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L’accord Canada–Chine sur les VE ravive les discussions d’investissement, BYD envisage une entrée sur le marché canadien

BYD Atto | Photo: BYD

Le virage commercial du Canada ouvre le marché des VE aux constructeurs chinois et relance les plans d’expansion nord-américains de BYD.

  • Le Canada autorisera l’entrée annuelle de 49 000 VE chinois dans le cadre d’un nouvel accord tarifaire réduit.

  • BYD évalue une entrée au Canada dans le cadre de sa stratégie d’expansion mondiale.

  • L’accord pourrait mener à des investissements et à des partenariats de production de VE au Canada avec un constructeur chinois.


La décision du Canada de réduire les droits d’importation sur les VE chinois pourrait ouvrir la voie à l’entrée de constructeurs chinois comme BYD sur le marché canadien, alors que Pékin signale son intérêt pour des partenariats industriels à long terme avec des entreprises canadiennes.

En vertu d’un nouvel accord bilatéral signé ce mois-ci, le Canada permettra l’importation annuelle de jusqu’à 49 000 véhicules électriques chinois à un tarif réduit de 6,1 %. L’accord, signé par le premier ministre Mark Carney et le président chinois Xi Jinping, exige qu’au moins la moitié des VE importés soient proposés à un prix inférieur à 35 000 $ d’ici 2030.

En contrepartie, la Chine a accepté d’assouplir les tarifs sur les exportations agricoles canadiennes. L’ambassadeur de Chine, Wang Di, a décrit l’entente commerciale comme une première étape vers une coopération bilatérale plus approfondie, la qualifiant de bénéfique tant pour les consommateurs canadiens que pour les travailleurs de l’automobile.

Wang a ajouté que la Chine encourage ses constructeurs automobiles à investir directement au Canada, que ce soit par l’entremise d’usines, de coentreprises ou d’autres partenariats, pourvu qu’ils opèrent dans des conditions de marché équitables. Un haut responsable du gouvernement canadien a indiqué qu’Ottawa considère cette entente comme faisant partie d’une stratégie plus vaste visant à localiser progressivement la production de VE au Canada.

Le plus important fabricant de véhicules électriques de Chine, BYD, figure parmi les entreprises qui réévaluent le marché canadien pour une deuxième fois à la suite de ce changement de politique. Un porte-parole de BYD a confirmé que l’entreprise évalue cette possibilité à l’interne.

BYD a considérablement accéléré son expansion internationale au cours des dernières années. Après avoir vendu plus de 1,05 million de véhicules à l’extérieur de la Chine en 2025, l’entreprise prévoit que ses ventes à l’étranger augmenteront de 24 % pour atteindre 1,3 million d’unités en 2026. L’Europe représentera environ le tiers de ces ventes.

Pour soutenir sa croissance en Europe, BYD prévoit amorcer la production dans une nouvelle usine à Szeged, en Hongrie, d’ici mars ou avril 2026, avec une capacité annuelle de 150 000 véhicules. L’entreprise évalue également l’implantation d’une deuxième usine européenne, l’Espagne et l’Allemagne étant à l’étude, et construit une troisième installation en Turquie.

Bien que BYD ne vende pas encore de VE de tourisme au Canada ni aux États-Unis, elle demeure active au Mexique, qui a importé plus de 625 000 véhicules fabriqués en Chine en 2025 malgré l’imposition de nouveaux tarifs de 50 %. Les dirigeants de l’entreprise affirment que la hausse de la demande étrangère est essentielle pour compenser le recul des ventes sur le marché intérieur, affectées par la surcapacité, la pression sur les prix et les inquiétudes des consommateurs concernant le rendement des batteries en conditions hivernales.

À l’inverse de l’Europe, les gouvernements nord-américains ont été plus lents à accueillir les importations de VE chinois en raison de préoccupations géopolitiques et industrielles. Des dirigeants syndicaux canadiens et des analystes en politiques publiques ont exprimé leur scepticisme à l’égard du récent accord commercial.

La présidente d’Unifor, Lana Payne, a qualifié l’entente de « blessure auto-infligée », avertissant que la Chine pourrait rapidement supplanter les constructeurs nationaux, comme elle l’a fait dans d’autres régions. Par ailleurs, des analystes, dont Margaret McCuaig-Johnston du China Strategic Risks Institute, ont mis en garde contre le fait que le secteur chinois des VE repose sur des subventions étatiques et présente des risques potentiels de surveillance par l’intégration logicielle des véhicules.

D’autres, toutefois, y voient un potentiel de collaboration constructive. Wenran Jiang, directeur du Forum Canada-Chine sur l’énergie et l’environnement, a cité en exemple le partenariat entre le fournisseur de pièces automobiles Magna International et un constructeur chinois pour la fabrication de véhicules en Autriche, un modèle que le Canada pourrait reproduire.

Source: Automotive News

Mathieu St-Pierre

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