Volkswagen ID. SPACE VIZZION | Photo: Volkswagen
Le ministre ontarien du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce, Vic Fedeli, souhaite approfondir les liens commerciaux avec l’Europe et le Royaume-Uni, exprimant des doutes quant à la fiabilité à long terme des États-Unis comme partenaire économique.
Fedeli s’est récemment rendu en Allemagne et au Royaume-Uni, où il a rencontré des leaders politiques et d’affaires, en marge de sa participation au salon IAA de Munich. L’objectif de la visite était de positionner l’Ontario comme une destination stable politiquement et riche en ressources pour les investissements dans les secteurs automobile et technologique.
« Le plan, c’est de solidifier nos relations est-ouest plutôt que nos relations avec les États-Unis », a déclaré Fedeli pendant le voyage.
L’Ontario agit alors que la province prend de l’élan dans le secteur des véhicules électriques. Le 10 septembre, Stellantis a annoncé que son usine d’assemblage de Windsor reviendra à un horaire de trois quarts de travail dès le premier trimestre de 2026. L’installation produit notamment les minifourgonnettes Chrysler ainsi que la Dodge Charger.
De son côté, PowerCo, la filiale de batteries du Groupe Volkswagen, a octroyé deux contrats de construction en août en prévision du lancement des travaux de son usine de cellules de batteries de 7 milliards $ à St. Thomas, en Ontario. Il s’agit d’une étape clé dans la stratégie du constructeur visant à localiser la production de véhicules électriques au Canada.
« En Ontario, nous avons attiré pour 46 milliards de dollars canadiens de projets dans les secteurs de l’auto et de l’électrification au cours des quatre dernières années », a souligné Fedeli. Il a ajouté que d’autres annonces d’investissements sont attendues d’ici la fin de l’année.
Fedeli a attribué cette dynamique à la stabilité politique du Canada, notant que 409 nouvelles entreprises se sont installées en Ontario au cours de la dernière année, générant près de 25 000 emplois et 40 milliards $ en investissements supplémentaires. Il a précisé que l’Ontario se positionne comme une alternative à la Chine pour l’approvisionnement en minéraux critiques pour les batteries.
« On extrait du lithium dans le nord-ouest de l’Ontario, du nickel dans le nord-est, et aussi dans le Grand Nord », a-t-il expliqué. La province souhaite raffiner et transformer ces matériaux localement afin de les intégrer à la chaîne d’approvisionnement régionale.
Fedeli a également confirmé que la portée de ces efforts dépasse l’Europe, avec des démarches en cours pour renforcer les liens avec l’Inde et d’autres marchés asiatiques. Son équipe a visité une douzaine de pays en 2025, et d’autres déplacements sont prévus d’ici la fin de l’année.
« Plus que jamais, les pays du monde cherchent à renforcer leurs liens commerciaux avec des alliés », a-t-il déclaré. « Chacun veut attirer plus d’investissements et se prémunir contre les risques liés aux États-Unis. »
Fedeli a évoqué les tensions commerciales sous l’administration Trump, notamment en matière de tarifs douaniers, comme facteur clé derrière la nouvelle stratégie de l’Ontario. Même s’il espère une amélioration des relations canado-américaines, il a conclu :
« L’espoir, ce n’est pas un plan. »
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