BYD Shark | Photo : BYD
Les récentes mesures prises par l’administration Biden pour augmenter les droits de douane sur les véhicules électriques chinois visent à protéger le marché automobile américain contre des importations moins chères. Toutefois, les experts estiment que ces droits de douane pourraient ne pas être suffisants pour empêcher les véhicules électriques chinois d’entrer sur le marché. Les avantages commerciaux stratégiques du Mexique et la flexibilité de l’accord États-Unis-Mexique-Canada (USMCA) pourraient offrir d’autres voies d’accès aux constructeurs chinois.
L’augmentation des droits de douane sur les VE chinois, de 27,5 % à 102,5 %, décidée par l’administration Biden, vise à freiner l’afflux de VE chinois à bas prix, largement subventionnés par le gouvernement chinois. BYD Co a rapidement annoncé son intention de construire une usine au Mexique à la suite de cette hausse des droits de douane et bien qu’elle affirme ne pas avoir de projets immédiats pour expédier des véhicules du Mexique vers les États-Unis, l’établissement d’une base de fabrication en Amérique du Nord place le constructeur dans une position avantageuse pour une expansion future.
Le Mexique joue un rôle essentiel dans la chaîne d’approvisionnement mondiale des véhicules électriques en raison de ses nombreux accords commerciaux et de sa situation stratégique. L’USMCA prévoit que 75 % des composants automobiles doivent être produits en Amérique du Nord pour bénéficier des avantages du libre-échange. Toutefois, les véhicules produits au Mexique à partir de composants chinois ne seraient soumis qu’à des droits de douane de 2,5 %, un coût minime comparé aux droits de douane de 100 % appliqués aux importations directes en provenance de Chine. Cette disparité importante fait craindre que les véhicules électriques chinois puissent contourner les droits de douane stricts imposés par les États-Unis en tirant parti des avantages commerciaux du Mexique.
Si les droits de douane sont un outil essentiel pour restreindre les VE chinois, ils pourraient ne pas suffire, comme le rapporte Automotive New. L’administration américaine pourrait enquêter sur le contournement potentiel des restrictions commerciales par les entreprises chinoises utilisant des installations mexicaines. Le ministère du Commerce a déjà pris de telles mesures dans d’autres secteurs, comme celui des panneaux solaires. Par ailleurs, le syndicat United Auto Workers (UAW) plaide pour une augmentation des droits de douane de 2,5 % sur les véhicules et les composants qui ne répondent pas aux exigences de l’USMCA.
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