Volkswagen Tiguan 2024 : Le flair européen est-il suffisant?

Volkswagen Tiguan Highline R-Line 2024 | Photo : Vincent Aubé
  • L’agrément de conduite n’est pas sa plus grande force.

  • L’espace à bord est généreux pour un VUS compact.

  • Le Tiguan est un modèle important pour le géant de Wolfsburg.


L’industrie automobile est actuellement secouée par un vent d’incertitudes. Le virage électrique stagne à certains égards, ce qui redonne vie à l’espoir hybride, au grand plaisir d’un groupe comme Toyota par exemple, qui regorge de ces véhicules mi-essence mi-électricité. Tout le contraire d’un autre géant qui a tout misé sur la case électrique. En effet, avec le Dieselgate de 2015, le géant de Wolfsburg a dû peser fort sur la pédale d’accélérateur de l’énergie électrique pour dissiper le plus rapidement les vapeurs de ce scandale planétaire.

Volkswagen Tiguan Highline R-Line 2024 | Photo : Vincent Aubé

En attendant que les efforts d’électrification se stabilisent, Volkswagen doit regarder en avant et poursuivre la commercialisation de modèles importants comme le Tiguan par exemple, le populaire multisegment qui en est déjà à sa troisième année modèle depuis la refonte de mi-parcours. Pourquoi ne pas pousser l’ID.4 alors, un véhicule un peu plus petit que le Tiguan, mais tout de même proche en termes de dimensions?

Certains consommateurs ne sont tout simplement pas prêts, et ce, pour une multitude de facteurs, notamment le prix demandé, malgré les rabais gouvernementaux encore en vigueur pour quelques saisons. Puis, il y a aussi la capacité de production qui entre en ligne de compte également, quoiqu’on observe actuellement une accumulation des stocks de véhicules électriques.

Volkswagen Tiguan Highline R-Line 2024 | Photo : Vincent Aubé

Nous avons essayé de nouveau le VUS « pas si compact que ça » du constructeur allemand. La formule est sans surprise la même que pour tous les autres véhicules de la catégorie, mais avec un flair européen. Est-ce suffisant pour convaincre les acheteurs de ce type de véhicule? Nous essayons d’y répondre dans les lignes qui suivent.

Rehaussement stylistique

Il faut l’admettre, les ajustements apportés en 2022 sont plus attrayants, conférant au Tiguan une touche de classe qui manquait cruellement au véhicule tout d’abord atterrit sur les routes nord-américaines en 2018. La calandre plus imposante ou ces finitions chromées autour des grillages inférieurs sur cette livrée Highline habillée de l’ensemble R-Line, tandis que les jantes de 20 pouces viennent remplir à merveille les arches de roues.

Quant au postérieur, avec ses faux pots d’échappement chromés de part et d’autre et ce mélange de chrome et de noir lustré se fond plutôt bien au modèle utilitaire compact. Pour certains, le design du Tiguan manque d’originalité, tandis que pour d’autres, la ligne plus sobre du modèle est un atout dans la circulation lourde. À vous de voir si vous êtes plus du type Hyundai Tucson/Kia Sportage ou plus du type conventionnel, comme c’est le cas avec le représentant de Volkswagen.

C’est un habitacle Volkswagen, bien entendu!

Les habitués des produits Volkswagen ne doivent pas être trop dépaysés lorsqu’ils prennent place à bord du Tiguan. La planche de bord est on ne peut plus simple, tandis que l’écran surélevé des plus récents modèles n’a pas encore trouvé le moyen de s’installer à bord du modèle. En revanche, il faut s’attendre à ce que dernier – ouvertement critiqué pour l’omniprésence de touches tactiles – soit intégré au Tiguan lorsqu’il sera repensé pour notre marché, car la version européenne a déjà été redessinée. Sachez toutefois que le prochain Tiguan nord-américain sera différent de celui commercialisé en Europe.

En fait, le Tiguan 2024 est transitoire, puisqu’il propose deux écrans, un derrière le volant et un autre, tactile celui-là, au centre de la planche de bord, mais ce dernier est secondé par des touches de part et d’autre de la surface numérique. Et ce n’est pas tout, car plus bas, on retrouve une série de touches haptiques pour la climatisation, les sièges chauffants, etc.

De son côté, le volant très agréable à tenir en main propose aussi des fonctions haptiques qui, après quelques jours, finissent par avoir plus de sens pour l’utilisateur occasionnel que je suis.

Volkswagen Tiguan Highline R-Line 2024 | Photo : Vincent Aubé

Les sièges, bien que durs, demeurent confortables pour les aléas du quotidien ou pour les escapades prolongées. Même constat à la deuxième rangée, la banquette de type 60/40 qui offre aussi la possibilité d’avancer ou reculer l’assise pour maximiser l’espace dans le coffre ou même celui des passagers qui s’assoient au troisième rang, car oui, le Tiguan est l’un des rares à offrir une troisième banquette. Celle-ci est plus symbolique que confortable, mais bon, il y a toujours des imprévus dans la vie et cette troisième banquette est justement là pour répondre à ces moments où vous devez dépanner un ami dans l’équipe de soccer de votre enfant.

Et la conduite, elle?

Malheureusement, malgré quelques traits typiquement Volkswagen, le Tiguan n’offre pas le même genre d’expérience que dans l’indémodable Golf GTI ou son équivalente à rouage intégral, la Golf R. Le moteur 4-cylindres turbo de 2,0-litres de cylindrée n’est pas le plus véloce du segment avec ses 184 chevaux et son couple optimal de 221 lb-pi. La première génération du Tiguan avait plus de puissance et le poids du véhicule était inférieur, mais contrairement à son prédécesseur plus sportif, le Tiguan de deuxième génération se veut plus logeable que le premier du nom… et plus lourd.

Volkswagen Tiguan Highline R-Line 2024 | Photo : Vincent Aubé

Là où le Tiguan perd des points, c’est au chapitre de sa boîte de vitesses automatique à huit rapports qui se montre hésitante en ville. C’est mieux à cadence d’autoroute où les changements de rapports sont plus effacés, mais avec les nombreux arrêts/départs d’une utilisation urbaine, la boîte de vitesses a déçu, c’est le moins que l’on puisse dire.

Il n’y a pas que des reproches à dire sur le Tiguan, la direction précise étant l’une de ses qualités, tout comme la fermeté de sa suspension qui rappelle pourquoi il y a cet écusson en plein centre de la calandre à l’avant. Bref, sur les voies rapides ou les belles routes de l’arrière-pays, le Tiguan démontre son appartenance à la famille du VW avec une tenue de route un brin plus sportive que la majorité des protagonistes du segment, mais pour le reste, une vague impression mi-figue mi-raisin s’en dégage.

Le verdict

Le Volkswagen Tiguan n’est pas un premier de classe, au milieu des ténors nippons qui connaissent plus de succès que l’utilitaire de Wolfsburg, mais il a sa personnalité bien à lui. Ses dimensions sont intéressantes, tout comme cette banquette d’appoint. Son agrément de conduite n’est pas aussi relevé, mais il se reprend de belle manière en matière d’ergonomie et d’espace intérieur.

Certes, son tarif de 46 590 $ (avant les frais de préparation et les taxes) est excessif, mais c’est ce qui est exigé chez la concurrence pour les autres utilitaires cossus de la catégorie.

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