Le pneu est l’unique composant qui nous tient à la route. De manière générale, la surface de contact est inférieure à une feuille de papier par roue. Cet humble anneau de caoutchouc noir est en pleine révolution technologique. Après une quantité commercialisée très limitée en 2021 sur la Pagani Utopia, Aston Martin confirme qu’elle sera l’un des premiers constructeurs à intégrer les Cyber Tires de Pirelli à ses voitures de sport.
À première vue, ces pneus semblent ordinaires. Pourtant, leur intelligence embarquée change la donne. Contrairement aux pneus conventionnels qui se contentent de gérer passivement l’adhérence, les Cyber Tires collectent des données sur leur interaction avec la route et les transmettent directement aux systèmes électroniques du véhicule.
Développée en partenariat avec Bosch, cette innovation repose sur un capteur logé à l’intérieur de la bande de roulement. Relié par Bluetooth, il mesure les variations de rayon liées à la compression du pneu, en tenant compte de la vitesse du véhicule, de la température, de la pression, du type de gomme et même de l’usure. Résultat : le cerveau électronique de la voiture obtient une image précise du comportement des pneus.
Grâce à ces informations, le véhicule peut anticiper une perte d’adhérence en aquaplanage ou détecter le passage d’une route pavée à un chemin de gravier. Il ajuste alors automatiquement le châssis, la motorisation et les systèmes de sécurité, améliorant à la fois la performance et la sécurité.
Pour le moment, cette technologie vise l’amélioration de la tenue de route et une optimisation de l’agrément de conduite. Dans le futur, il sera certainement possible de récupérer cette innovation dans le but de réduire la consommation de carburant.
Toutefois, l’avenir américain des Cyber Tires est incertain. En cause : la réglementation étasunienne qui interdit la vente et l’importation de certains systèmes connectés liés à l’automobile. Or, Pirelli est détenu à 37 % par Sinochem, une société chinoise. Cette participation suscite la méfiance des autorités américaines, qui pourraient retarder ou bloquer l’accès à cette technologie sur l’un des marchés automobiles les plus importants au monde. Le Canada adopte la même approche quant à l’électronique venant de Chine.
Bref, Aston Martin s’apprête à donner une nouvelle dimension à l’expérience de conduite grâce à des pneus plus intelligents que jamais. Mais si l’Europe et d’autres marchés devraient en profiter rapidement, les conducteurs nord-américains risquent de devoir s’en passer. Toutefois, suivant la crise en lien avec le canola canadien, le gouvernement Carney évalue la possibilité d’amoindrir les restrictions tarifaires sur les véhicules chinois. Qui sait peut-être que cette nouvelle ouverture s’étendra à d’autres technologies.
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