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Les déclarations de Trump sur l’essor des usines automobiles américaines contredisent la réalité

Nissan Smyrna Vehicle Assembly Plant | Photo: Nissan

Les constructeurs misent sur la modernisation des installations existantes dans un contexte de tarifs douaniers et de demande en baisse pour les véhicules électriques.

  • Les constructeurs automobiles réoutillent des usines américaines inactives pour remplacer les importations, conformément aux nouvelles politiques tarifaires de Trump.

  • Les investissements dans les véhicules électriques ralentissent, les constructeurs redirigeant leurs efforts vers la production de véhicules à essence.

  • Les responsables canadiens rejettent les affirmations concernant des délocalisations d’usines, soulignant la stabilité de l’emploi au pays.


Le président américain Donald Trump a vanté ce qu’il décrit comme une vague de nouvelles usines automobiles en construction, mais les données disponibles et les stratégies des constructeurs démontrent plutôt une industrie prudente qui modernise des installations existantes plutôt que d’en bâtir de nouvelles.

Dans des déclarations récentes, Trump a affirmé que de nouvelles usines automobiles en provenance du Canada, du Mexique et de la Chine sont construites partout aux États-Unis. « Les usines automobiles reviennent », a-t-il lancé lors d’un événement de style électoral plus tôt ce mois-ci.

Or, les analystes de l’industrie soutiennent que les constructeurs évitent les nouveaux chantiers et privilégient la réutilisation d’usines existantes afin de s’adapter aux politiques commerciales et aux tarifs de l’administration Trump, particulièrement ceux visant les véhicules électriques et les importations.

Des constructeurs comme Nissan ont annoncé des projets d’expansion de la production de modèles tels que le VUS Rogue dans leurs usines du Tennessee et du Mississippi, tout en réduisant les importations de véhicules du Japon. En vertu d’un accord préliminaire avec l’administration américaine, les importations de véhicules japonais sont frappées d’un tarif de 15 %.

Les grands constructeurs reculent aussi sur certaines initiatives électriques lancées dans la dernière décennie. Plusieurs réorientent leurs investissements vers les véhicules à essence, retardant ou annulant des projets de VÉ. Le revirement de l’administration Trump sur les incitatifs aux VÉ est en partie responsable de cette tendance.

En juin, General Motors a annoncé qu’elle réoutillerait une usine près de Detroit, une décision semblable à celles d’autres constructeurs. Selon la firme de conseil AlixPartners, les investissements annuels moyens dans le secteur automobile atteignaient 21 milliards $ sous le premier mandat de Trump. Ce chiffre est monté à 38 milliards $ par année sous la présidence de Joe Biden, principalement en raison des dépenses consacrées aux usines de VÉ et de batteries.

Le ralentissement des VÉ avait déjà commencé avant la victoire de Trump à l’élection de 2024. Les dirigeants ont invoqué une demande plus faible que prévu, et s’attendent à une baisse supplémentaire avec les changements de politiques sous Trump. L’administration soutient toutefois que ses politiques commerciales et industrielles appuient le secteur automobile grâce à des coûts réglementaires réduits et à de nouveaux accords commerciaux.

« À mesure que ces politiques et les accords commerciaux sans précédent du président Trump avec l’UE, le Japon et d’autres entreront en vigueur, des voitures sortiront bientôt des chaînes de montage de Detroit pour être vendues dans les salles d’exposition de Tokyo, Francfort et Paris », a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Kush Desai.

Les importations de véhicules, moteurs et pièces ont diminué d’environ 10 % au premier trimestre pour atteindre 421,4 milliards $. La production de véhicules aux États-Unis est en hausse d’environ 4 % depuis le début de l’année, bien que les données de la Réserve fédérale révèlent que le niveau demeure inférieur à la moyenne des dix dernières années.

Les propos de Trump ont aussi suscité des critiques de la part de l’industrie automobile canadienne. David Adams, président de Global Automakers of Canada, a rejeté l’idée que les fabricants désertent les installations canadiennes au profit de la production américaine.

« L’idée que tout le monde abandonne le Canada pour produire aux États-Unis ne correspond pas à la réalité sur le terrain », a affirmé Adams. Il a reconnu que les tarifs pourraient influencer les stratégies de production à long terme, mais a précisé qu’aucun changement majeur n’avait encore eu lieu.

 

Mathieu St-Pierre

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