Des responsables canadiens sont engagés dans des discussions en cours avec la Chine au sujet de la réduction ou de la suppression des tarifs sur les véhicules électriques chinois, en échange d’un assouplissement des contre-mesures chinoises visant les exportations agricoles canadiennes.
Les négociations ont lieu en amont de la visite du premier ministre Mark Carney à Beijing, où il doit rencontrer le président chinois Xi Jinping, le premier ministre Li Qiang ainsi que d’autres hauts responsables. Le gouvernement canadien a présenté ces discussions comme faisant partie d’un effort à long terme visant à résoudre les différends commerciaux avec la Chine.
Un haut responsable canadien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat, a déclaré que le gouvernement a déployé des « efforts concertés pour régler de manière systématique les irritants commerciaux ». Les discussions font suite à des échanges diplomatiques entre Carney et des dirigeants chinois lors de l’Assemblée générale des Nations Unies et du sommet de l’Asie-Pacifique en 2025.
Ces pourparlers surviennent alors que le Canada est aux prises avec des enjeux commerciaux complexes avec les États-Unis, qui ont imposé des mesures strictes pour limiter l’importation de véhicules électriques chinois en raison de préoccupations liées aux subventions et aux risques en matière de cybersécurité. Les responsables canadiens n’ont pas commenté publiquement la façon dont les négociations avec la Chine pourraient influer sur les relations avec les États-Unis, qui demeurent le principal partenaire commercial du Canada dans le secteur automobile.
À l’automne 2024, le Canada a instauré des tarifs de 100 % sur les véhicules électriques chinois et de 25 % sur l’acier et l’aluminium chinois, calquant ainsi les mesures américaines. Cette décision a incité la Chine à imposer des contre-tarifs sur des produits agricoles canadiens, suscitant des critiques dans les provinces des Prairies qui dépendent de ces exportations.
Des groupes industriels ont averti qu’un assouplissement des tarifs sur les véhicules électriques pourrait miner l’industrie automobile nord-américaine et compliquer les négociations à venir sur le renouvellement de l’accord de libre-échange Canada–États-Unis–Mexique.
« Il n’y a pas de concurrence équitable avec l’industrie automobile chinoise », a déclaré Brian Kingston, président de l’Association canadienne des constructeurs de véhicules, en citant les subventions d’État et le déversement mondial de véhicules comme principales préoccupations. Il a évoqué les pertes d’emplois en Europe comme exemple à prendre en considération lorsqu’on assouplit les restrictions sur les véhicules électriques chinois.
Flavio Volpe, président de l’Association des fabricants de pièces automobiles du Canada, a indiqué que les discussions avec la Chine doivent être abordées avec une « extrême prudence », soulignant que les fabricants chinois de véhicules électriques fonctionnent souvent selon un modèle de montage en kit, ce qui leur permet de conserver une structure de coûts peu élevée même lorsqu’ils assemblent des véhicules à l’étranger.
Kingston et Volpe ont tous deux invoqué des préoccupations en matière de sécurité nationale, faisant référence aux mesures américaines visant à restreindre les logiciels automobiles liés à la Chine et soutenant que le Canada devrait adopter des garde-fous similaires.
La visite de Carney à Beijing comprend des rencontres bilatérales et un dîner officiel organisé par le premier ministre Li. Des responsables canadiens ont indiqué qu’ils ne s’attendent pas à régler l’ensemble des enjeux commerciaux en suspens au cours de ce déplacement, mais qu’ils espèrent jeter les bases d’un engagement continu plus solide.
Source: Toronto Star
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