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Les tarifs de Donald Trump produisent l’effet inverse de celui recherché

Lorsque Donald Trump a imposé ses tarifs douaniers sur l’automobile au printemps 2025, l’objectif était clair : ramener la production de véhicules aux États-Unis. Un an et demi plus tard, les chiffres viennent nous prouver le contraire. En fait, sa stratégie a lamentablement échoué, comme l’avaient prédit les experts de l’industrie dès le départ.

  • La part des véhicules américains dans les ventes canadiennes est passée de 35,4 % à 28,4 %

  • Les États-Unis comptent 43 000 emplois de moins dans la fabrication automobile qu’en mars 2025

  • Le Mexique est le grand gagnant de cette situation

Ce qui suit résume, en substance, les conclusions d’une analyse d’Automotive News sur les effets réels de ces tarifs.

Le Canada regarde ailleurs

Au cours de la première moitié de 2026, les véhicules construits aux États-Unis ont représenté 28,4 % des ventes de véhicules neufs au Canada. Un an plus tôt, c’était 35,4 %.

Sept points de pourcentage, ça semble peu. Pourtant, sur un marché d’environ 1,9 million de véhicules par an, cela représente environ 133 000 véhicules américains de moins. C’est un chiffre considérable et ça ne concerne pas seulement les emplois en usine liés à la fabrication de ces véhicules. Les impacts touchent également tous les fournisseurs.

La raison est simple. Le Canada a répliqué avec ses contre-tarifs, et les constructeurs ont contourné l’obstacle. Hyundai fait venir ses Tucson du Mexique plutôt que de l’Alabama. Mazda a cessé d’importer le CX-50. Subaru s’approvisionne presque entièrement au Japon.

Les camionnettes Ram destinées au Canada sont désormais assemblées au Mexique.

Et aucune usine canadienne n’a déménagé au sud de la frontière, même si, il faut l’avouer, la situation n’est pas facile pour certaines.

Le Mexique rafle la mise

Il y a cinq ans, 14 % des véhicules vendus au Canada provenaient du Mexique. Aujourd’hui, c’est plus de 22 %. À ce rythme, il pourrait devancer les États-Unis en tant que principal fournisseur pour le marché canadien dès l’an prochain.

Côté emploi, nos voisins comptaient, en septembre, environ 43 000 postes de moins dans la fabrication de véhicules et de pièces qu’en mars 2025. Le président américain promettait le retour d’emplois en sol américain dans le secteur automobile. Une autre promesse tombée à l’eau.

Puis, il y a la Chine. Le Canada accueille cette année 49 000 véhicules électriques chinois, un quota qui grimpera jusqu’à 75 000. Autant de ventes potentiellement perdues pour les usines américaines, mais une bonne nouvelle pour l’électrification du parc automobile canadien.

On aurait pu vous le prédire dès le premier jour. Dans une industrie aussi intégrée, ériger des murs ne ramène pas les usines. Ça pousse les constructeurs à regarder ailleurs.

Et plus ça dure, plus le terrain perdu sera difficile à regagner.

On l’a répété à maintes reprises : les tarifs n’aident personne à travers l’industrie : personne.

On ne peut que souhaiter que cette folie tarifaire prenne fin le plus rapidement possible.

Daniel Rufiange

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