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Stellantis pourrait fermer et vendre l’usine de Brampton à la fin de la convention collective

Production de la Dodge Challenger 2023 à Brampton | Photo: Stellantis
  • La présidente d’Unifor affirme que Stellantis a informé le syndicat qu’elle envisageait de fermer l’usine.

  • La dernière voiture est sortie de l’usine de montage de Brampton fin 2023, et le site se trouve dans l’incertitude depuis.

  • 2 200 travailleurs reçoivent toujours 70 % de leur salaire habituel, mais cette mesure pourrait prendre fin si l’entreprise ferme l’usine.

Près de trois ans après la sortie de la dernière voiture de sa chaîne de montage, l’usine Stellantis de Brampton pourrait fermer définitivement.

En effet, Lana Payne, présidente d’Unifor — le syndicat représentant les 2 200 travailleurs de l’usine —, affirme que Stellantis a fait part au syndicat, la semaine dernière, qu’elle envisageait de fermer et de vendre le site.

Le constructeur automobile n’a pas encore confirmé publiquement cette information, tout reste donc possible, mais les perspectives sont sombres pour cette installation qui assemblait tout récemment la génération précédente de la Dodge Charger, aux côtés de la Challenger et de la Chrysler 300.

Une fermeture complète signifierait le licenciement des travailleurs, qui devraient alors trouver un nouvel emploi. Depuis l’arrêt de la production fin 2023, les travailleurs ont continué de percevoir 70 % de leur salaire régulier.

Usine Stellantis de Brampton | Photo: Stellantis

À l’époque, le plan prévoyait de réoutiller l’usine de Brampton afin de fabriquer le nouveau Jeep Compass. L’interruption de la production pour d’importantes rénovations de ce type est courante ; Ford a d’ailleurs fait de même avec son usine de montage d’Oakville, qui a récemment repris ses activités après environ deux ans d’arrêt.

Depuis, le paysage automobile et commercial a toutefois été profondément bouleversé par les politiques de l’administration Trump.

Le gouvernement américain a en effet imposé des droits de douane généralisés sur les produits importés, y compris les véhicules et pièces automobiles fabriqués au Canada.

Cette situation a poussé plusieurs constructeurs automobiles à revoir leur stratégie, notamment Stellantis, qui a suspendu le réoutillage de Brampton en février 2025.

Quelques mois plus tard, le constructeur a confirmé que le prochain Jeep Compass serait plutôt assemblé dans l’Illinois, laissant Brampton sans modèle de remplacement vers lequel se tourner.

Usine d’assemblage de Brampton, en Ontario | Photo: Stellantis

Bien que le gouvernement canadien fasse pression sur Stellantis pour qu’elle établisse une nouvelle feuille de route pour l’usine de Brampton — afin d’éviter de violer les ententes conclues pour obtenir des fonds publics ces dernières années —, l’avenir de l’installation demeure en suspens.

L’intérêt croissant pour l’arrivée imminente de véhicules électriques chinois abordables sur le marché canadien a incité Stellantis à proposer l’assemblage de VÉ en pièces détachées issus de son partenaire chinois Leapmotor à Brampton. Le gouvernement et le syndicat ont toutefois rejeté l’idée, car elle n’aurait employé qu’une infime partie des 2 200 travailleurs.

La production à grande échelle de VÉ conçus en Chine à Brampton avec Stellantis reste envisageable, les gouvernements fédéral et ontarien continuant de collaborer avec le constructeur et le syndicat.

Néanmoins, le temps presse pour Stellantis à Brampton, car la convention collective entre le constructeur automobile et le syndicat arrive à échéance le 20 septembre.

Production de la Chrysler Concorde 2000 à Brampton | Photo: Stellantis

Si l’entreprise décide de fermer l’usine, elle devra donner à ses employés un préavis d’au moins 12 mois.

Trouver un acheteur pour ce complexe, construit et inauguré par American Motors Corporation en 1987, pourrait s’avérer complexe. La ville de Brampton a en effet zoné ce secteur spécifiquement pour l’assemblage automobile, ce qui empêche tout promoteur de raser les bâtiments pour y construire des unités résidentielles ou commerciales.

Une option envisageable serait le rachat de l’usine par un constructeur chinois pour produire localement des véhicules destinés au marché canadien, à l’image de BYD, qui a déjà manifesté son intérêt pour une production au Canada et au Mexique.

Cela soulève toutefois plusieurs questions : il est peu probable que le marché canadien soit suffisant pour rentabiliser l’assemblage de véhicules interdits à la vente aux États-Unis.

Alors que Stellantis et Unifor entament les négociations contractuelles au cours des prochaines semaines, davantage de détails sur l’avenir de l’usine de Brampton devraient être dévoilés.

Source : Carscoops

Anthony Lemonde

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