80 % des systèmes d’automatisation partielle de la conduite testés par l’IIHS sont jugés médiocres

Système BlueCruise de Ford
Système BlueCruise de Ford

L’évolution vers une automatisation partielle ou totale de la conduite a connu des hauts et des bas ces dernières années. Les dernières conclusions de l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS) suggèrent que la route vers une automatisation totalement fiable et sûre est encore en construction. L’IIHS a récemment dévoilé un nouveau programme de notation visant à évaluer l’efficacité des mesures de protection intégrées dans les systèmes d’automatisation partielle de la conduite, et les résultats pourraient être qualifiés de faibles. Les tests initiaux ont été effectués sur différents constructeurs automobiles, dont BMW, Ford, General Motors et Tesla, et il en ressort que des améliorations significatives sont nécessaires.

 

Les évaluations de l’IIHS ont porté sur 14 systèmes de différents constructeurs, révélant un large éventail de performances ou seul le système Teammate de Lexus obtenant la note « acceptable ». Les systèmes de la GMC Sierra et de la Nissan Ariya se sont retrouvés dans la catégorie « marginal », tandis que la majorité, y compris les systèmes de Ford, Genesis, Mercedes-Benz et Tesla, ont été jugés « médiocres ». Ce classement reflète la capacité des systèmes à garantir l’engagement du conducteur et à prévenir les abus, des facteurs cruciaux pour le maintien de la sécurité routière.

 

David Harkey, président de l’IIHS, a fait part de ses préoccupations quant à l’état actuel des systèmes d’automatisation partielle, soulignant leur incapacité à prévenir les abus et à maintenir l’attention du conducteur. Ceci est d’autant plus pertinent que les systèmes ne peuvent pas remplacer complètement les conducteurs humains, ce qui nécessite une surveillance humaine constante pour gérer les scénarios routiers imprévus et les limites du système.

2019 Cadillac CT6 with Super Cruise | Photo: Cadillac

Les critères d’évaluation portaient sur plusieurs domaines clés : la surveillance du conducteur, les rappels d’attention, les procédures d’urgence, l’implication du conducteur et l’intégration de fonctions de sécurité essentielles. Les résultats ont montré un manque général de mécanismes robustes pour garantir l’attention du conducteur et sa volonté de prendre le contrôle. Par exemple, la plupart des systèmes ne parviennent pas à contrôler efficacement si les conducteurs sont attentifs à la route et prêts à intervenir en cas de besoin.

 

Les rappels d’attention, qui sont essentiels pour réengager un conducteur distrait, sont un autre domaine dans lequel de nombreux systèmes n’ont pas été à la hauteur. Le système idéal émettrait des avertissements immédiats et persistants dès qu’il détecte un manque d’attention de la part du conducteur, et passerait à des mesures d’urgence si les alertes n’étaient pas prises en compte. Malheureusement, les stratégies d’avertissement de nombreux systèmes ne sont pas assez urgentes et intenses pour que le conducteur se concentre à nouveau sur la route.

 

Les procédures d’urgence, conçues pour atténuer les risques lorsqu’un conducteur ne réagit pas aux rappels d’attention, ont également été évaluées. Les normes exigent que les systèmes déclenchent un ralentissement dans les 35 secondes suivant la détection d’un désengagement du conducteur, avec des protocoles supplémentaires pour alerter les services d’urgence si nécessaire. Seuls quelques systèmes répondaient à ces critères, ce qui souligne l’existence d’un important potentiel d’amélioration.

 

Le rôle de l’implication du conducteur dans le maintien de la discipline de la voie et l’exécution des changements de voie a été un autre domaine d’évaluation critique. Les résultats suggèrent que l’automatisation ne devrait pas supplanter, mais plutôt soutenir le processus de prise de décision du conducteur, les interventions manuelles étant cruciales dans certains scénarios pour garantir la sécurité.

 

Enfin, l’intégration de dispositifs de sécurité fondamentaux tels que le freinage automatique d’urgence (AEB) et la prévention des sorties de voie a été examinée de près. Les systèmes devaient être inopérants si ces fonctions essentielles étaient désactivées, afin que l’automatisation partielle ne compromette pas les mesures de sécurité établies.

 

Ces évaluations de l’IIHS soulignent le besoin pressant pour les constructeurs d’affiner leurs systèmes, en veillant à ce qu’ils améliorent la sécurité routière plutôt qu’ils ne la compromettent. Il semble que nous soyons encore loin de la conduite entièrement automatisée.

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