2026 Genesis GV80 Coupe | Photo: Matt St-Pierre
Il arrive parfois qu’un véhicule se retrouve dans mon entrée en me défiant déjà de remettre en question sa raison d’être. Le Genesis GV80 Coupé fait partie de ceux-là. J’ai assisté à l’événement régional de première prise en main il y a presque un an et demi, et je me pose encore la question…
Le GV80 est élégant, spectaculaire, indéniablement haut de gamme et très subtil. Genesis souhaite qu’il incarne le contrepoint émotionnel au GV80 régulier, son VUS de luxe porte-étendard, mais avec une ligne de toit fuyante, des intentions sportives et juste assez de caractère pour, espère-t-on, faire jeter un regard nerveux aux marques allemandes par-dessus leur épaule. Est-ce le cas ? Discutable.
La vraie question est simple : devriez-vous l’acheter ? La réponse, comme toujours, dépend de ce que vous valorisez et du montant que vous êtes prêt à payer pour le style. Et de vos allégeances de marque.
Sur le plan mécanique, le GV80 Coupé reprend de très près la formule du GV80 standard. La version qui nous intéresse ici utilise un V6 biturbo de 3,5 litres jumelé à un compresseur électrique, développant 409 chevaux et 405 lb-pi de couple. La puissance est transmise aux quatre roues par une boîte automatique à huit rapports, et sur papier, l’ensemble se montre très vif. La réponse à l’accélérateur est franche, les dépassements sont instantanés et les bretelles d’autoroute sont avalées sans effort.
Le compresseur électrique fait un réel travail à bas régime, comblant les creux de suralimentation avant que les turbocompresseurs n’entrent pleinement en action. Le résultat est une accélération fluide et immédiate, beaucoup plus en phase avec une conduite luxueuse qu’avec des départs arrêtés aux feux de circulation. C’est rapide sans être tape-à-l’œil, ce qui correspond bien à l’image de Genesis. Il faut admettre que le V6 produit aussi des sonorités séduisantes, en accord avec l’évolution de l’identité de la marque.
En ville comme sur l’autoroute, le GV80 Coupé se montre silencieux et posé. Le bruit du vent reste à l’extérieur, les imperfections de la chaussée sont en grande partie filtrées et la chaîne cinématique fonctionne avec un poli impressionnant. Ce véhicule glisse sans effort à 120 km/h, rendant les longs trajets autoroutiers faciles et reposants.
Puis, vous tombez sur une section de chaussée dégradée.
Pour un véhicule de cette taille et de ce prix, la suspension est inutilement ferme. Ce n’est pas inconfortable au point d’être pénible, mais c’est plus abrupt que prévu, surtout sur des routes urbaines défoncées. La suspension à contrôle électronique avec prévisualisation de la route, livrée de série, peine à amortir les impacts secs qui se transmettent à la structure, une expérience qui cadre mal avec un VUS de luxe censé prioriser le confort. Le GV80 régulier fait mieux de ce côté, de mémoire, ce qui donne l’impression que la calibration du Coupé est un faux pas.
La direction est précise et, bien que le GV80 Coupé puisse négocier les virages avec compétence, il n’encourage jamais une conduite dynamique. Ce n’est pas réellement un VUS de performance au sens propre, malgré la ligne de toit et l’allure agressive.
À l’intérieur, Genesis sait toujours comment en mettre plein la vue. Les matériaux, les coutures, les insertions de bois et la présentation générale sont tout simplement de premier ordre. Cet habitacle a l’air et l’odeur du luxe, et il résiste à un examen attentif. Les sièges sont fermes, confortables et soutenants, la position de conduite est impeccable, et l’ambiance générale correspond exactement à ce que l’on attend d’un véhicule de luxe à six chiffres.
Le problème vient de l’écran tactile. Genesis persiste à utiliser de très petits contrôles à l’écran qui exigent une grande précision, ce qui est irritant dans le meilleur des cas et presque exaspérant avec des gants d’hiver. Les réglages de climatisation, des sièges et du volant chauffants, ainsi que les fonctions secondaires, demandent trop d’attention visuelle. C’est un faux pas dans un habitacle par ailleurs excellent.
L’espace à l’arrière en souffre également. La ligne de toit plongeante réduit légèrement la garde au toit et, bien que des adultes puissent toujours s’y installer, le GV80 régulier se montre tout simplement plus accueillant. Le volume de chargement est lui aussi réduit, rendant ce « coupé » moins apte aux véritables tâches d’un VUS.
Soyons honnêtes : le GV80 Coupé est réussi sur le plan esthétique. Les proportions fonctionnent, la posture est juste et le design évite l’aspect maladroit et boursouflé qui afflige de nombreux VUS de style coupé. Genesis a fait preuve de retenue, et c’est apprécié.
Cela dit, le design à lui seul ne règle pas les enjeux pratiques. Cette carrosserie existe uniquement pour son attrait visuel, et elle se paie cher.
Et cette concurrence est redoutable. Pour moins cher, ou beaucoup moins cher, il est possible d’opter pour un Audi Q7, un BMW X5 ou un Mercedes-Benz GLE offrant des performances similaires et une meilleure polyvalence. Même un Porsche Cayenne de base commence à prendre un sens inconfortablement logique ici, surtout pour les acheteurs sensibles au prestige de la marque.
Le Genesis GV80 Coupé 2026 est un VUS de luxe magnifique et bien construit qui peine à justifier sa propre existence. Il se conduit bien, affiche une allure séduisante et dorlote ses occupants, mais il sacrifie la polyvalence tout en réclamant un supplément difficile à défendre.
Si vous adorez son design, utilisez rarement l’espace de chargement et souhaitez quelque chose de différent de la norme allemande, le GV80 Coupé vous comblera sans aucun doute. Sachez simplement que vous payez un surplus pour le style, et peu d’autre chose.
Pour tous les autres, le GV80 régulier offre la même expérience, avec plus d’espace, un confort de roulement supérieur et moins de compromis. Parfois, la polyvalence l’emporte vraiment.
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