Un des premiers constructeurs automobiles japonais, Mitsubishi Motors dispose actuellement d’une très petite présence sur le marché nord-américain, du moins, par rapport à certaines autres marques automobiles.

La compagnie a pris son essor dans les années 70 et 80 en Amérique, d’abord à travers un partenariat avec la Chrysler Corporation, ensuite en élargissement de son propre réseau de concessionnaires aux États-Unis, suivi du Canada. Elle offrait une grande variété de véhicules équipés des dernières technologies et de motorisations sophistiquées, mais un lent déclin a débuté alors que la compagnie a révisé sa gamme nord-américaine avec des produits conçus et construits sur ce continent, alors que quelques mauvaises décisions corporatives ont terni la réputation et sabré dans sa rentabilité.

Faisant désormais partie de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, la marque est en train de se réinventer lentement, mais sûrement, alors que les ventes démontrent une légère hausse malgré une gamme très réduite de modèles. Grâce à une excellente garantie et une bonne réputation de fiabilité, Mitsubishi est reconnue pour offrir des voitures et des utilitaires durables.

La dernière génération du Mitsubishi Outlander est un signe de temps plus heureux, et la disponibilité d’une motorisation hybride rechargeable dans ce multisegment le rend drôlement intéressant. La marque doit maintenant bâtir sur cet intérêt du public en introduisant de nouveaux produits, qui en a grandement besoin alors que sa gamme actuellement est vieillissante. Avec peu de nouveaux produits en préparation, les consommateurs ne visitent définitivement pas les concessionnaires de la marque autant qu’ils le souhaiteraient.

En 2023, la compagnie a annoncé que 16 nouveaux modèles seraient introduits à l’échelle mondiale d’ici 2028, sans toutefois confirmer combien d’entre eux étaient destinés pour le marché nord-américain. Des rumeurs circulent à propos d’un autre utilitaire hybride ou hybride rechargeable en route pour notre marché, ainsi que le retour éventuel d’une camionnette, que la marque n’a pas offert en Amérique du Nord depuis le Mitsubishi Raider après le millésime 2009, basé sur le Dodge Dakota. Ce nouveau modèle potentiel pourrait être 100 % électrique.

Le plus gros défi qui attend Mitsubishi, du moins en ce qui concerne sa présence en sol nord-américain, c’est d’agrandir sa gamme pour couvrir davantage de segments de marché, comme ce fut le cas par le passé, tout en poursuivant sa quête d’offrir une sélection de véhicules 100 % électriques.
La gamme actuelle de véhicules Mitsubishi
Au Canada et aux États-Unis, la gamme du constructeur comprend actuellement la citadine Mitsubishi Mirage ainsi que les multisegments Mitsubishi RVR, Mitsubishi Eclipse Cross, Mitsubishi Outlander et Outlander PHEV.
Histoire de la marque Mitsubishi
La marque Mitsubishi est présente sur le marché nord-américain depuis les 1980, mais la compagnie elle-même date de plus d’un siècle. En fait, après sa fondation comme entreprise de transport par Yatarō Iwasaki en 1870, elle a rapidement diversifié ses activités comme constructeur de bateaux, compagnie d’assurances, société de négoce, et même d’exploitation minière de charbon, entre autres. Elle a lancé sa toute première automobile en 1917, nommée la Mitsubishi Model-A, la première voiture de production du Japon, et 22 unités ont été produites jusqu’en 1921.

Le conglomérat n’a pas poursuivi ses activités automobiles avant 1937, lorsque le prototype Mitsubishi PX33 fut créé pour l’utilisation militaire. Ce fut la première voiture de tourisme à quatre roues motrices au pays.

Après la Deuxième Guerre mondiale, les diverses entreprises de Mitsubishi ont importé des kits de voitures Kaiser Henry J et Jeep CJ-3B, avant que l’on développe ses propres automobiles de série dans les années 1960, telles que la berline Mitsubishi 500, le fourgon et la camionnette Mitsubishi 360, la citadine Mitsubishi Minica, la sous-compacte Mitsubishi Colt, la berline de luxe Mitsubishi Debonair, la compacte Mitsubishi Galant ainsi que le Mitsubishi Delica en configurations fourgonnette et camionnette. Durant cette période, la marque a aussi entamé sa participation dans la course automobile.

La Mitsubishi Motors Corporation, nouvellement formée en 1970, a lancé la Mitsubishi Lancer en 1973 et la camionnette Mitsubishi L200/Triton en 1978. Elle a établi un partenariat avec la Chrysler Corporation, permettant à cette dernière de vendre les véhicules de la marque japonaise en Amérique du Nord, incluant la Dodge Arrow, la Dodge Colt, la Dodge Challenger, la Plymouth Arrow et la Plymouth Sapporo, toutes des variantes rebaptisées des Galant et Lancer. Mitsubishi a commencé à vendre ses véhicules en Europe sous la marque Colt au cours des années 70, tout en étendant ses opérations en Australie, en Malaisie, en Thaïlande et dans les Philippines durant les années 1980. La compagnie participait à des courses de rallye, menant éventuellement à la création de la division de performance Ralliart.

La marque est apparue aux États-Unis pour la première fois en 1982, introduisant des modèles comme le coupé Mitsubishi Cordia, la berline Mitsubishi Tredia et la sportive Mitsubishi Starion. Elles ont été suivies de la Mitsubishi Galant, de la Mitsubishi Galant ∑/Sigma, de la Mitsubishi Mirage, de la Mitsubishi Precis (une Hyundai Excel rebaptisée), de la camionnette Mitsubishi Mighty Max et du VUS Mitsubishi Montero. Durant cette décennie, la plupart de ses modèles se trouvaient également chez les divers concessionnaires de la Chrysler Corporation, dont la Conquest (Starion), les Dodge/Plymouth Colt et Eagle Vista/Summit (Mirage), la Dodge/Eagle 2000GTX (Galant), le Dodge D50/Ram 50 (Mighty Max) et le Dodge Raider (Montero).

La marque a aussi lancé des variantes plus sportives de ses modèles au cours des années 80, comme la Mitsubishi Mirage Turbo, la Mitsubishi Galant GS et la Galant VR-4. Diamond-Star Motors fut incorporé en 1985 en collaboration avec Chrysler, qui incluant la construction d’une usine à Normal, en Illinois. Cette usine a commencé à assembler la voiture sport Mitsubishi Eclipse aux côtés de l’Eagle Talon et de la Plymouth Laser. En 1991, Mitsubishi s’est porté acquéreur de Diamond-Star Motors à 100 % en rachetant la part de Chrysler.

En 1990, Mitsubishi a développé le premier système antipatinage à contrôle électronique au monde, une caractéristique désormais de série dans tous les véhicules vendus au Canada et aux États-Unis. La première itération de l’iconique Mitsubishi Lancer Evolution a été lancée en 1992, remportant rapidement les championnats WRC, de piste et de course de côte. En 1999, le prototype 100 % électrique Mitsubishi FTO-EV a établi un record mondial Guinness en parcourant 2 000 km en 24 heures.

Durant les années 1990 aux États-Unis, la marque a introduit les microfourgonnettes Mitsubishi Expo et Expo LRV, la berline intermédiaire Mitsubishi Diamante, la voiture sport Mitsubishi 3000 GT et le VUS Mitsubishi Montero Sport/Pajero Sport. Après le tournant du siècle, la berline Mitsubishi Lancer a été lancée comme modèle 2002, alors que la familiale Lancer Sportback est apparue pour 2004. Les deux étaient disponibles en variante performante Ralliart.

En 2000, Mitsubishi Motors a admis avoir caché 30 ans de défectuosités et de plaintes de clients à propos de ses véhicules, menant à un rappel d’un million de véhicules et d’une baisse significative en valeur boursière pour le constructeur. Peu après, la fusion entre Chrysler et Daimler, devenu DaimlerChrysler AG, a acquis une participation majoritaire de Mitsubishi Motors en 2000, puisque cette dernière était considérée comme une porte d’entrée au marché asiatique pour DaimlerChrysler. Cette dernière a vendu ses parts de Mitsubishi en 2005, après une série de difficultés financières et politiques internes. Durant ce temps, le plan de financement sans intérêt avec mensualités différées pendant 12 mois, lancé par Mitsubishi Motors North America, fut un désastre coûtant quelque 454 millions $ pour la branche financière de la compagnie.

Mitsubishi s’est finalement installé au Canada en 2002, ouvrant des concessionnaires à travers le pays. Deux ans plus tard, la filiale canadienne a lancé sa garantie limitée de 10 ans ou 160 000 km sur le groupe motopropulseur de ses véhicules, le programme le plus intéressant à ce jour pour les automobilistes canadiens.

Les opérations nord-américaines du constructeur ont introduit le multisegment intermédiaire Mitsubishi Endeavor et la neuvième génération de la Mitsubishi Galant pour 2004, ainsi que la quatrième génération de la Mitsubishi Eclipse, coupé pour 2006 et décapotable pour 2007, tous utilisant la plate-forme « Project America ». La nouvelle génération de la Mitsubishi Lancer est apparue pour 2007, suivie de la puissante et habile Lancer Evolution X pour 2008 – les neuf premières variantes Evolution n’ont jamais été offertes en Amérique du Nord – et la Lancer Sportback à cinq portes. Le Mitsubishi Outlander a aussi été introduit pour le millésime 2004 afin de remplacer le Montero Sport/Pajero Sport, bien que ce dernier ait été redessiné pour les marchés à l’extérieur du Canada et des États-Unis, suivi de la deuxième génération de l’Outlander pour 2007. La citadine Mitsubishi i a également été lancée outremer.

Les années 2010 ont apporté quelques nouveaux modèles, comme le Mitsubishi RVR (Outlander Sport aux États-Unis) pour 2011, la troisième génération de l’Outlander pour 2014 ainsi que la Mitsubishi Mirage pour 2014, effectuant un retour sur notre marché en tant que citadine abordable, suivie de la berline Mirage G4. Toutefois, un modèle significatif introduit chez nous fut la Mitsubishi i-MiEV pour l’année-modèle 2012, l’une des premières voitures électriques de série à être disponible en Amérique du Nord.

Le constructeur a fermé son usine à Normal en Illinois en 2015, et l’a par la suite vendu à la compagnie Rivian. En 2016, Mitsubishi a admis avoir falsifié les cotes de consommation de plusieurs modèles au Japon, dont deux étaient des modèles Nissan rebaptisés, et ce fut justement Nissan qui a découvert la tricherie. Mitsubishi a perdu la moitié de sa valeur boursière – environ 3,6 milliards $ US –, permettant à Nissan d’acquérir 34 % des parts du constructeur déchu. L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi a été formée en 2017, sous la gouverne de Carlos Ghosn.

Premier véhicule utilitaire hybride rechargeable sur le marché, le Mitsubishi Outlander PHEV a été lancé au Japon, en Europe et en Australie en 2013 et en 2014, mais il aura fallu attendre le millésime 2018 avant de voir le modèle apparaître sur le marché nord-américain. La microfourgonnette Mitsubishi Xpander, la nouvelle génération des Mitsubishi Delica et Mitsubishi eK, le Mitsubishi Airtrek EV, la Mitsubishi Colt hybride et le Mitsubishi XForce ont fait leurs débuts dans plusieurs marchés hors du Canada et des É.-U., alors que le multisegment coupé compact Mitsubishi Eclipse Cross a été introduit pour 2018. La quatrième génération de l’Outlander est arrivée pour le millésime 2022, suivie de la version hybride rechargeable l’année suivante.

D’ici 2030, Mitsubishi Motors prévoit augmenter sa proportion de ventes de véhicules électriques à 50 % tout en atteignant la neutralité carbone à travers ses opérations d’ici 2050.



