Nouvelles sur les voitures Économiques et Écologiques

Ottawa pourrait poursuivre Stellantis pour le transfert de la production du Jeep Compass aux États-Unis

Usine Stellantis de Brampton | Photo: Stellantis
  • Stellantis s’était engagé à maintenir la stabilité de sa présence manufacturière canadienne en échange de financement d’Ottawa.

  • L’entreprise a annoncé hier que son usine d’assemblage de Brampton ne fabriquerait finalement pas le prochain Jeep Compass.

  • Si le constructeur automobile ne propose pas de plan pour cette usine et ses employés, il romprait son accord.

Lorsque nous avons couvert la nouvelle plus tôt aujourd’hui que Stellantis déplaçait la production du Jeep Compass de nouvelle génération de l’Ontario vers l’Illinois, le gouvernement fédéral canadien n’avait pas encore répondu au constructeur.

La situation a maintenant changé, selon une lettre vue par Bloomberg, qui a été envoyée par la ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, au PDG de Stellantis, Antonio Filosa.

En effet, Ottawa a menacé de poursuivre le constructeur automobile franco-américain, qu’il considère maintenant en violation des termes des accords conclus lorsque l’entreprise a reçu des fonds fédéraux au cours des derniers mois et années.

Ces ententes fournissaient un soutien financier à Stellantis afin de l’aider à réoutiller son usine de Brampton et à accroître sa présence dans la fabrication de véhicules électriques au Canada. En échange, l’entreprise a accepté de maintenir l’intégralité de son empreinte de production locale au pays, ce qui inclut notamment les usines d’assemblage de Windsor et de Brampton.

Cette dernière est au cœur du problème, car maintenant que la production du Jeep Compass est prévue à Belvidere, en Illinois, l’installation de Brampton se retrouve sans aucun produit futur à assembler.

Il convient de rappeler que la production à l’usine a cessé à la fin de décembre 2023, avant une période de réoutillage qui devait la préparer à la fabrication du Compass, y compris sa variante électrique.

Les travaux sur ce projet ont été interrompus en février de cette année suite à l’imposition de tarifs douaniers par l’administration Trump sur les automobiles construites au Canada, et n’ont pas repris depuis.

Dans sa lettre, la ministre Joly a exigé que Stellantis propose de nouveaux plans pour utiliser l’installation de Brampton et pour honorer les contrats avec les fournisseurs canadiens.

Usine Stellantis de Brampton | Photo: Stellantis

Le constructeur avait déjà déclaré hier qu’il partagerait plus de détails sur l’avenir de cette usine d’assemblage après des discussions avec le gouvernement canadien, donc cela devrait se produire de manière imminente.

Selon Mme Joly, il existe des engagements juridiquement contraignants pris par le constructeur qui seraient rompus si l’usine d’assemblage de Brampton était abandonnée, fournissant ainsi un motif pour une poursuite judiciaire.

Le premier ministre Carney a déclaré sur les médias sociaux que son gouvernement, le gouvernement de l’Ontario et le syndicat Unifor travaillent avec Stellantis pour assurer la sécurité de ses employés et créer de nouvelles opportunités à Brampton.

Il a ajouté : « Nous avons également clairement indiqué que nous nous attendons à ce que Stellantis respecte les engagements qu’ils ont pris envers les travailleurs de Brampton ».

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré avoir également parlé à Stellantis, partageant sa déception face à la décision de l’entreprise de prioriser la production aux États-Unis.

La présidente d’Unifor, Lana Payne, a déclaré que sauver l’usine d’assemblage de Brampton, qui employait environ 3 000 travailleurs avant sa fermeture, devrait être la priorité absolue du Canada.

Le syndicat a en outre déclaré que « Stellantis ne peut pas être autorisé à revenir sur ses engagements envers les travailleurs canadiens, et les gouvernements ne peuvent pas rester les bras croisés pendant que nos emplois sont transférés aux États-Unis ».

Pour rappel, la nouvelle que Stellantis déplacerait une partie de sa production future hors du Canada survient une semaine après que le secrétaire américain au Commerce, Howard Lutnik, a réitéré que l’objectif de l’administration Trump est de déplacer toute la production de véhicules actuelle du Canada vers les États-Unis.

Pour le moment, Stellantis n’abandonne pas entièrement sa présence manufacturière au Canada, car elle se prépare à ajouter un troisième quart de travail à son usine d’assemblage de Windsor, qui construit les minifourgonnettes Chrysler Pacifica et Grand Caravan/Voyager, ainsi que la nouvelle Dodge Charger.

En termes de volume de production canadien, Stellantis se classait toujours au troisième rang derrière Toyota et Honda l’an dernier, malgré l’arrêt de l’usine de Brampton.

Les opérations canadiennes des deux autres constructeurs américains semblent encore plus précaires, Ford étant également en train de réoutiller sa seule usine de production au pays, ce qui signifie qu’aucun véhicule Ford ou Lincoln n’est actuellement fabriqué localement.

De son côté, General Motors avait déjà annoncé qu’elle supprimerait un quart de travail à son usine d’Oshawa, qui fabrique le Chevrolet Silverado, au début de l’année prochaine, et d’importants investissements dans une autre installation qui fabrique le même modèle en Indiana soulèvent des questions quant à l’avenir de l’usine canadienne. Contrairement à ses rivaux de Detroit, General Motors exploite actuellement une deuxième usine d’assemblage en Ontario, les fourgonnettes électriques Brightdrop étant fabriquées à Ingersoll.

Source : Automotive News Canada

Anthony Lemonde

Articles récents

Aston Martin repousse son premier VÉ de 2030 à après 2032, attendez-vous à davantage de V8 et de V12

Le constructeur britannique continuera de miser sur les moteurs à combustion tout en réévaluant ses…

1 jour

États-Unis : le prix moyen d’un véhicule neuf dépasse maintenant les 53 000 $ US

Chez nos voisins du sud, la facture d’un véhicule neuf continue de grimper et d’établir…

1 jour

La BMW i3 2027 offrira jusqu’à 750 kilomètres d’autonomie et une recharge à 400 kW

Cela la place au troisième rang des véhicules électriques offrant la plus grande autonomie en…

1 jour

Essai routier – Porsche Cayenne électrique 2026 : la démesure a un nouveau nom

On ne vous apprend rien en vous disant que la puissance des véhicules électriques peut…

1 jour

Ford confronté à un test de coûts et de fabrication avec l’abordable Fathom électrique

Ford maintient son échéancier de 2027, même si la production de masse et les objectifs…

2 jours

Rivian R2 : comment l’empreinte carbone a été coupée de moitié

Rivian, le constructeur de la camionnette R1T et du VUS R1S, vient de lancer aux…

2 jours