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Les gouvernements canadien et chinois ont conclu un accord prévoyant une réduction significative des droits de douane sur leurs exportations respectives.
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Ces 49 000 unités représentent moins de 3 % de tous les véhicules neufs vendus au pays l’an dernier.
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Le premier ministre Mark Carney a évoqué la possibilité que des constructeurs automobiles chinois ouvrent une usine au Canada.
Après des mois de pression publique et politique, le gouvernement canadien a conclu une entente avec la Chine qui verra les deux pays réduire leurs droits de douane sur leurs exportations respectives.
Cela signifie qu’en échange d’une réduction des droits de douane sur le canola et les produits de la mer, Ottawa autorisera l’entrée de jusqu’à 49 000 véhicules électriques chinois par an sur le marché automobile canadien.
En 2024, le précédent gouvernement libéral du premier ministre Justin Trudeau s’était rangé du côté de l’administration Biden aux États-Unis en imposant des droits de douane de 100 % sur les véhicules électriques fabriqués en Chine, afin de décourager une concurrence déloyale susceptible de nuire à l’industrie automobile nord-américaine.
De plus, Ottawa avait également imposé une surtaxe de 25 % sur l’acier et l’aluminium chinois.
En réponse, la Chine avait répliqué par des droits de douane de 100 % sur l’huile de canola, les pois et d’autres produits canadiens, ainsi que par une taxe de 25 % sur les fruits de mer et les produits du porc. Une taxe supplémentaire de 76 % sur les graines de canola avait été ajoutée plus tard dans l’année.

Comme le Canada est le premier exportateur mondial de canola et que la Chine est son plus grand marché après les États-Unis, cette guerre commerciale avec la Chine — ainsi que celle plus récente avec les États-Unis — a eu un impact majeur sur les provinces des Prairies, où la majeure partie du canola est produite.
Les premiers ministres du Manitoba et de la Saskatchewan avaient exprimé leurs inquiétudes, craignant qu’Ottawa ne sacrifie l’économie de leurs provinces pour protéger le secteur automobile de l’Ontario.
De son côté, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a soutenu que les tarifs sur les VÉ (véhicules électriques) chinois devaient être maintenus, à moins que ces véhicules ne soient assemblés en Ontario par des travailleurs locaux.
Bien que cela semble peu probable, étant donné la taille restreinte du marché canadien et l’impossibilité d’exporter vers les États-Unis, le premier ministre Carney a déclaré que, dans le cadre de l’accord conclu aujourd’hui, l’ouverture d’une usine par des constructeurs chinois au Canada pourrait être envisageable.
La principale préoccupation des constructeurs automobiles nord-américains et européens est que les véhicules électriques chinois sont massivement subventionnés par Pékin, ce qui permet de les vendre à des prix artificiellement bas.
Cela les rend très populaires auprès des acheteurs cherchant un VÉ plus abordable que ce que les autres constructeurs peuvent offrir, entraînant ainsi une baisse des ventes et de la rentabilité pour ces derniers.

À plus long terme, on craint que la concurrence des véhicules chinois ne pousse certains constructeurs locaux à la faillite, moment auquel la Chine pourrait alors augmenter ses prix.
Il existe également des inquiétudes en matière de cybersécurité car, comme presque tous les autres véhicules neufs, les VÉ chinois envoient et reçoivent constamment des données à distance vers et depuis leur fabricant.
Pour apaiser certaines de ces craintes, l’accord d’aujourd’hui ne supprime pas complètement les tarifs canadiens sur les véhicules électriques chinois, mais autorise plutôt la vente de jusqu’à 49 000 d’entre eux ici chaque année, assujettis à un tarif de 6,1 %.
Cela représente moins de 3% du marché automobile canadien en 2025, ou près de 1.9 millions de véhicules ont trouvé preneurs.
Pour sa part, la Chine réduira ses droits de douane sur les graines de canola à 15 % d’ici mars ; d’autres produits du canola et les fruits de mer ne seront plus soumis aux tarifs « anti-discrimination », mais l’huile de canola n’a pas été mentionnée. De même, la surtaxe canadienne sur l’acier et l’aluminium chinois n’a pas été évoquée non plus.
Il est important de mentionner que les véhicules électriques fabriqués en Chine par des constructeurs américains et européens sont inclus dans l’allocation annuelle, ce qui signifie que des modèles tels que la Polestar 2 et la Tesla Model 3 pourraient compter pour la majorité des importations.
L’actuel gouvernement libéral vise à doubler les exportations du pays hors États-Unis et à augmenter de 50 % les exportations vers la Chine d’ici 2030, dans le but de réduire la dépendance du Canada envers les États-Unis.
Source : Automotive News Canada


