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VW, Stellantis et Renault s’unissent alors que les marques chinoises gagnent du terrain

2025 Renault 5 E-Tech Electric (Photo par Renault)

Les trois constructeurs proposent un seuil de contenu local de 70 % pour que les véhicules fabriqués dans l’UE soient admissibles aux mesures d’incitation à la vente en Europe.

  • VW, Stellantis et Renault représentent plus de 60 % de la production automobile européenne.

  • Leur proposition lierait les mesures d’incitation au respect des exigences de contenu local par les véhicules fabriqués dans l’UE.

  • L’ACEUM et les crédits à la production proposés au Canada offrent des parallèles distincts en Amérique du Nord.


Volkswagen Group, Stellantis et Renault Group coordonnent leur démarche auprès des décideurs européens alors que les marques chinoises gagnent sérieusement du terrain et que le coût du respect des objectifs d’émissions pèse lourdement sur les constructeurs automobiles.

Ensemble, les trois entreprises représentent plus de 60 % de la production automobile en Europe, selon le chef de la direction de Volkswagen, Oliver Blume, qui s’est exprimé lors d’un sommet de l’industrie organisé pendant le Salon de l’auto de Paris. Le groupe soutient que l’Europe doit protéger sa base manufacturière et aider les marques de grande diffusion à concurrencer les véhicules importés.

La part des constructeurs automobiles chinois sur le marché européen a atteint environ 10 % de janvier à août cette année, soit près du double du niveau enregistré un an plus tôt. Les trois entreprises font aussi face à d’importants investissements prévus et à d’éventuelles amendes si elles n’atteignent pas leurs objectifs d’émissions pour leur parc automobile.

L’enjeu porte sur la Loi sur l’accélération industrielle proposée par l’Union européenne et sur un ensemble de mesures concernant l’automobile qui doit être présenté prochainement. Ces textes pourraient conditionner l’accès aux mesures d’incitation publiques et aux allègements fiscaux pour les voitures de société à la production et au contenu locaux. Les décideurs de l’UE étudient également la possibilité d’ajuster l’exigence visant à ce que tous les véhicules neufs soient à zéro émission d’ici 2035.

Dans une lettre commune adressée à la Commission européenne en juin, les constructeurs ont proposé un seuil conçu pour tenir compte des fabricants dont les chaînes d’approvisionnement sont complexes. Si 70 % des véhicules d’une entreprise fabriqués dans l’UE satisfont aux critères de contenu local, l’ensemble de ses ventes en Europe serait admissible aux avantages.

La définition de « européen » demeure quelque peu floue. Les entreprises souhaitent que les décideurs tiennent compte de la façon dont les règles s’appliqueraient aux véhicules et aux composants fabriqués dans des pays partenaires commerciaux, comme le Royaume-Uni, le Japon et la Corée du Sud, ainsi que dans des centres de production voisins, notamment le Maroc et la Turquie.

Leur position commune ne s’étend pas à tous les détails. Le chef de la direction de Renault, François Provost, a réclamé une pause de 10 ans dans la réglementation visant les petites voitures, tandis que Blume a défendu l’octroi de crédits pour les batteries produites dans l’UE.

BMW Group et Mercedes-Benz se montrent plus prudents à l’égard des exigences de contenu local. Les deux groupes ont d’importantes activités en Chine, et leurs dirigeants ont prévenu que des mesures protectionnistes pourraient entraîner des représailles ou nuire au libre-échange.

Il existe un parallèle pertinent en Amérique du Nord, même si les politiques poursuivent des objectifs différents. En vertu de l’ACEUM, les voitures de tourisme et les camionnettes doivent satisfaire à une exigence de teneur en valeur régionale de 75 % pour être admissibles au traitement tarifaire préférentiel. Le Canada a également mené des consultations sur un système de crédits à la production proposé, qui pourrait récompenser la production nationale, les investissements, les pièces canadiennes et les emplois. Le cadre canadien établirait un lien entre la production et les crédits d’importation, tandis que la proposition européenne porte sur l’admissibilité aux mesures d’incitation et aux allègements fiscaux.

Pour les trois constructeurs européens, la question immédiate est de savoir si l’UE peut protéger la production régionale tout en définissant le contenu local d’une façon qui tienne le mieux compte des relations commerciales établies. La décision pourrait orienter les plans d’investissement de l’ensemble de l’industrie.

Source: Automotive News

Mathieu St-Pierre

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