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Blogue : L’électro spectacle

Au cours des derniers jours, la comédienne Christine Beaulieu, porte-parole des rendez-vous Branchés d’Équiterre, a entrepris un dangereux périple : parcourir la distance reliant Montréal à Havre Saint-Pierre, 1048 kilomètres, en voiture 100% électrique, une Nissan Leaf 2016. Entrevues, couverture en direct, communiqués de presse, rien n’a été ménagé pour faire connaître l’exploit de la valeureuse défenderesse des droits de la voiture électrique.

christine-beaulieuL’idée de la jeune femme est simple : faire la preuve que la voiture électrique permet de se rendre là où l’on veut sans dépenser une goutte d’essence. Lancée d’abord comme une boutade, l’idée du projet personnel de la jeune femme a ensuite reçu l’aval de l’organisme Équiterre ainsi que de l’Association des véhicules électriques du Québec. Dès le départ cependant, l’idée de Christine Beaulieu est d’utiliser cette randonnée pour créer une pièce de théâtre documentaire baptisée « J’aime Hydro ».

On ne peut qu’admirer la volonté et la détermination de la conductrice, et apprécier l’effort, mais en regard de l’évolution des véhicules électriques, on peut certainement questionner le mérite même de l’événement. Et ce n’est certes pas cet effort, ou la volonté de la jeune femme, que je mets en doute.

J’aurais bien aimé que quelqu’un m’explique, par contre, ce qui vaut à ce voyage, un peu ennuyeux par ailleurs, une aussi grande couverture médiatique partout où elle est passée. Sous le couvert de la sensibilisation et d’une éclatante démonstration, on vient plutôt de donner des munitions aux gens qui ne croient pas aux vertus des voitures électriques. Et qui se plaignent des abondantes contraintes qu’elles nous forcent à adopter.

Avouons-le d’entrée de jeu, personne ne doute plus de la capacité de la voiture électrique, reliée aux bornes de recharge rapides étalées le long de l’autoroute 20, de se rendre d’un point à un autre dans les régions les peuplées de la Vallée du Saint-Laurent.

En fait, la démonstration est aussi pertinente que de marcher à reculons entre Montréal et Miami pour prouver que vos semelles de souliers seront capables de le supporter. Au mieux, vous aurez un certificat du livre des records pour la randonnée la plus étrange; au pire, vous attirerez l’indifférence générale.

Mais quand on ajoute à ce genre de randonnée tout un carnet de route, expliquant à quel point il est difficile de se rendre là où l’on veut, on vise justement à côté de la cible. Quand on force le conducteur à planifier son voyage plusieurs semaines à l’avance, qu’on l’oblige à arrêter chez l’habitant pour se recharger en priant qu’il sera de bonne volonté, on vient exactement prouver ce que tout le monde décrie des voitures électriques : dans leur état actuel, elles sont bonnes en villes, et il ne faut que les efforts de quelques volontaires plus obstinés pour étirer la sauce de cette façon.

Car dans les faits, la randonnée n’a rien prouvé. Entre Montréal et Matane, les bornes de recharge rapides ont permis de parcourir la distance sans trop de difficultés. Bien sûr, il aura fallu de longues heures de recharge et d’attente tout au long de la randonnée, mais rien de tragique.

Là où la difficulté est née, c’est sur la Côte Nord, où les bornes sont quasi inexistantes. En utilisant sa propre borne de recharge portative, et en comptant sur la générosité de certains habitants du secteur, la conductrice a pu se rebrancher à l’occasion. Mais il lui a fallu faire preuve de persuasion, calculer à l’avance toutes ses distances et espérer rencontrer de bons samaritains. Un concept qui n’est évidemment pas exploitable pour Monsieur et Madame Tout le monde.

Bref, on a fait un spectacle, et on a voulu le rendre humain et impressionnant, en maximisant les opportunités de rencontres, et essayant de mousser les liens créés par la conductrice solitaire et trop souvent hors de courant.

Lisez attentivement le périple. Vous constaterez que tout ce qui a été accompli, c’est un voyage deux fois plus long que la normale, que la conductrice a dû négocier son parcours longtemps d’avance et qu’il lui a fallu compter sur la générosité de parfaits inconnus pour se rendre à destination.

En d’autres mots, la route Montréal-Havre Saint-Pierre parcourue de cette façon a permis de prouver ce que tout le monde affirme depuis des années : la voiture électrique actuelle est bonne pour les zones urbaines, mais n’a toujours qu’un intérêt mitigé pour les autres usages pour le moment. Merci aux organisateurs de cette tournée nord-côtière, votre randonnée spectacle a confirmé le point que tous les chroniqueurs du monde affirment depuis longtemps.

Ces mêmes chroniqueurs, dont je fais partie, n’ont rien contre la voiture électrique. Ils ne font qu’affirmer de façon réaliste qu’elle a un rôle à jouer, et ce n’est pas celui que vous lui avez confié.

Vivement les voitures électriques à plusieurs centaines de kilomètres d’autonomie. Alors, et alors seulement, cette petite randonnée aura-t-elle un sens.

 

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