Paccar Ste-Thérèse | Photo: Unifor
Le fabricant de camions PACCAR a licencié 300 membres d’Unifor section locale 728 à son usine de Sainte-Thérèse, au Québec, juste avant l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs américains le 1er novembre. Selon CTV News, ces mises à pied portent à 725 le nombre total d’emplois perdus à l’usine en moins d’un an.
Ces compressions surviennent alors que l’entreprise a publié d’excellents résultats financiers pour le troisième trimestre, notamment des performances record dans sa division des pièces. Le PDG Preston Feight a décrit publiquement le nouveau régime tarifaire comme « une bonne chose pour les clients de PACCAR », soulignant les usines du Texas, de l’Ohio et de l’État de Washington comme un avantage concurrentiel dans le cadre des nouvelles règles commerciales.
Les tarifs imposés en vertu de la section 232 fixent un droit de 25 % sur les camions moyens et lourds importés aux États-Unis. Toutefois, pour les véhicules admissibles à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), ce droit s’applique seulement à la portion de la valeur du camion correspondant au « contenu non américain », plutôt qu’au prix total du véhicule.
Ce mécanisme transforme la main-d’œuvre et les composantes canadiennes en un désavantage financier direct pour les fabricants qui exportent vers le marché américain. Alors que les règles de l’ACEUM exigent un contenu nord-américain de 64 % pour bénéficier du libre-échange, la nouvelle politique ajoute une couche punitive en taxant toute valeur issue de l’extérieur des États-Unis — même lorsque le véhicule respecte les seuils de l’accord.
L’usine de Sainte-Thérèse demeure la seule installation de production de PACCAR au Canada. L’entreprise exploite plusieurs usines aux États-Unis qui fabriquent ses marques de camions Peterbilt et Kenworth.
Les 300 mises à pied annoncées aujourd’hui représentent la troisième vague de coupures à l’usine québécoise au cours des 12 derniers mois. PACCAR avait déjà supprimé 250 postes en décembre 2024 et 175 en août, selon Unifor Québec. Cette tendance démontre une restructuration progressive de la production nord-américaine plutôt qu’une réaction à des difficultés financières immédiates.
Unifor Québec réclame une intervention rapide du gouvernement afin de sauver le carnet de commandes de l’usine. Le syndicat propose que le gouvernement provincial oblige les sociétés d’État, comme Hydro-Québec et la SAQ, ainsi que les municipalités, à privilégier les camions fabriqués localement.
« Si l’usine de Sainte-Thérèse perd ses ventes aux États-Unis, nous devons tout faire pour remplir à nouveau son carnet de commandes avec des clients d’ici », a déclaré Daniel Cloutier, directeur québécois d’Unifor.
Le ministre des Finances, Eric Girard, a affirmé que ces mises à pied ne marquent pas la fin des activités à Sainte-Thérèse.
« Il reste 1 000 employés, et on en a mis 300 à pied, donc non, ce n’est pas la fin. Il y a une expertise là, des gens qui travaillent », a-t-il indiqué aux journalistes à l’Assemblée nationale.
La ministre de l’Économie, Christine Fréchette, a ajouté que l’entreprise cherche à s’adapter au marché canadien.
« J’ai rencontré la direction et ce que j’apprécie, c’est qu’elle travaille à s’adapter, à ouvrir le marché — le marché canadien — avec de nouveaux produits », a-t-elle expliqué et rapporté par CTV News.
L’avenir de l’usine dépendra désormais de la capacité du marché intérieur et des achats publics canadiens à remplacer les volumes destinés aux États-Unis.
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