Les autorités réglementaires américaines ont définitivement adopté des exigences de consommation de carburant considérablement assouplies pour les nouveaux véhicules légers, accordant ainsi aux constructeurs une plus grande marge de manœuvre pour vendre des modèles à essence jusqu’à la fin de la décennie.
Le département des Transports affirme que la règle révisée réduira les coûts de production des véhicules et soutiendra les ventes. Toutefois, sa propre analyse prévoit une hausse de la consommation de carburant et des coûts pour les propriétaires, ainsi qu’une augmentation des émissions de carbone.
La norme impose une moyenne de 34,9 milles au gallon américain pour l’ensemble du parc d’ici l’année-modèle 2031, soit l’équivalent d’environ 6,7 L/100 km. Le cadre précédent, adopté sous l’ancien président Joe Biden, visait 50,4 mi/gal, ou approximativement 4,7 L/100 km.
Le département estime que cette cible moins stricte réduira les coûts de conformité des constructeurs de 1 289 $ US par véhicule en moyenne. Il prévoit toutefois que les propriétaires dépenseront plus de 1 600 $ US (2 268 $ CA) supplémentaires en carburant pendant la durée de vie utile d’un véhicule. À l’échelle nationale, la consommation d’essence devrait augmenter de 4,6 % d’ici 2050 par rapport aux exigences désormais remplacées.
Le moment choisi ajoute une autre considération financière pour les automobilistes. Les prix du carburant aux États-Unis ont grimpé depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l’Iran, à la fin de février, rendant la hausse prévue des dépenses en carburant sur la durée de vie du véhicule plus immédiate pour les acheteurs potentiels.
Le programme de l’ère Biden prévoyait des gains annuels d’efficacité de 8 % pour les voitures particulières des années modèles 2024 et 2025, suivis de 10 % en 2026. Les améliorations exigées auraient ensuite ralenti à 2 % par année de 2027 à 2031. Les constructeurs pouvaient se conformer grâce à différentes combinaisons de motorisations, mais les cibles encourageaient une production accrue de véhicules électriques.
Un changement distinct mettra fin à l’échange de crédits entre entreprises en 2028. Les constructeurs qui dépassaient les exigences fédérales pouvaient vendre des crédits aux entreprises qui ne les respectaient pas. Ce marché générait des revenus considérables pour des producteurs de véhicules électriques, notamment Tesla et Rivian.
L’Alliance for Automotive Innovation, dont les membres comprennent General Motors, Ford, Toyota, Volkswagen et Hyundai, a appuyé cette nouvelle orientation. Elle a déclaré que les autorités réglementaires avaient « pris la bonne décision » en rapprochant les normes des conditions actuelles du marché et des exigences juridiques. Le groupe a soutenu que les règles précédentes poussaient l’électrification au-delà de la demande des consommateurs.
Les organisations environnementales se préparent à contester la décision. Le Sierra Club a déclaré que ce recul ferait augmenter les dépenses des ménages à la pompe tout en permettant davantage de pollution. Les critiques soulignent également que le parc automobile américain affichait une moyenne de 35,4 mi/gal (6,6 L/100 km) en 2024, dépassant déjà légèrement l’exigence fixée pour 2031.
Source: Reuters
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