n’est pas ce véhicule.

Cela devient encore plus clair lorsqu’on aligne la concurrence. Un BMW X3 et un Audi Q5 commencent tous deux à peu près dans la fourchette basse des 60 000 $. Un Lexus NX peut coûter encore moins. Plus inquiétant pour Lincoln, un Lexus RX 350 h, qui est agréable à conduire, se situe dans la fourchette haute des 60 000 $, à peu de chose près, et commence à ressembler à un achat bien plus rationnel. En poussant un peu plus loin la comparaison, même un Porsche Macan de base, affiché juste sous les 75 000 $, entre dans la conversation. Oui, un Nautilus Ultra à 84 000 $ avec options vous en donne beaucoup en matière d’équipement, mais il oblige aussi les acheteurs à se poser des questions embarrassantes.

2026 Lincoln Nautilus Reserve | Photo: Matt St-Pierre

Et c’est bien là le problème. Il n’y a rien de catastrophiquement mauvais dans le Lincoln Nautilus 2026. Ce n’est pas un mauvais véhicule. Il est confortable, attrayant, spacieux et impressionnamment cossu dans le bon contexte. Mais cela, à lui seul, ne suffit plus.

Le plus grand défi de Lincoln n’est pas de mettre au point un bon VUS. C’est de continuer à reconstruire ce que son emblème signifie.

Et à l’heure actuelle, ce travail est loin d’être terminé.

ModèleLincoln Nautilus ReservePorsche MacanBMW X3 M50 xDrive
Prix70 000$74 000$77 900$
Groupe propulseur2.0L turbo 4-cyl / 8-rapports auto, traction intégrale2.0L turbo 4-cyl / 7-rapports double-embrayage auto, traction intégrale3.0L turbo I6 hybride léger / 8-rapports auto, traction intégrale
Puissance (hp)250261 393
Couple (lb-ft)280295428
0-100 km/h (secondes) 7.6 (estimated)6.44.6
Consommation moyenne (RN Can)9.9 L/100 km11.0 L/100 km8.6 L/100 km
Capacité remorquage680 kg (1 500 lb)2 000 kg (4 400 lb)2 200 kg (4 850 lb)
Longueur (mm)4 9074 7264 755
Empattement (mm)2 9002 8072 865
Volume coffre derrière 2e rangée (L)1 030488892
Mathieu St-Pierre

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