Le chef de la direction de Rivian, RJ Scaringe, a exprimé ses inquiétudes face à la possible arrivée de véhicules électriques chinois sur le marché américain, qualifiant cette perspective de « menace existentielle » pour les constructeurs locaux. Ses commentaires font suite à des rapports selon lesquels l’administration Trump envisagerait d’assouplir les restrictions sur les importations provenant de fabricants à bas coûts comme BYD, Geely et Great Wall Motor.
S’adressant aux journalistes, Scaringe a reconnu qu’une concurrence avec les marques chinoises est « concevable et plausible », tout en insistant sur la nécessité d’un « terrain de jeu équitable » dans toute négociation commerciale.
Le président Donald Trump a exprimé son intérêt pour la négociation d’un accord global avec Pékin, que les analystes de l’industrie estiment pouvoir inclure des dispositions permettant aux constructeurs chinois d’exporter des véhicules vers l’Amérique du Nord. Cette éventualité a suscité de fortes inquiétudes dans le secteur, le PDG de Ford, Jim Farley, ayant déjà exprimé des préoccupations similaires.
À l’heure actuelle, le gouvernement canadien impose un tarif de 100 % sur les véhicules chinois. Certaines provinces ont déjà laissé entendre que ces tarifs devraient être supprimés.
Scaringe a indiqué que Rivian se prépare à affronter la concurrence grâce à son prochain multisegment R2, dont les livraisons aux États-Unis devraient débuter dans la première moitié de 2026. Le véhicule, dont le prix de départ avoisinera 66 500 $, sera assemblé dans l’usine agrandie de l’entreprise à Normal, en Illinois.
Les constructeurs chinois, pour leur part, ont gagné des parts de marché à l’échelle mondiale grâce à des modèles offerts à prix très agressifs, comme la BYD Dolphin Mini, vendue à un peu plus de 21 000 $ US au Mexique. Les analystes estiment que les marques chinoises pourraient exporter jusqu’à 7,5 millions de véhicules dans le monde en 2025, contre environ 1 million au début de la décennie.
Scaringe a souligné que cet écart de prix ne découle pas d’une supériorité technologique, mais d’avantages structurels : prêts subventionnés, énergie à faible coût et terrains attribués par le gouvernement.
Rivian, comme d’autres constructeurs américains, mise fortement sur la production locale. Son usine de l’Illinois couvre désormais 6 millions de pieds carrés et assurera la fabrication du R2, tandis qu’une seconde usine est en développement en Géorgie. Parallèlement, l’entreprise collabore avec LG pour lancer la production locale de cellules de batterie près de ses installations de l’Illinois d’ici 2026. Ensemble, Rivian prévoit atteindre une capacité de production annuelle de 400 000 véhicules électriques.
Malgré l’incertitude, Scaringe a mentionné être partiellement en phase avec les objectifs du gouvernement américain. « Nous sommes en réalité assez alignés avec l’administration », a-t-il affirmé, citant la priorité de Rivian envers l’emploi et la fabrication aux États-Unis. Il a toutefois reconnu être préoccupé par la volatilité des politiques commerciales et par la hausse des coûts liée aux changements tarifaires.
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